C'est dans l'expertise que ces lobbyistes exercent le plus efficacement leur influence à travers la consultation et la "comitologie", c'est à dire les quelques 450 comités préparant le travail législatif et exécutif de la Commission européenne, laquelle rappelons-le a le monopole de l'initiative, dans presque tous les domaines (agriculture, douane et fiscalité, santé, recherche, environnement, transports, industrie, commerce, relations extérieures...).
Ces comités émettent chaque année environ 4700 décisions, avis et propositions sur les initiatives de la Commission. Il est apparu que plusieurs dizaines de ces "experts" siégeant officiellement dans les fameux comités à l'origine de la législation communautaire, étaient par ailleurs rétribués par des entreprises privées...
La liste de ces experts-lobbyistes devrait être publiée prochainement. De même, avec les scandales de corruption liés au lobbying actuellement jugés aux Etats-Unis ou l'affaire Eurostat qui a discrédité l'Union européenne, le commissaire chargé des affaires administratives, d'audit et de la lutte antifraude, Slim Kallas, prépare depuis 2005 une "initiative pour la transparence".
Il s'agit que les lobbyistes professionnels révèlent les intérêts qu'ils représentent, leurs sources de financement, s'inscrivent sur des registres publics et respectent un code de "bonnes pratiques". Une initiative similaire a été prise en France dans le cadre d'un rapport parlementaire des députés UMP Patrick Beaudouin et Arlette Grosskost.
Christophe Beaudouin
Directeur de L'ObsE