Samedi 17 Mai 2008
4:44
Accueil

Inscrivez ici votre @dresse e-mail
 

http://www.observatoiredeleurope.com/download/15_points_pour_la_renegociation.pdf

L'ObsE en direct sur votre site/blog ? (clic gauche)
index.php?action=syndication



http://www.observatoiredeleurope.com/index.php?action=soumettre&type_soum=soum_annuaire&id_soum=1567


Home  >  TRIBUNE

TRIBUNE

La France face à la question belge


La Belgique connaît depuis plusieurs mois une montée en puissance très rapide de revendications poussant au démembrement du pays. Bien entendu, il n'est pas possible de donner une date à cet événement. En revanche, au vu des éléments qui secouent politiquement et économiquement la Belgique, on peut affirmer que le phénomène se produira assez rapidement.



par Pierre Hillard*

La France face à la question belge

Publication originale du 14/11/06

Les divergences qui opposent les communautés flamande et wallonne sont nombreuses. Sans les citer toutes, on peut relever trois phénomènes récents majeurs :

1) Le groupe de Warande réunissant des économistes, industriels et universitaires flamands fin 2005 soulignant le fardeau financier que représente la Wallonie sur l'économie flamande. Ces représentants demandent l'indépendance de la Flandre. (suite ci-apres)

2) Fin janvier 2006, au Parlement régional flamand, lancement par les partis traditionnels d'une constitution flamande reconnaissant la « nation flamande ».

3) 1er juin 2006, lancement d'une résolution par le Vlams Belang au Parlement belge demandant le démembrement de la Belgique et la souveraineté politique flamande et wallonne. Cette résolution a été adoptée par tous les partis flamands (moins une abstention) qui se sont donc rangés sur la même ligne que le Vlams Belang. Ceci révèle la communion de pensée de tous ces partis flamands peu importe l'étiquette politique. En revanche, tous les partis francophones ont voté contre. Nous avons une parfaite fracture entre les deux communautés.

En raison du démantèlement prévisible de la Belgique, une question se pose : Quel avenir politique pour la Wallonie et Bruxelles (territoire majoritairement francophone en territoire flamand) ? Il est possible – sans être une certitude – que de nombreux Wallons souhaitent un rattachement à la France. La réponse à donner doit être politique. C'est-à-dire résultant d'un calcul reposant sur la connaissance des points clefs du contexte politique européen et américain dans lequel la France baigne (en particulier en raison de la création d'un marché transatlantique sans frontières).

D'abord, il faut rappeler cette vérité de la Palice. La France est membre de l'Union européenne. Cela signifie que les ordres viennent des instances bruxelloises. En France, le Parlement dit « national » est une caisse enregistreuse. La France comme tous les pays de l'UE doit se plier aux normes européistes et, plus exactement, aux normes de l'organisation politique européenne qui sont : la régionalisation, la coopération transfrontalière destructrice des frontières nationales, la reconnaissance du principe ethniciste, l'aménagement du territoire ou encore le code civil européen (pour ne citer que quelques éléments). Le lecteur intéressé peut lire « Minorités et régionalismes » et « La décomposition des nations européennes » aux Editions François-Xavier de Guibert pour connaître le cadre général et les dessous de l'affaire.

Tout d'abord, il faut rappeler les points clefs de la construction européenne.

1) Les régions (ethniques ou pas) sont appelées à devenir indépendantes politiquement et économiquement en particulier avec l'octroi de la gestion des Fonds structurels en liaison directe avec Bruxelles sans passer par la voie nationale. En avril 2006, les représentants de l'Association des régions françaises (l'ARF), en particulier Ségolène Royal, se sont rendus à Bruxelles pour obtenir cette facilité. Le président de la Commission, José Barroso, est pour la satisfaction de cette demande. Il n'a pas encore le pouvoir de l'imposer. Pour le moment, le gouvernement français a refusé de souscrire à cette exigence venant des présidents des régions … mais pour combien de temps ? En fait, tôt ou tard, les présidents de régions obtiendront ce privilège majeur correspondant au principe de la féodalité.

2) L'Union européenne (l'UE) acquiert une autorité politique croissante. Entre les régions et l'Union européenne, l'Etat-nation est pris dans un étau et vidé de ses prérogatives régaliennes.

3) Avec la coopération transfrontalière, les frontières nationales deviennent administratives et amovibles.

4) Les textes de l'UE officialisent la reconnaissance ethniciste.

5) La désarticulation complète des Etats autorise le regroupement de régions pour des raisons économiques et/ou ethnicistes – dans le cadre des eurorégions - en particulier avec celles se trouvant de part et d'autre des frontières nationales devenues défuntes.

Quand la Belgique éclatera et si la Wallonie demande son rattachement à la France, il faudra refuser en raison des divers faits cités ci-dessus mais aussi en raison d'autres facteurs.

1) D'abord, c'est nous, Français, qui devons avoir le dernier mot. On ne rentre pas en France sans notre accord. Nos intérêts priment sur tout le reste.

2) La Wallonie est une petite « république démocratique allemande » de langue française. En termes clairs, la Wallonie traverse une grave crise économique et son rattachement à la France serait un véritable handicap. Notre pays croulant sous le poids de la dette, du chômage et des problèmes en tout genre n'a vraiment pas besoin d'une surcharge supplémentaire.

3) Quand bien même, l'économie wallonne serait florissante, l'intégration à la France serait prématurée car elle entraînerait un effet domino partout en Europe. En effet, en raison des 5 point évoqués (construction européenne) et qui concernent tous les Etats européens, nous assisterions à une multiplication des revendications territoriales, économiques et ethnicistes. Il faut être logique, si la Wallonie est rattachée à la France, comment cette dernière pourrait refuser le rattachement de la Flandre française (la région de Dunkerque) à la Flandre « belge » ou les exigences des Basques espagnols envers les Basques français. Ce phénomène se répétera partout en Europe comme avec les Hongrois de Roumanie vers Budapest etc… Finalement, la France aura donné le mauvais exemple en ouvrant la boîte de Pandore. Compte tenu que tous les documents européens autorisent la satisfaction de ses demandes en raison des textes susmentionnés, nous assisterions à un véritable chambardement en Europe. On ouvrirait la voie à des guerres comme cela a été le cas avec la Yougoslavie dans les années 1990. Pour l'acquisition d'un petit territoire d'environ 15 000 km², nous paierions dans le sang partout en Europe cette annexion de la Wallonie à la France.

4) En fait, parler d'un rattachement de la Wallonie à la France n'a pour l'instant pas de sens car l'indépendance programmée politique et économique des régions fait qu'il n'y a plus de France politiquement souveraine. En fait, la Wallonie serait rattachée à une eurorégion, c'est-à-dire à un groupe de régions ex-françaises et ex-allemandes traitant directement avec Bruxelles. En effet, des mesures ont été lancées afin de créer une eurorégion regroupant la Wallonie, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre et la Lorraine.

Conclusion

 « La vraie force est de savoir se limiter » comme le disait Charles-Maurice de Talleyrand. Dans le contexte actuel de la destruction des Etats-nations par l'UE, il ne faut pas se faire avoir en entrant dans le jeu de nos ennemis qui cherchent à démanteler les Etats par tous les moyens. Qu'on ne se méprenne pas des propos que je vais tenir. La défense de la langue française ou des intérêts stratégiques de la France sont « secondaires ». Non pas dans le sens quantité négligeable, en fait ce sont des sujets importants, mais dans le sens qu'on ne peut vraiment les défendre qu'à la condition d'obtenir d'abord et avant tout le retour de la souveraineté politique de la France.

Donc, pas de romantisme, pas d'exaltation à l'égard de la Wallonie. Ce qui compte, c'est ce qui est utile à la France à court et à long terme. Bien évidemment, quand le système européiste que l'on cherche à nous imposer aura été mis à terre, la France et la Wallonie pourraient légitimement unir leurs destins. En attendant, la raison impose d'établir des liens privilégiés avec le futur Etat wallon pour l'aider à surmonter les conséquences de sa scission avec la Flandre.

Divorçons de l'Union européenne. Politique d'abord ! et le reste suivra.

Pierre Hillard
Historien
Docteur en Sciences politiques 



Jeudi 06 Septembre 2007
Lu 4633 fois

AccueilAccueil    Envoyer à un amiEnvoyer à un ami    ImprimerImprimer    Taille +Taille +    Taille -Taille -

ACTUALITE | TRIBUNE | DOCUMENT | REFERENDUM | CAMPAGNE DU NON

Dans la même rubrique :
La douleur du membre fantôme

Après Lisbonne, quelle défense pour quelle politique étrangère ?

EADS et Airbus au service du bloc atlantique ?

Une spéculation d’avenir : l’élevage du baudet du Poitou

Le Traité Européen détruit la démocratie et instaure le féodalisme

Indépendance du Kosovo : la boîte de Pandore des séparatismes ethniques ?

Traité européen : que s'est-il passé ?

Les élites françaises : cyniques ou stupides ?

Le mépris des principes est la cause des malheurs publics

Le songe européen d'Attali

Le Parlement peut-il désavouer le peuple ?

La France sans pouvoirs publics ?

«L’Europe de Sarkozy est antidémocratique»

Jean-Louis Bouche d'Or

Jean-Louis Bouche d'Or - 17/12/2007


Un 'double coup d'Etat'

Gagner plus ? Trois obstacles.

L'ethnicisme contre la nation

Le peuple victime d'un vice du consentement ?

L’éternel retour du ouisme

Non à une Constitution « bis » !, par Jean-Pierre Chevènement

'Seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils'

L'eurocrate, le souverainiste et le plombier polonais

Haute trahison

Haute trahison - 17/10/2007


Les Parlements nationaux, grands perdants du futur traité européen

Fédéralisation de l'Europe : après le camouflet, le camouflage

'Une forfaiture qui dénie le suffrage universel'

Turquie : le reniement

Turquie : le reniement - 30/08/2007


Un 'coup d'Etat constitutionnel'

Un mauvais coup contre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

A la veille du sommet de Bruxelles, l'Europe que les peuples demandent

Incorrigible Parlement européen !

Derrière la Constitution européenne, d’autres menaces se précisent

La nouvelle présidence sous oriflamme européiste

Pays-Bas : la tentation gaulliste

L'Union européenne : ils la changent ou on la quitte

Le protectionnisme européen au coeur du Non

Airbus/Eads : comment on en est arrivé là

La laïcité menacée par les textes de l’Union européenne

Bilan d’un euro cher

Bilan d’un euro cher - 08/03/2007


Bon courage, l’Europe !

Pourquoi nous lançons un défi public à l'intégrisme libre-échangiste

L’architecture du bloc euro-atlantique

Paneurope et souveraineté nationale, deux concepts antinomiques

Le vote du 29 mai sera pulvérisé d'ici à 2009

L'Europe par la preuve

L'Europe par la preuve - 18/12/2006


La leçon oubliée de Friedman

L’édification de l’Europe par l’intoxication des lycéens

Immigration : le coût de l'irresponsabilité

L'avenir de la souveraineté populaire

Moyen-Orient : comment l'Europe nous réduit à l'impuissance

Chronique d'un coup d'Etat annoncé

'On nous présente toujours l'Europe comme la solution aux problèmes qu'elle pose'

Le patriotisme économique est-il en train de bouleverser la mondialisation ?

Le Pentagone redessine le monde

Nos industries s'affranchissent de la nouvelle ligne Maginot européenne

Pour une grande réforme de l'Euro, par Jacques Sapir

L'ère démocratique est-elle finie ?

Proche-Orient : la position de la France est 'en train de s’imposer'

La France doit dénoncer la PESC et refuser de payer le chèque britannique

Montréal pris au piège du multiculturalisme

La souveraineté de la nation est-elle dépassée ?

Quelles garanties dans la Constitution française contre l'Europe supranationale ?

Bruxelles, ce Kremlin du XXIe siècle, par Paul-Marie Coûteaux

A quand l'ouverture vers une Europe démocratique ? par Georges Berthu

Un an après

Un an après - 29/05/2006


Faut-il importer le multiculturalisme en France ?

De l'Europe des nationalités à l'Europe des tribus

Accès de corporatisme supranational

Redire un « non » qui n’a pas été entendu

La France selon Nicolas Sarkozy

Sens et perspectives du Non

La 'préférence européenne' relancée par le Prix nobel d'économie Maurice Allais

Europe : en finir avec le défaitisme, par Hubert Védrine

Rien appris, rien compris...

'Par delà la grande diversité des expressions politiques, il y a une pépite qui nous appartient à tous'

Le débat sur l'avenir de l'Euro n'est plus tabou

Pour un Non d’espérance : l'Appel des parlementaires UMP du non

Ne devenons pas 'aquabonistes'

Appel des juristes pour le Non

Le mythe de l’Europe puissance

Quinze propositions pour une Europe des démocraties : adresse au Président de la République

'Ce qu'ils redoutent, c'est le réveil des peuples', Marie-France Garaud

L'Europe divine, par Jean Baudrillard

'Renonçons à la Constitution européenne et lançons un véritable débat sur l'avenir de l'Europe'

Pour construire une autre Europe

La preuve

La preuve - 17/05/2005


Qui sont et où sont les bons européens ?, par Paul Thibaud, Philosophe

Aveuglement, par Maurice Allais, Prix nobel d'économie

La fin de la diplomatie française

Pourquoi on en prend pour cinquante ans

Renégociation : ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas, c'est qu'ils ne veulent pas

Les projets politiques sous-jacents, par Georges Berthu

L'heure est au choix radical, par Elizabeth Montfort

10 affirmations du 'oui' passées au crible

Comment le Non peut tout changer

Que restera-t-il des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ?

Cinq fois Non ! par Anne-Marie LE POURHIET, professeur de droit public

La géopolitique secrète de la 'constitution' européenne

Cinq fois non !, par Anne-Marie Le Pourhiet

Ce que nous aurions demandé à Jacques Chirac

'Vers une Europe sociale' ? Réponses aux mensonges du 'oui' - Fiche n°3

Pour une Europe lumière du monde, par Nicolas Dupont-Aignan

Les 'vérités' successives de Michel Barnier, par Philippe de Villiers

'Un débat sans rapport avec la Turquie' ? Réponses aux contre-vérités du 'oui' - Fiche n°2

Si la France reprenait la main...

Cette mauvaise constitution révèle un secret cancer de notre démocratie

'Une Europe plus démocratique' ? Réponses aux contre-vérités du 'oui' - Fiche n°1

Du bon usage du Non, par Jean-Pierre Chevènement

Turquie : c'est le 29 mai ou jamais.

Les enfants d'Europe méritent-ils ça ?

'Le Président ne sera plus que le fantôme d'une République évanouie'

Un super-Etat contre la Démocratie ?

Qui veut de la post-démocratie ?, par Anne-Marie Le Pourhiet

'Le pays qui dira Non imposera sa voix en Europe'

Pourquoi il faut voter Non le 29 mai

Comment la Constitution européenne prépare l'adhésion de la Turquie

Pourquoi voter 'Non' à l'entrée de la Turquie

'Nous lançons aujourd’hui la chaîne du Non pour une France qui veut vivre !', Nicolas Dupont-Aignan remonte sur son cheval...

Jacques Myard prend date : 'Le prochain Président sera souverainiste ou ne sera pas ! '

Bolkestein : la preuve

Bolkestein : la preuve - 04/03/2005


L'Union des illusionnistes, par Max Gallo

Le très populaire Président de la République Tchèque s'engage pour le 'Non'

La Constitution européenne et le libre-échangisme

La Constitution européenne consacre les bases juridiques de la Directive Bolkestein


L'Union européenne contrôlée par la Turquie et l'Allemagne ?

Les parlements nationaux sont-ils en train de se saborder ?

'Bruxelles veut-il créer de l'irréversible ?' par Philippe de Villiers

Révision : députés et sénateurs ont commencé à transformer la Constitution française en Règlement intérieur

Le 'consentement de la France' et l'incessante dérive de la jurisprudence communautaire

Ne m'appelez plus jamais 'Europe' !

Débat Lang-Villiers : du oui-oui au non-non

Turquie et constitution européenne sont une seule et même question

7 raisons de voter Non

7 raisons de voter Non - 18/01/2005


Plaidoyer de Nicolas Dupont-Aignan contre l'entrée de la Turquie et la constitution européenne


Les pièces de l'engrenage institutionnel en marche

Dire non à l'impuissance et la vassalisation des nations européennes