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Qui sommes-nous?
Loïc Damilaville
Editeur de DNS News depuis 1998, Loïc Damilaville travaille depuis 1997 sur les problématiques liées aux noms de domaine.
Il a fondé en 2005 le Club Noms de domaine, destiné à réunir les personnes en charge des noms de domaine au sein des grandes enteprises. Il est auteur du Livre blanc sur la gestion des noms de domaine parrainé par l'ACSEL, l'AFNIC, l'APCE, l'APRAM, la CCIP, le CEFAC, le CIGREF, le Club de l'économie numérique, l'INPI, l'ISOC France, le MEDEF, le Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi, et l'Union des Fabricants. Loïc Damilaville est adjoint au directeur général de l'AFNIC. Il mène aussi des missions de conseil auprès des grands comptes pour les assister dans l'élaboration, la mise en place et le suivi de leurs stratégies de nommage et de présence sur internet. Contact: loic[at]dns-news.fr ou 01 49 73 79 06 |
Edito Novembre 2011 - J-1.5
Chétive actualité que celle de ce mois de novembre: toutes les forces semblent focalisées sur les nouvelles extensions. Mais même si aucun sujet n’est vraiment matière à « scoop », le roman – feuilleton se poursuit mois après mois, comme animé en sous-main par une équipe de scénaristes cherchant à préserver le suspens...
CADNA, ADA, CRIDO… Si les « études » et les manifestations d’enthousiasme commanditées par des prestataires de services continuent de fleurir, l’inattendu vient plutôt de l’opposition au processus de création de nouvelles extensions. La logique déroute : après s’être tus pendant qu’on les incitait à s’exprimer, les adversaires du lancement des nTLDs ne se sont jamais autant agités que depuis la décision effective de l’ICANN en juin 2011. Avec diverses facettes, portées par autant d’acronymes évolutifs et dont on se demande in fine si ce ne sont pas autant de caisses de résonances. En quête de crédibilité, ces structures ont fait appel aux sentiments et réuni de nombreuses et prestigieuses signatures destinées à montrer qu’il existe une forte opposition au processus chez les ayants – droits (1, 2). Ce qui n’est pas vraiment une révélation, les détenteurs de marques et leurs représentants ayant à maintes reprises montré leur peu d’appétit pour ces nouvelles extensions qu’ils ne peuvent s’empêcher de voir surtout à travers les coûts qu’elles vont leur occasionner. Il faut bien reconnaître qu’à la veille du lancement de ce « produit », on augurerait mieux du succès de celui-ci s’il y avait des pétitions de prospects exigeant d’accélérer le mouvement, plutôt que des litanies de grandes marques appelant à tout reposer à plat sous peine de poursuites judiciaires (3). Le « consensus » sur lequel est théoriquement fondée la décision de l’ICANN est fort malmené (4), bien qu’étant de fait conforme aux statuts de celle-ci. Ce n’est en effet que partiellement la faute de l’ICANN si les membres les plus zélés de ses constituencies sont des prestataires plutôt que des clients finaux. Il suffit de considérer le rapport entre conseils divers et véritables ayants droits dans la IP Constituency pour comprendre qu’il n’y a pas vraiment pu y avoir de problème de consensus, l’objectif – soyons cyniques – n’ayant peut-être pas tant été de protéger les intérêts des détenteurs de marques que de mettre en place des mécanismes permettant à leurs futurs conseils de gérer au mieux les nombreux litiges qui naîtront en même temps que lesdites nouvelles extensions. Certains ayants – droits peuvent hurler à la conspiration, mais les faits sont là : les réunions et les travaux de l’ICANN sont ouverts à qui veut s’y investir, et les clients finaux n’étaient guère présents lors des phases d’élaboration de ce processus. C’est l’un des arguments, malgré tout assez léger, des partisans du processus lorsqu’ils veulent « décrédibiliser » l’ANA et ses petits frères : s’ils ont participé, ils auraient du mieux se faire entendre (5). S’ils n’ont pas participé, ils ne doivent à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Et tandis que les manifestations d’hostilité s’amoncellent (6, 7), les opposants cherchent toujours un moyen de gripper cette machine qui s’avance imperturbablement, au rythme de l’horloge, vers le 12 janvier 2012. Les positions deviennent néanmoins de plus en plus en plus confuses à mesure que l’échéance approche. Ainsi de Vint Cerf, président de l’ICANN pendant la genèse du processus, qui plante un couteau dans le dos de son ancienne société en s’avouant « inquiet » au sujet des effets des nouvelles extensions (8). Ou encore des dirigeants de la CADNA qui, tout en vitupérant contre le processus, ont récemment lancé une offre de conseil destinée aux grands groupes voulant malgré tout se lancer dans l’aventure. Ce qui pourrait expliquer les développements originaux des positions de la CADNA, laquelle ne s’oppose plus au processus mais somme l’ICANN de s’engager sur la tenue d’un second round dès 2012 (9). Comediante, tragediante, l’ICANN donne l’impression d’être une scène où s’affrontent des acteurs guettant les réactions du public pour faire évoluer leur texte. On notera aussi que toutes ces organisations, qu’il s’agisse de l’ICANN comme des autres acronymes, sont américaines et que l’avis du monde non anglo-saxon se résume de fait aux positions du GAC. Ce qui rend celles-ci d’autant plus importantes, même biaisées par les intérêts propres aux gouvernements. L’IANA protégée par un épais rempart de bureaucratie Le DoC a fini par publier son appel d’offres pour la fonction IANA (10), avec des réactions mitigées. L’Union européenne se félicite ainsi de cette « nette avancée pour la gouvernance globale de l’Internet », expression hardie contredite par le regret de voir cet appel d’offre réservé aux structures américaines (11). Depuis le SMSI de 2003-2005, les observateurs des entrechats diplomatiques des gouvernements sur le sujet de la gouvernance auront noté qu’il n’existe que des avancées en la matière – le tout est de savoir dans quelle direction, et il est généralement considéré de bon ton de ne pas s’en soucier. On parle aussi dans ces communiqués d’une gouvernance toujours plus « transparente, indépendante et responsable », sans que les rédacteurs s’émeuvent de pouvoir recycler les textes de 2001 à l’identique en 2011. Mais peut-être est-ce simplement qu’ils ne les ont jamais lus : on ne dira jamais assez combien le turn-over des équipes permet de remettre cent fois les mêmes questions sur la table, en ayant toujours l’impression de progrès saisissants puisqu’on repart à chaque fois de zéro (ou presque). Pour ce qui est de l’appel d’offres lui-même, personne ne pense sérieusement à voir le DoC choisir une autre structure que l’ICANN, ce qui limite d’autant les appétits d’éventuels concurrents. Ceux-ci étant engagés dans les dossiers de candidature aux nouvelles extensions, il y a fort à parier que le renouvellement de ce contrat se fera sur du velours. Ceux qui ambitionneraient malgré tout de répondre pourront lire avec profit l’analyse présentée par Kristin Weinberger (12) de ce qu’il faut endurer pour espérer décrocher, avec de faibles chances de succès, le « Graal » qu’est la gestion de la fonction IANA. (1) Massive group forms to kill off new gTLDs http://domainincite.com/massive-group-forms-to-kill-off-new-gtlds/ (2) Advertisers, Business, Opposing New gTLDs Get Desperate And Form Coalition To Oppose http://www.domainpulse.com/2011/11/11/advertisers-business-opposing-new-gtlds/ (3) CRIDO Says Battle Against New TLDs Won’t End January 12 http://domainnamewire.com/2011/11/16/crido-says-battle-against-new-tlds-wont-end-january-12/ (4) ANA to ICANN: Your industry consensus claim is a lie http://domainnamewire.com/2011/11/30/ana-to-icann-your-industry-consensus-claim-is-a-lie/ (5) Why CRIDO Has No Cred http://domainnamewire.com/2011/11/14/why-crido-has-no-cred/ (6) Marriott: we probably won’t use .hotel http://domainincite.com/marriott-we-probably-wont-use-hotel/ (7) Screen Actors Guild opposes new gTLDs http://domainincite.com/screen-actors-guild-opposes-new-gtlds/ (8) Vint Cerf “Nervous” About New gTLDs http://www.domainpulse.com/2011/11/04/vint-cerf-nervous-about-new-gtlds/ (9) CADNA calls for second new gTLDs round in 2012 http://domainincite.com/cadna-calls-for-second-new-gtlds-round-in-2012/ (10) US Government Issues New IANA Contract For Tender, But Only To US Companies http://www.domainpulse.com/2011/11/15/us-government-issues-new-iana-contract-for-tender-but-only-to-us-companies/ (11) Europe dislikes US-only IANA rule http://domainincite.com/europe-dislikes-us-only-iana-rule/ (12) So you want to run IANA? An applicant's guide http://news.dot-nxt.com/2011/11/17/iana-applicant-guide Dimanche 4 Décembre 2011
Loic Damilaville
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