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 <title>DNS News</title>
 <subtitle><![CDATA[DNS News est une lettre mensuelle et gratuite consacrée à l'actualité de la gouvernance de l'Internet et des noms de domaine dans le monde.
DNS News is a monthly free newsletter dedicated to Internet governance and domain names news all over the world.]]></subtitle>
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 <updated>2012-02-10T10:54:48+01:00</updated>
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  <entry>
   <title>Edito Janvier 2012 : Après le Printemps arabe, l’Automne de l’Internet?</title>
   <updated>2012-01-30T19:25:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/DNSNEWS/Edito-Janvier-2012-Apres-le-Printemps-arabe-l-Automne-de-l-Internet_a255.html</id>
   <category term="Analyses générales" />
   <published>2012-01-30T19:25:00+01:00</published>
   <author><name>Loic Damilaville</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      L’ICANN sous pressions       <br />
              <br />
       La première échéance du processus de création des nouvelles extensions a été franchie avec succès le 12 janvier (1). Dès le 19, l’ICANN était en mesure d’annoncer (2) que 25 candidats s’étaient déjà enregistrés dans son système, ceci ne préjugeant pas du nombre de projets puisque chaque candidat peut porter jusqu’à 50 TLDs. Cette volonté d’aller de l’avant a été réaffirmée aussi bien par l’ICANN (3, 4) que par la NTIA (5) avec des arguments divers. L’ICANN elle-même met plutôt en exergue le fait que retarder ou stopper le processus alors qu’il est déjà lancé n’aboutira qu’à le bloquer, peut-être indéfiniment. Le gouvernement américain voit les choses sous l’angle de la sécurité nationale, expliquant qu’arrêter le programme « pourrait conduire des pays étrangers à essayer de prendre le contrôle de l’ICANN » - ce qui est un aveu en creux du contrôle persistant que les USA exercent sur l’organisme, Affirmation of Commitment ou pas. Les deux philosophies se rejoignent : au fond, maintenant que le vin est tiré, il faut le boire.       <br />
       On ne s’étonne pas que ces considérations n’émeuvent guère les ayants droits comme les « pays étrangers ». Et l’ICANN fait toujours l’objet d’un feu roulant de questions de la part du Congrès (6) comme de l’Union européenne (7) et de bien d’autres (8-12), sur les « détails » qui pêchent dans son programme. Les questions des Sénateurs sont pertinentes et directes, les réponses de l’ICANN plus nuancées tout en apportant des détails intéressants à ceux qui n’ont pas le loisir d’ingurgiter la littérature abondante produite par l’ICANN. Détail des frais « justifiant » les fameux 185 000 $, limitation de la Trademark ClearingHouse à 60 jours après le lancement d’un TLD « pour ne pas concurrencer les services de veille déjà en place », réticences manifestes à répondre précisément à la Commission européenne sur la question épineuse de la « séparation verticale » entre registres et registrars… On admire la force d’âme de l’ICANN, tout en se demandant s’il est vraiment dans son intérêt de privilégier à ce point les promoteurs du programme en ignorant les critiques et suppliques qui lui sont adressées. De fait, bien que le GAC ait vu ses pouvoirs encore renforcés par la version de l’Applicant Guidebook publiée le 12 janvier (13), nombre d’acteurs de la gouvernance voient leurs yeux se dessiller sur la véritable nature des intérêts qui gouvernent l’ICANN.        <br />
       Si la communication autour des projets reste clairsemée, les entrepreneurs du DNS se font peu à peu connaître. Ce sont souvent des « anciens » qui ont mûri leurs plans depuis des années (14). Pour eux, le programme de l’ICANN est le fruit d’une longue attente et la réalisation de vieux rêves. D’autres s’inscrivent apparemment plus dans une logique spéculative en courant plusieurs lièvres à la fois, histoire de répartir les risques tout en augmentant les chances de succès (15). D’autres encore se font tirer l’oreille… (16) Des fortunes vont s’édifier en quelques mois et, pour certaines, s’effondrer en quelques années. La pérennité des futurs TLDs est moins assurée que celle de ceux qui ont été créés jusqu’à présent dans un contexte de concurrence relativement faible.        <br />
       Une question de fond : si personne n’a eu besoin du .TRAVEL ou du .TEL alors que le choix était restreint, comment les centaines de projets vont-ils pouvoir conquérir ce marché évanescent sans moyens considérables ou stratégies particulièrement brillantes ? Consciente de cet aspect des choses, l’ICANN a apporté une solution sans doute destinée à protéger les utilisateurs qui auront déposé des noms de domaine dans les TLDs en faillite. En exigeant des candidats qu’ils financent le fonctionnement de leurs registres pendant plusieurs années après leur mise en faillite, elle offre aux titulaires le répit nécessaire pour migrer vers un nouveau TLD. Mais cela ne se fera pas sans heurts ni grincements de dents. Aux réflexions sur la nécessité de se protéger ici et là devra s’ajouter une évaluation des chances de pérennité de chaque extension sur laquelle l’entreprise voudra capitaliser en termes de communication, sous peine de s’exposer à des coûts de migration et à la perte de tout ou partie de ses investissements en « brand-building ».       <br />
       Impavide, l’ICANN poursuit malgré tout son chemin et précise (18) le calendrier des événements 2012 :       <br />
       -	29 mars : fin des inscriptions       <br />
       -	12 avril : fin des remises des dossiers de candidatures       <br />
       -	1er mai : « Reveal Day », avec la publication de la liste des projets reçus. Cette date marque le début de la « phase d’Objection » qui pourrait durer « approximativement 7 mois »       <br />
       -	12 juin : début de la phase « d’évaluation initiale »       <br />
       -	12 novembre : résultats de « l’évaluation initiale »       <br />
       -	29 novembre : dernier jour pour demander une « Evaluation approfondie »       <br />
       -	30 novembre : phases ultérieures concernant les dossiers « complexes »       <br />
       Avec une prudence compréhensible, l’ICANN insiste sur le fait que ce calendrier sera sujet à révision en fonction du nombre de dossiers reçus.       <br />
              <br />
       From « Flower Power » to « Vietnam »       <br />
              <br />
       Il y a quelque chose de surprenant dans l’argument développé par Lawrence Strickling (DoC) lorsqu’il indique que du lancement du programme de nouveaux TLDs dépendrait « l’indépendance » de l’ICANN. Le raccourci est difficile à saisir, car reposant sur un contexte plus global au sujet duquel d’autres articles nous fournissent quelques clefs.       <br />
       C’est peu de chose de dire que les gouvernements sont majoritairement hostiles, inquiets ou préoccupés par ces futures extensions. Soit qu’ils aient été échaudés par de précédentes affaires concernant leurs noms géographiques, soit que leurs communautés d’ayants droits respectives leur aient transmis leurs propres angoisses, les Etats voudraient bien bloquer ce processus qu’ils estiment ne pas contrôler suffisamment.       <br />
       Les choses en sont arrivées à un point où certains gouvernements membres de l’UIT (Union Internationale des Telecom) ont réussi à faire inscrire le sujet de la gouvernance de l’internet à l’agenda d’une réunion de l’organisation prévue en décembre 2012 à Dubaï. Au programme, rien moins qu’une proposition de création d’un organisme de régulation « supra-national » intégré au sein de l’UIT et qui aurait en charge la supervision « des ressources critiques de l’Internet, y compris la fonction IANA ». Une initiative reçue plutôt fraîchement par les Etats-Unis qui, comme on s’en doute, n’envisagent pas une seconde de se dessaisir des Joyaux de la Couronne.        <br />
       Srickling développe sa pensée (19) en expliquant – de manière assez alambiquée – que toute tentative faite contre les nouveaux TLDs en essayant de court-circuiter  l’ICANN et de s’adresser directement à Washington apporte de l’eau au moulin des gouvernements cherchant à prendre le contrôle de l’Internet. En somme, plus on contraint le gouvernement américain à utiliser son pouvoir sur l’ICANN, plus on rend celui-ci perceptible, ce qui inquiète les autres pays et les incite à vouloir modifier un dispositif par trop soumis aux Etats-Unis. C’est une variante intéressante du concept du gouvernement « derrière le Paravent » en vigueur en Chine autrefois, lorsque certaines impératrices se cachaient derrière une cloison de papier d’où elles dictaient aux Fils du Ciel les réponses à faire aux ministres et ambassadeurs étrangers.        <br />
       Vu sous cet angle, le raisonnement du DoC se tient très bien : le pouvoir américain doit rester caché pour pouvoir s’exercer, même si c’est un secret de Polichinelle que Washington contrôle tout. Déchirer le Paravent, c’est menacer tout l’édifice des apparences sur lesquelles repose l’exercice de ce pouvoir. Et la situation n’est pas rose : soumise à de multiples pressions, l’ICANN ne pourrait pas y résister sans le soutien du DoC, qui est contraint de toussoter derrière son Paravent tout en affectant de froncer les sourcils pour donner le change et calmer les esprits.       <br />
       Une faille de crédibilité est néanmoins en train d’apparaître dans la position américaine. Les valeurs « positives » qui devraient guider les évolutions de l’Internet (le partage, l’innovation, l’esprit d’entreprise…) s’opposent de plus en plus à la réalité d’une géopolitique qui a d’ores et déjà transformé ce même Internet en arène d’un combat où les Etats-Unis ne sont pas les moins offensifs (20). Le nombre (21) et la qualité (22) des cyber - attaques ont progressé en 2011 et les services de sécurité – c’est leur rôle – alertent sur l’existence de « risques existentiels » (23). Dès lors, comme le résume avec limpidité Wolfgang Kleinwächter (24), « either we continue with a free and open Internet that has historically enabled innovation, economic growth, social development and free communication. Or we take a U-turn towards a regulated, restricted, censored and fragmented Internet where national policies of governments and commercial interests of corporations reduce or strangulate individual rights and freedoms ».        <br />
              <br />
       Les Etats face à l’Internet       <br />
              <br />
       Car les Etats-Unis, s’ils ne veulent pas entendre parler de partager les clefs de l’Internet tout en prenant une part active dans la « cyber guerre », se retrouvent dans le même camp que les autres Etats dès lors qu’il s’agit d’y asseoir leur autorité. L’éventail des adversaires varie fortement selon les cas, allant des « cyber criminels » aux simples citoyens. Dans tous les cas de figure, les gouvernements se sentent en déficit de contrôle et cherchent à réparer cette situation en utilisant tous les moyens à leur disposition. D’où la floraison d’initiatives en ce sens dans les organismes internationaux comme au niveau des législateurs locaux. Face à un Internet protéiforme, échappant souvent à leur compréhension, les Etats cherchent à se doter d’un arsenal législatif et technique – et parfois technico-législatif – destiné à légitimer ce que certains appréhendent comme la mort de l’Internet.       <br />
       Un des phénomènes les plus étonnants de ces dernières semaines est que « l’animal » menacé se défend avec la dernière énergie, et avec succès. Les lois SOPA-PIPA ont été remisées au placard après que les internautes et les gros acteurs économiques (GoDaddy, Google…) aient pu se faire entendre (25, 26, 27). Des milliers de sites essentiels dans la philosophie d’un Internet ouvert se sont mis en berne pour protester contre ces tentatives d’ingérences gouvernementales. Et cela a fonctionné.       <br />
       Quelques jours plus tard, l’affaire MegaUpload.com (28) a suscité de violentes réactions (et maintes attaques) contre des sites gouvernementaux. Bien sûr, ces « hacktivistes » sont une poignée à l’échelle mondiale, et leurs motivations ne sont pas toujours très claires… Mais ces événements sont une preuve supplémentaire que la « population d’Internet » est une force en train de prendre conscience d’elle-même, un processus sans doute accéléré par les efforts déployés par les Etats pour juguler son espace de liberté.       <br />
       Dans cette lutte de puissants Goliaths contre d’agiles Davids, les gouvernements semblent marcher main dans la main avec les ayants droits – lorsqu’ils ne sont pas poussés par eux. Personne n’a dit son dernier mot (29, 30, 31), mais il ne serait pas inutile de chercher de nouvelles approches du problème. Ce qui frappe dans l’affaire MegaUpload, c’est que e monde entier semble avoir au moins entendu parler de ce site (seuls ses éditeurs pourraient dire combien d’utilisateurs ils avaient, mais 150 millions de dollars rien qu’en souscriptions représentent une véritable foule, et cela ne couvre pas les utilisateurs n’ayant pas souscrit). Le fait qu’une activité illégale ait pu naître, se développer, attirer des millions d’internautes et susciter tant d’aigreur lorsque l’inévitable s’est finalement accompli a de quoi faire réfléchir.       <br />
       Les ayants droits sont bien sûr dans leur rôle lorsqu’ils luttent contre les diverses atteintes à leurs intérêts. Il y va parfois aussi de leur image ou de la santé ou de la sécurité des consommateurs de produits contrefaits. Mais l’on pourrait aussi se demander si le vaste dispositif sur lequel repose la Propriété intellectuelle n’est pas condamné à devoir évoluer pour s’adapter à la « nouvelle donne » imposée par l’Internet. A moins que d’autres stratégies e doivent être mûries dans un environnement où le droit, même fondé, est de plus en plus complexe et donc coûteux à faire appliquer.       <br />
       Les abus commis de part et d’autre conduisent à un constat en demi-teinte : tous sont collectivement pénalisés, puisque cette situation de non-droit conduit les Etats à réaffirmer le droit, même au péril de l’Internet. Les plus grands bénéficiaires de l’affaire MegaUpload ne sont ni ses promoteurs, qui ne profiteront plus guère de leur fortune, ni ses clients, ni les ayants droits, mais bien les divers services de sécurité qui ont pu ainsi justifier le renforcement de leur emprise sur le Net.       <br />
              <br />
       (1) New gTLDs Update: Applications Accepted Today       <br />
       http://www.icann.org/en/announcements/announcement-11jan12-en.htm       <br />
       (2) 25 Registrations For New TLDs After One Week: ICANN       <br />
       http://www.domainpulse.com/2012/01/20/25-applications-for-new-tlds-after-one-week-icann/       <br />
       (3) ICANN chairman sees little value in delaying new domain-name program       <br />
       http://www.nextgov.com/nextgov/ng_20120104_4335.php       <br />
       (4) ICANN CEO Defends New GTLD Plan       <br />
       http://www.pcworld.com/businesscenter/article/247780/icann_ceo_defends_new_gtld_plan.html       <br />
       (5) U.S. gov't official: ICANN plan should move forward       <br />
       http://www.computerworld.com/s/article/9223373/U.S._gov_t_official_ICANN_plan_should_move_forward       <br />
       (6) Letter from Kurt Pritz, ICANN, to the Honorable Greg Walden, U.S. House of Representatives       <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/pritz-to-walden-20jan12-en.pdf       <br />
       (7) Letter from […] European Commission, to Rod Beckstrom and Steve Crocker       <br />
       Response to Letter to Commissioner Kroes on Vertical Separation Between Registries and Registrars        <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/de-graaf-mccallum-to-beckstrom-crocker-19jan12-en.pdf        <br />
       (8) Letter from Assistant Secretary Lawrence E. Strickling […]to Steve Crocker        <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/strickling-to-crocker-03jan12-en.pdf        <br />
       (9) Letter from IGO Counsel, […] to Rod Beckstrom, Steve Crocker and Kurt Pritz        <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/igo-counsels-to-beckstrom-crocker-pritz-04jan12-en.pdf        <br />
       (10) Letter from […] The Association of National Advertisers, to ICANN and Members of the ICANN Board        <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/liodice-to-icann-09jan12-en.pdf       <br />
       (11) Letter from Rod Beckstrom to FTC Chairman Jon Leibowitz and Commissioners Rosch, Ramirez and Brill       <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/beckstrom-to-leibowitz-10jan12-en.pdf        <br />
       (12) Letter from Rod Beckstrom to Assistant Secretary Lawrence E. Strickling       <br />
       http://www.icann.org/en/correspondence/beckstrom-to-strickling-11jan12-en.pdf       <br />
       (13) GAC gets more power to block controversial gTLDs       <br />
       http://domainincite.com/gac-gets-more-power-to-block-controversial-gtlds/       <br />
       (14) The Race to Nab Web Addresses Entrepreneurs See Opportunity in Domain-Name Opening        <br />
       http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204124204577149033198903356.html       <br />
       (15) Paul Stahura’s Donuts Inc to apply for 10 TLDs        <br />
       http://domainnamewire.com/2012/01/10/paul-stahuras-donuts-inc-to-apply-for-10-tlds/       <br />
       (16) Arab countries prompted to adopt TLDs        <br />
       http://www.tradearabia.com/news/MEDIA_211040.html       <br />
       (17) Little interest in Russian gTLDs?       <br />
       http://domainincite.com/little-interest-in-russian-gtlds/       <br />
       (18) ICANN: New gTLDs: What to Expect in 2012       <br />
       http://newgtlds.icann.org/en/announcements-and-media/announcement-23jan12-en       <br />
       (19) No 'supranational regulatory body' should govern the Internet, say U.S. officials       <br />
       http://www.fiercegovernmentit.com/story/no-supranational-regulatory-body-should-govern-internet-say-us-officials/2012-01-16       <br />
       (20) Cyber War: Reality or Hype?        <br />
       http://www.huffingtonpost.com/conn-hallinan/cyber-war-reality-or-hype_b_1219843.html       <br />
       (21) When Were They Hit? New Report from Neustar Details DDoS Attack Trends       <br />
       http://www.circleid.com/posts/20120125_new_report_from_neustar_details_ddos_attack_trends/       <br />
       (22) Types of Attack       <br />
       http://www.circleid.com/posts/types_of_attack/       <br />
       (23) Cyber-Crimes Pose 'Existential' Threat, FBI Warns        <br />
       http://www.huffingtonpost.com/2012/01/12/cyber-threats_n_1202026.html       <br />
       (24) Internet Governance Outlook 2012: Cold War or Constructive Dialogue?       <br />
       http://news.dot-nxt.com/2012/01/10/ig-outlook-2012-part-one       <br />
       (25) Google says 4.5 million people signed anti-SOPA petition today       <br />
       http://latimesblogs.latimes.com/technology/2012/01/google-anti-sopa-petition.html       <br />
       (26) Domain Registrars “Blackout” in Opposition of SOPA and PIPA legislation       <br />
       http://www.domainnamenews.com/miscellaneous/domain-registrars-blackout-opposition-sopa-pipa-legislation/10016       <br />
       (27) Websites Go Dark Protesting SOPA and PIPA, Senators Change Course       <br />
       http://www.circleid.com/posts/website_go_dark_protesting_sopa_and_pipa_senators_change_course/       <br />
       (28) So long, MegaUpload.com        <br />
       http://domainnamewire.com/2012/01/19/so-long-megaupload-com/       <br />
       (29) Exporting SOPA-Like Rules to Other Countries       <br />
       http://www.circleid.com/posts/exporting_sopa_like_rules_to_other_countries/       <br />
       (30) Etat de différentes décisions judiciaires en Europe imposant des filtrages aux ISP (ou non)       <br />
       http://thenextweb.com/eu/2012/01/14/german-courts-are-bucking-the-trend-ruling-that-isps-shouldnt-block-illegal-websites/       <br />
       (31) Don’t Stop at SOPA. SOPA and PIPA are (almost) dead. Now can we talk about the law that already exists?       <br />
       http://www.slate.com/articles/news_and_politics/politics/2012/01/sopa_and_pipa_are_almost_dead_now_can_we_talk_about_the_law_that_already_exists_.html       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/DNSNEWS/Edito-Janvier-2012-Apres-le-Printemps-arabe-l-Automne-de-l-Internet_a255.html" />
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   <title>VIE DES EXTENSIONS - JANVIER 2012</title>
   <updated>2012-01-30T19:25:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/DNSNEWS/VIE-DES-EXTENSIONS-JANVIER-2012_a254.html</id>
   <category term="Analyses générales" />
   <published>2012-01-30T19:24:00+01:00</published>
   <author><name>Loic Damilaville</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      AE (Emirats arabes unis): aeDA, registre du .AE, communique (1) sur ses efforts pour limiter le cybersquatting sous son TLD.       <br />
       (1) aeDA continues its efforts in protecting intellectual property rights related to domain names        <br />
       http://tra.gov.ae/news_.aeDA_continues_its_efforts_in_protecting_intellectual_property_rights_related_to_domain_names-368-1.php       <br />
              <br />
       AU (Australie): le registre australien s’engage sur les pas du NIC.AT en commanditant une étude destinée à évaluer sa contribution à l’économie australienne. Les résultats sont probants : 475 millions de $ australiens par an et 4300 emplois. En tout état de cause, même si l’on ne suit pas la logique attribuant aux registres eux-mêmes les créations de valeur et d’emplois, ces études permettent de mesurer les dégâts directs que ferait sur l’économie locale tout problème survenant chez ces acteurs. Sans compter les « dommages collatéraux » affectant les affaires des titulaires…        <br />
        (1) Release of report on the contribution of .au to Australia's economy       <br />
       http://www.auda.org.au/news-archive/auda-17012012/        <br />
              <br />
       BANK: émotion sur le .BANK en janvier: une start-up a détenu pendant quelques jours la marque “.BANK” (1), titre de propriété intellectuelle valant une véritable fortune au moment même où les dossiers ICANN sont en cours de soumission. On peut penser que cette situation n’était pas du goût des candidats potentiels. Après quelques jours d’euphorie, la start-up a du revenir sur Terre : l’USPTO a supprimé la marque en arguant d’une « erreur » découverte suite à une « lettre de protestation ».       <br />
       (1) Tiny start-up secures .bank gTLD trademark       <br />
       http://domainincite.com/tiny-start-up-secures-bank-gtld-trademark/       <br />
       (2) .bank trademark canceled after “mistake”       <br />
       http://domainincite.com/bank-trademark-canceled-after-mistake/       <br />
       CA (Canada): le CIRA a initié la seconde étape (1) de la consultation sur l’introduction des caractères accentués français sous .CA. Les commentaires peuvent être soumis jusqu’au 24 février 2012.       <br />
       (1) Second phase of consultation on implementation of French characters in .CA domain names opens       <br />
       http://www.cira.ca/news/news-releases/second-phase-of-consultation-on-implementation-of-french-characters-in-ca-domain-names-opens/       <br />
              <br />
       CH (Suisse) : Switch fait un bilan (1) de ses actions de lutte contre les malwares en 2011. Au total, 1500 sites repérés dont 94% nettoyés à l’issue des mesures prises par Switch. Le registre s’avoue satisfait de la proportion d’ordinateurs contaminés en Suisse : 27% contre 38% au niveau mondial, ce qui placerait le pays au 3e rang en termes de « santé » informatique.       <br />
       (1) 2011: SWITCH a mené une lutte intense contre le malware       <br />
       http://www.switch.ch/fr/about/news/2012/malware_neu160112.html       <br />
              <br />
       CZ (République tchèque): le CZNIC communique fièrement (1) sur ses performances en matière de déploiement de DNSSEC. Avec 311 000 noms de domaine en .CZ « protégés » au moyen de DNSSEC, soit 35% du nombre total de .CZ, le registre peut prétendre être le premier au monde sur ce sujet.       <br />
       (1) CZ Domain is World Leader in DNSSEC Implementation        <br />
       http://www.nic.cz/page/987/.cz-domain-is-world-leader-in-dnssec-implementation-/       <br />
              <br />
       FR (France) : l’AFNIC vous propose ce mois-ci de découvrir les « coulisses » du fonctionnement des noms de domaine (1), ainsi que son actualité juridique au moyen d’une interview de sa directrice juridique Isabel Toutaud (2).       <br />
       (1) L'AFNIC met en ligne une vidéo sur les coulisses des noms de domaine        <br />
       http://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/5588/show/l-afnic-met-en-ligne-une-video-sur-les-coulisses-des-noms-de-domaine-1.html       <br />
       (2) 3 minutes avec Isabel Toutaud, Directrice Juridique de l'AFNIC       <br />
       http://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/5557/show/3-minutes-avec-isabel-toutaud-directrice-juridique-de-l-afnic.html       <br />
              <br />
       GOV (gouvernement US): un article très intéressant (1) évoquant le .GOV en tant qu’espace de nommage des agences gouvernementales américaines. La gestion de cet espace dans un schéma où la coordination est rendue complexe par la pléthore d’agences et de sites web relève du défi. Mais les clefs d’analyse mentionnées ne manquent pas de frapper l’attention : pour les autorités américaines, le grand défi semble être « d’occuper le terrain » en termes de diffusion des informations. Ainsi d’un site consacré à la sécurité nucléaire, si mal référencé dans Google que c’étaient les contenus des opposants à la politique gouvernementale qui étaient les plus vus par les internautes. Beaucoup d’enjeux transparaissent autour de ce simple constat : le pouvoir de Google dans l’accès aux informations, la « lutte » entre agences officielles et organisations contestataires pour capter l’attention des internautes, et l’absence de politique coordonnée – on pourrait appeler cela « gouvernance de l’Internet gouvernemental » au sein du .GOV.       <br />
       (1) Feds aim to serve citizens better by revamping Dot-Gov       <br />
       http://www.nextgov.com/nextgov/ng_20120103_9677.php       <br />
              <br />
       JOBS: Kieren McCarthy, critique violent de l’ICANN embauché par elle et revenu à ses premières amours après avoir été remercié par Rod Beckstrom, pense avoir trouvé le défaut de la cuirasse de son ancien employeur (1). Après un rappel de toutes les erreurs commises par l’ICANN dans la gestion du sulfureux dossier du .JOBS depuis 2010, l’auteur pointe du doigt l’incapacité de l’ICANN à faire respecter ses propres règles par les organismes qui lui sont contractuellement liés. McCarthy conclut par de fortes paroles : « l’ICANN n’est pas organisée de manière à pouvoir gérer les demandes de 22 – sans parler de 1022 – registres internet ». Propos qui n’ont rien de rassurant… A l’heure où tout le monde voudrait accéder à la cabine de pilotage, Kieren McCarthy invite à se demander s’il y a encore un pilote dans l’avion.       <br />
       (1) The case study that could kill ICANN       <br />
       http://news.dot-nxt.com/2012/01/11/dot-jobs-could-kill-icann       <br />
              <br />
       KIWI: quelques informations au sujet du projet de “.KIWI” (1), monté par une société basée à Vancouver en Nouvelle-Zélande. Parmi les administrateurs de cette société figure Peter Dengate-Trush, ancien président de l’ICANN « chahuté » en 2011 pour avoir rejoint une structure spécialisée dans le montage de projets de nouveaux TLDs.        <br />
       (1) Dot Kiwi applies for .kiwi domain       <br />
       http://computerworld.co.nz/news.nsf/news/dot-kiwi-applies-for-kiwi-domain       <br />
              <br />
       LT (Lituanie): le registre du .LT a fait évoluer son système de publication WHOIS. Celui-ci permet à présent aux titulaires des noms de domaine de paramétrer eux-mêmes les données qu’ils souhaitent rendre publiques ou non. Par défaut, les données personnelles sont protégées et seuls l’email et les initiales des titulaires personnes physiques sont publiés.       <br />
        (1) Functionality to show more contact information in public WHOIS       <br />
       http://www.domreg.lt       <br />
              <br />
       NL (Pays-bas): SIDN se réjouit (1) de son activité 2011, soulignant que la croissance du .NL – 14,5% - a été plus de deux fois supérieure a celles du .DE ou du .EU. SIDN rappelle aussi que les Pays-bas sont l’un des pays dont le ratio de noms de domaine par habitant est le plus élevé. Le registre néerlandais communique par ailleurs sur la signature d’un contrat de collaboration d’une durée de 5 ans (2) avec NLnet Labs, structure de R&amp;D spécialisée sur le DNS et DNSSEC.       <br />
       (1) 2011: great year for the .nl domain       <br />
       https://www.sidn.nl/en/news/news/article/2011-topjaar-voor-nl-domein-1/       <br />
       Collaboration between SIDN and NLnet Labs       <br />
       https://www.sidn.nl/en/news/news/article/collaboration-between-sidn-and-nlnet-labs/       <br />
              <br />
       SE (Suède): à l’instar du .CZ, le nombre de noms signés en DNSSEC a explosé sous .SE (1), passant de 4000 début 2011 à 172 000 à la fin de l’année.        <br />
       (1) Number Of DNSSEC Signed .SE Domains Soars       <br />
       http://www.domainpulse.com/2012/01/23/number-of-dnssec-signed-se-domains-soars/       <br />
              <br />
       UK (Royaume-Uni): Nominet a apporté des précisions sur la grille tarifaire applicable à compter du 1er mai prochain au dépôt des .UK pour 1 an ou jusqu’à 10 ans, au lieu des 2 ans actuels. Le prix (registrars) pour 1 an sera de 3,5 £ (4,2 euros) et le prix pour X années sera tout simplement X fois 2,5 £ (3 euros).       <br />
        (1) Multi-year registration periods        <br />
       http://www.nominet.org.uk/registrars/systems/Plannedchanges/developmentroadmap/multiyear/       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/DNSNEWS/VIE-DES-EXTENSIONS-JANVIER-2012_a254.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>IL Y A DIX ANS - DNS News n°45 – Janvier 2002</title>
   <updated>2012-01-30T19:24:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/DNSNEWS/IL-Y-A-DIX-ANS-DNS-News-n-45-Janvier-2002_a253.html</id>
   <category term="Présentation" />
   <published>2012-01-30T19:23:00+01:00</published>
   <author><name>Loic Damilaville</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Les registrars – état des lieux        <br />
              <br />
       L’ICANN a récemment publié les montants que devront lui verser les différents registrars accrédités. Ces montants étant calculés en fonction des parts de marché, on peut penser que les chiffres fournis sont assez fiables et une étude peut en être faite.       <br />
       Sur 93 registrars actifs (il y en a près de 150 accrédités), 12 possèdent des parts de marché supérieures à 1%, et 81 inférieures à 1%. Le leader incontesté est bien sur Verisign (45.45%), suivi d’assez loin par Register.com (11.17%) et Tucows (8.38%). Un autre cran et nous arrivons à Bulk Register (5.23%) qui a connu en 2001 de graves difficultés financières, Melbourne IT (4.34%) leader en Australie qui vient de subir de graves défaites en perdant la gestion du .com.au.       <br />
       Le CORE (2.66%) mérite d’être signalé car c’est avec lui qu’apparaissent les premiers registrars européens (il est compose de plusieurs dizaines de registrars répartis dans le monde entier). Le calcul de certaines parts de marché et des CA approximatifs qui y correspondent sur la base de 10.5 M$ pour 1% de part de marche à 35$ du nom de domaine est très instructif.        <br />
       Voici la liste des contributions :       <br />
       http://www.icann.org/financials/gtld-contribution-chart-01-02.htm       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/DNSNEWS/IL-Y-A-DIX-ANS-DNS-News-n-45-Janvier-2002_a253.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Edito Décembre 2011 : J-3 jours</title>
   <updated>2012-01-08T11:15:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/DNSNEWS/Edito-Decembre-2011-J-3-jours_a252.html</id>
   <category term="Analyses générales" />
   <published>2012-01-08T11:14:00+01:00</published>
   <author><name>Loic Damilaville</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Internet au cœur de la Polis       <br />
              <br />
       2011 aura été l’année où l’Internet aura commencé à jouer, de manière évidente et apparente, un rôle dans la politique intérieure des Etats. Printemps arabe, bien sûr, et crispations d’autant plus fortes de certains gouvernements autour des sujets de gouvernance qu’ils voyaient certains de leurs confrères s’effondrer en partie grâce aux moyens de contacts rendus possibles par l’Internet. L’évolution est si sensible que l’on peut assez fidèlement déterminer le niveau atteint par un Etat en termes de dictature en considérant la manière dont il gère l’accès de ses ressortissants à l’Internet, et leur capacité à diffuser des informations. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de voir que les Etats-Unis, prompts à prêcher (non sans raisons) la bonne parole à la Russie ou à l’Ukraine, sont aussi ceux qui ont pourchassé Wikileaks en suscitant des attaques contre tous ceux qui osaient héberger ces contenus.       <br />
       Nous savions que l’Internet était un champ de bataille économique (1) depuis la fin des années 90 ; qu’il pouvait facilement se transformer en champ de bataille tout court lors de conflits entre Etats, comme en 2008 entre la Russie et la Géorgie. Nous savons à présent qu’il est aussi un champ d’affrontement entre les gouvernements et leurs citoyens, quel que soit le niveau de « démocratisation » atteint. Si le souci des Etats d’assurer leur propre sécurité est plutôt sain, il le devient beaucoup moins lorsqu’il s’exerce aux dépends de leurs propres citoyens.       <br />
       La gouvernance de l’Internet a connu en quelques mois une évolution radicale en passant d’enjeux techniques dont la compréhension était réservée à quelques « barbus » s’exprimant dans un langage ésotérique, à des enjeux politiques que la plupart des dirigeants mondiaux étaient à même de percevoir. Une autre évolution s’est faite jour en parallèle : d’une gouvernance « globale » et transfrontière, la logique est partiellement passée à la perception de la nécessité d’une gouvernance locale. Les gouvernements s’interrogent depuis quelques années sur leur potentiel de défense (et d’attaque…) en cas de « cyber guerre » (2). Nombre d’entre eux à présent veulent se doter d’une capacité de contrôle de leur propre internet national. La Biélorussie, qui a interdit depuis le 6 janvier 2012 à tous ses citoyens de se connecter à des sites « étrangers », ou encore l’Egypte qui se coupa physiquement de l’Internet pendant quelques jours en janvier 2011, sont des cas caricaturaux, mais réels, d’une certaine hystérie dont les échos se font sentir jusque dans des Etats considérés comme garants des libertés civiles. Les débats furieux autour du projet de loi SOPA aux Etats-Unis ces dernières semaines montrent que nul n’est épargné et que les acteurs privés naviguent souvent entre deux eaux, ayant parfois un intérêt économique au développement du contrôle, et étant parfois pris à partie par des clients mécontents (3). C’est une version de « capitalisme » que Marx n’avait pas prévue, certaines entreprises devenant elles-mêmes « complices » de la protection ou la réduction des libertés personnelles de leurs clients.        <br />
       De manière assez perceptible dans les cercles ICANNiens, les gouvernements cherchent leur place dans la gouvernance de l’internet, et ils ne s’imaginent pas qu’elle puisse ne pas être la première. Ce qui engendre des tensions bien naturelles avec les acteurs en place, mais aussi des risques de dérives qu’il ne faut pas négliger. Ainsi de Paul Vixie qui met en garde (4) contre les impacts techniques de systèmes de filtrage et de censure des contenus s’appuyant sur le DNS.       <br />
       Le plus étonnant est que certains gouvernements semblent frappés de bicéphalie lorsque l’on touche à ces sujets. Adeptes d’un contrôle renforcé au sein de leurs propres frontières, ils n’hésitent pas à se revendiquer en militants des libertés individuelles à l’extérieur. De fait, les événements des pays arabes et de Russie ont incité les grandes démocraties occidentales à se positionner résolument en faveur de la protection de ces libertés sur internet (5, 6, 7). On peut espérer que cette « bicéphalite » se résoudra avec le temps en une recherche de cohérence, sans quoi les meilleures intentions risquent bien d’être enterrées par le son de mauvaise foi qu’elles rendront en regard d’autres initiatives moins louables, et par le « pragmatisme » auquel les décisions politiques échappent rarement.       <br />
              <br />
              <br />
       Décélération sur le marché des noms de domaine       <br />
              <br />
       Si l’ICANN affiche une santé florissante (8) avec ses 100 millions de $ d’actifs – certains se félicitant ironiquement qu’elle soit à but non lucratif – la Verisign Industry Brief montre (9) que marché des noms de domaine a connu une certaine décélération au 3e trimestre 2011. Les créations de noms de domaine ont en effet chuté de 6% à l’échelle mondiale et toutes extensions confondues, les ccTLDs étant nettement plus touchés (-20%) que les COM et NET (+2%). On peut penser que ce phénomène est la résultante de la combinaison redoutable de l’effet saisonnier lié aux mois de juillet et août, et de la crise financière qui sévit depuis cet été sur la zone euro – l’Union européenne regroupant la plupart des gros registres d’extensions locales. Ces -6% sont historiques puisque le T3 2010 avait vu une évolution neutre par rapport au trimestre précédent et le T3 2009 ayant affiché un joli +11% après un T2 2009 catastrophique (-24%). Les chiffres du T4 2011 montreront si ce phénomène n’est que conjoncturel ou s’il est appelé à durer.       <br />
              <br />
               <br />
       Source : Verisign Industry Brief December 2011       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       One size does not fit all       <br />
              <br />
       Au global et malgré cette évolution des créations, le nombre de noms de domaine affiche une progression raisonnable en atteignant les 220 millions, dont 51% de COM et NET, 39% de ccTLDs et 10% « d’autres TLDs » dont une majorité de .ORG. On peut bien sûr ironiser sur le fait que les extensions créées au début des années 2000 pour « lutter contre la saturation du .COM » arrivent aujourd’hui difficilement à sa cheville, mais le problème est plus complexe.        <br />
       D’un côté, ces extensions ont pu ne pas rencontrer le succès parce qu’elles ne répondaient à aucun besoin, ou qu’elles étaient trop décalées par rapport aux besoins des utilisateurs et à leur maturité en termes d’usages. Le .AERO, obligé de supplier les aéroports de réserver leur code distinctif avant de le leur attribuer plus ou moins gratuitement sans que ceux-ci les utilisent pour autant, est un bon exemple de TLD décalé par rapport à la maturité du marché, à la fois du côté des titulaires cibles et des utilisateurs – manifestement personne « n’attendait » un .AERO. Innovation technique et pour ainsi dire « philosophique » dans la manière d’utiliser le DNS, le .TEL a en général été promu comme une avancée spectaculaire auprès de publics qui, ne comprenant pas de quoi il retournait et s’en souciant fort peu, n’ont que rarement suivi avec leur porte-monnaie. Le film promotionnel contenait d’ailleurs en lui-même le nœud du problème : dans le « vrai » monde, celui des personnages qui a le plus de chances d’être recontacté est celui qui donne un identifiant connu et compréhensible – son numéro de portable – plutôt que celui qui se présente en « ben.tel » au risque de ne rencontrer que de la perplexité.       <br />
       J’en viens à la seconde manière de considérer le problème. Le .AERO ou le .TEL étaient-ils intrinsèquement de mauvaises idées, vouées d’avance à l’échec ? Ou bien n’ont-ils souffert que de n’avoir pas réussi à toucher leur marché ? La question est vitale pour les futures nouvelles extensions, et il n’y a aucun risque à prédire que d’excellentes idées seront des « fours » simplement parce qu’elles ne seront pas comprises ou simplement connues des titulaires potentiels et des utilisateurs. La solution n’est sans doute pas dans la communication massive, dans un univers où la concurrence globale pour capter l’attention des consommateurs atteint déjà des niveaux himalayens. Si la communication restera indispensable, elle devra forcément être « optimisée », à moins d’avoir à dépenser des fortunes déraisonnables. Or les grincements de dents que l’on entend lorsqu’on parle des 185 000 $ de frais ICANN laissent à penser que tous les bons projets ne seront pas richement dotés.       <br />
       Plus encore que la communication – trop éphémère et limitée pour ancrer des usages si l’on ne dispose pas de moyens considérables – l’un des facteurs clefs de succès est l’accès au marché au travers des registrars. Ce sont ses règles d’éligibilité qui ont tué dans l’œuf le .AERO en décourageantes la plupart des registrars. De fait, le « produit » n’a pas été « poussé » vers les titulaires ni vers les utilisateurs, les seuls à en entendre parler étant les ayants droits subissant une fois de plus un discours anxiogène (modérément fondé dans le cas d’un TLD aussi confidentiel). Les .JOBS, .COOP, .PRO, .TRAVEL sont des exemples similaires dont les registres ont depuis cherché, parfois vainement, à assouplir les règles de manière à les rendre « registrars friendly ».       <br />
       A contrario, la domination mondiale des COM et NET s’explique très simplement : parmi les centaines de registrars ICANN, 99% proposent le .COM et plus de 80% le .NET. Ce sont des « must have » dans la panoplie d’un registrar digne de ce nom, et ce registrar sait en retour qu’il peut investir parce que c’est cela que veulent ses clients. Le lancement du .CO, pour rester dans cette ligne, a été exemplaire – ainsi que celui du .ME – parce que de gros registrars américains ont accepté de jouer le jeu et de promouvoir ces TLDs auprès d’un public qui ne les connaissait pas. Or l’expérience a prouvé que le public adhérait, et était tout-à-fait capable de s’approprier massivement ces nouveautés.        <br />
       Ces considérations initiées autour de la part de marché « ridicule » des TLDs créés depuis 2000 sont paradoxalement encourageantes pour les porteurs de projets. Les utilisateurs connaissent mal les noms de domaine et peu font la différence entre un gTLD et un ccTLD. Une nouvelle extension suffisamment bien promue auprès de son public (selon son orientation marketing) a toutes les chances de bien marcher. Seule ombre au tableau : le réseau de distribution a été constitué pour adresser une demande de masse, mais pas pour travailler sur des segments de niches. Vous trouverez très peu de registrars spécialisés dans les jeunes publics, les dentistes ou le secteur bancaire, et c’est pourtant d’eux qu’auraient besoin les (éventuels) futurs .JUNIOR, .TEETH ou .BANK pour promouvoir leur extension.       <br />
       Il résulte de cette situation que c’est paradoxalement aux registres, qui manquent en général de moyens et d’accès aux clients, d’évangéliser le marché pour le compte de registrars qui ont bien cet accès aux clients, tout en ne sachant que très rarement les qualifier suffisamment pour savoir s’ils seraient intéressés par un .JUNIOR, .TEETH ou .BANK.        <br />
       Nous assistons aujourd’hui à une évolution du marché qui va assurément placer certains registrars en situation d’arbitres du succès ou de l’échec de nouvelles extensions. Mais ces mêmes registrars ne devraient pas se féliciter trop vite : les registres, même les plus riches, ont leurs limites et c’est essentiellement aux intermédiaires de jouer leur rôle naturel de mise sur le marché. Un gros travail reste à faire et c’est sans doute ce qui poussera un certain nombre de futurs registres à monter leur propre registrar : les recettes d’une commercialisation de masse risquent bien de ne plus fonctionner dans un marché en voie d’atomisation des produits.       <br />
       Si l’on suit le raisonnement jusqu’au bout, les registrars en tant que réseau de distribution devront sans doute se demander à l’avenir s’ils restent sur des produits « de masse » ou s’ils ont eux-mêmes intérêt à se spécialiser en regard des TLDs qu’ils entendent proposer. Il est illusoire de penser que le modèle de distribution actuel pourra rester identique lorsque des centaines de nouvelles extensions auront vu le jour.       <br />
              <br />
              <br />
       Auditions sur les nouveaux TLDs       <br />
              <br />
       Le Congrès américain « auditionne » régulièrement les acteurs de la Gouvernance, en particulier l’ICANN. Poussé par les adversaires du processus de création des nouveaux TLDs, il a pour la seconde fois interrogé experts et représentants des grands acteurs sur cette fâcheuse question.       <br />
       La littérature autour de ces Auditions a été assez dense en décembre, ce mode de « rencontre » entre les gens du secteur et les sénateurs occupant une place toute particulière dans l’imaginaire américain. Chacun de ces événements est attendu comme si les sénateurs allaient séance tenante imposer à l’ICANN de renoncer à ce processus, ses dirigeants n’échappant que de très peu à une réclusion préventive à Guantanamo. Vu de l’étranger (je l’assume), l’ombre de McCarthy plane encore en ces lieux et il ne fait sans doute pas bon aller à ces sessions en ayant vraiment quelque chose à se reprocher. Captivés comme si la salle n’était qu’une arène remplie de fauves affamés (les sénateurs), les spectateurs comptent les points (10, 11).       <br />
       Chétive pitance, au final, que ces échanges motivés par la volonté de certains acteurs de faire obstruction au processus, et se servant pour cela de sénateurs avant tout soucieux de montrer qu’ils ont leur mot à dire. Les personnes présentes ont-elles eu la moindre impression que le processus était en danger ? Probablement pas plus que la dernière fois. Chacun s’est exprimé, comme il le fait même sans sénateurs pour l’écouter. Certains sénateurs se sont avérés satisfaits, d’autres non (12, 13). So what ? Il faudrait sans doute, pour que cela ait un impact réel, que suffisamment de sénateurs se mobilisent pour faire pression sur l’Administration. Or les « opposants » sont encore loin du compte (14), tandis que la machine fonctionne déjà à plein rendement (15).       <br />
              <br />
              <br />
       La NTIA soutient l’ICANN       <br />
              <br />
       Contrainte à la défensive (16), l’ICANN n’était peut-être pas si sûre d’elle-même aux lendemains des auditions, Kurt Pritz ayant évoqué le 20 décembre une chance « non nulle » de voir le processus retardé (17) et l’At-large Advisory Comittee ayant officiellement manifesté son hostilité au projet (18). Dès le 29 décembre cependant, le ton s’était manifestement durci (19) : l’ICANN affirmait maintenir ses positions inchangées, à nouveau sûre du soutien de la NTIA pourtant déjà exprimé lors des Auditions (20, 21, 22). Ce « flottement » a sans doute été provoqué par une lettre de la Federal Trade Commission exprimant son opposition au lancement du processus en l’état (23).        <br />
       On peut juger de l’état de confusion qui règne autour de ce dossier : les instances gouvernementales américaines comme les sénateurs sont divisés sur la question (24), les acteurs économiques s’affirment farouchement pour ou contre, des constituencies jusqu’alors plutôt muettes commencent à ruer dans les brancards… des organisations internationales revendiquent des protections spécifiques (25)… et en fin de compte, l’ICANN ne parvient à avancer qu’au compte-gouttes (26) sur les incertitudes persistant sur des points clefs du projet (27).       <br />
       Gênée aux entournures car ne pouvant ni désavouer l’ICANN à ce stade du processus ni la soutenir à fond, la NTIA a adressé une lettre prudente (28) à l’organisme californien début janvier, l’appelant à se pencher une nouvelle fois sur les mécanismes de protection des marques. Phrase étonnante sous la plume du responsable de l’organisme supervisant l’ICANN, à quelques jours de l’ouverture d’une période cruciale de trois mois pour le dépôt des dossiers : « …it has become apparent that some stakeholders in the United States are not clear about the new gTLD program. I urge you to engage immediately and directly with these and other stakeholders to better educate them on the purpose and scope of the program as well as the mechanisms to address their concerns. ».       <br />
       L’auteur de l’article qui fait cette citation est convaincu que la NTIA aurait été contrainte (par la FTC ? par des sénateurs ?) à envoyer cette lettre qui, de fait, n’apprend sans doute pas grand-chose à l’ICANN sinon qu’elle a de bonnes chances de se retrouver seule à la barre lorsque éclateront les inévitables conflits judiciaires.       <br />
       Sans doute les dirigeants de l’ICANN, membres du Board compris, se demandent-ils parfois si c’est bien la mission de leur entreprise que de se retrouver prise au piège de tels rebondissements. Et peut-être certains se rappellent-ils avec émotion les statuts de 1998 stipulant que l’ICANN devait être un organisme de coordination technique de l’Internet, et non pas de gouvernance économique ou juridique. A quel moment de son histoire l’ICANN s’est-elle fourvoyée, et pour quelles raisons ? Les historiens de demain se poseront sans nul doute la question lorsqu’ils chercheront à expliquer comment un processus de « privatisation » de la gouvernance de l’internet a conduit, 13 ans plus tard, à sa « gouvernementalisation » et à un tel imbroglio.        <br />
       Une partie de la réponse tient sans doute à ce que l’ICANN a cru (et affirme toujours) englober l’ensemble des parties prenantes de l’Internet, alors qu’elle n’a jamais représenté que les intérêts de ceux qui ont les moyens d’y participer. Elle n’est pas parvenue à traiter une équation aussi simple à exprimer que difficile à résoudre : créée pour être « globale », elle n’a jamais été réellement internationale (n’ayant pu s’affranchir de la tutelle américaine et restant largement anglo-saxonne) ; fonctionnant à l’échelle internationale, elle n’a jamais été réellement globale (c’est-à-dire rassemblant toutes les parties prenantes de manière à ce que celles-ci reconnaissent une pleine légitimité à ses décisions).        <br />
              <br />
              <br />
       (1) Insurance Against Cyber Attacks Expected to Boom       <br />
       http://bits.blogs.nytimes.com/2011/12/23/insurance-against-cyber-attacks-expected-to-boom/       <br />
       (2) Japan developing cyber weapon: report        <br />
       http://www.theaustralian.com.au/australian-it/japan-developing-cyber-weapon-report/story-e6frgakx-1226234630603       <br />
       (3) GoDaddy Pulls SOPA Support Following Customer Backlash        <br />
       http://www.huffingtonpost.com/2011/12/23/godaddy-sopa_n_1168000.html       <br />
       (4) DNS Policy is Hop by Hop; DNS Security is End to End       <br />
       http://www.circleid.com/posts/20121012_dns_policy_is_hop_by_hop_dns_security_is_end_to_end/       <br />
       (5) European Union to outline Internet freedom strategy       <br />
       http://www.reuters.com/article/2011/12/09/us-eu-internet-idUSTRE7B81HL20111209       <br />
       (6) Plan for Online Freedoms Stalls at European Meeting       <br />
       http://www.nytimes.com/2011/12/07/world/europe/a-proposal-for-freedoms-in-cyberspace-meets-resistance.html?_r=1       <br />
       (7) OECD Council Recommendation on Principles for Internet Policy Making        <br />
       http://www.oecd.org/dataoecd/11/58/49258588.pdf        <br />
       (8) ICANN Publishes Its Annual Report and Reports $100 Million in Assets       <br />
       http://www.circleid.com/posts/20111221_icann_publishes_its_annual_report_reports_100_million_in_assets/       <br />
       (9) Verisign Industry Brief – December, 2011       <br />
       http://www.verisigninc.com/assets/domain-name-brief-december2011.pdf       <br />
       (10) US Senate Committee Holds Hearing on ICANN's New TLD Expansion       <br />
       http://www.circleid.com/posts/20111208_us_senate_committee_holds_hearing_on_icanns_new_tld_expansion/       <br />
       (11) Notes from the Senate new gTLDs hearing       <br />
       http://domainincite.com/notes-from-the-senate-new-gtlds-hearing/       <br />
       (12) Congressmen ask for new gTLDs delay       <br />
       http://domainincite.com/congressmen-ask-for-new-gtlds-delay/       <br />
       (13) Rockefeller Calls For Scaled-Back Domain-Name Plan       <br />
       http://techdailydose.nationaljournal.com/2011/12/rockefeller-calls-on-us-offici.php       <br />
       (14) Congressmen ask ICANN to delay new gTLDs       <br />
       http://domainincite.com/congressmen-ask-icann-to-delay-new-gtlds/       <br />
       (15) Verisign predicts 1,000-1,500 new TLD applications and up to 2/3 .brand        <br />
       http://domainnamewire.com/2011/12/19/verisign-new-tlds/       <br />
        (16) ICANN CEO: Top-Level Domain Expansion Has Been Anything But Rushed       <br />
       http://www.circleid.com/posts/20111219_icann_ceo_top_level_domain_expansion_has_been_anything_but_rushed/       <br />
       (17) Chance of new gTLD delay “above zero”       <br />
       http://domainincite.com/chance-of-new-gtld-delay-above-zero/       <br />
       (18) ICANN's Internet Users Representatives Decry New Top-Level Domain Implementation       <br />
       http://www.circleid.com/posts/20111221_icanns_internet_users_representatives_decry_new_tld_implementation/       <br />
       (19) ICANN Chair: We will not delay or restrict new gTLD program       <br />
       http://news.dot-nxt.com/2011/12/30/icann-chair-no-delay-to-gtld-program       <br />
       (20) US government saves ICANN's bacon       <br />
       http://news.dot-nxt.com/2011/12/09/ntia-saves-icann-bacon       <br />
       (21) NTIA Expresses Support for New gTLD Program       <br />
       http://www.circleid.com/posts/ntia_expresses_support_for_new_gtld_program/       <br />
       (22) US says it will not block the new gTLD program       <br />
       http://domainincite.com/us-says-it-will-not-block-the-new-gtld-program/       <br />
       (23) FTC asks ICANN to run pilot new TLD launch        <br />
       http://domainnamewire.com/2011/12/17/ftc-asks-icann-to-run-pilot-new-tld-launch/       <br />
       (24) US gov split over new domain explosion       <br />
       http://www.theregister.co.uk/2011/12/19/us_gov_split_over_new_domain_explosion/       <br />
        (25) IGOs plead for special new gTLD protections       <br />
       http://domainincite.com/igos-plead-for-special-new-gtld-protections/       <br />
        (26) Approved Board Resolutions - Special Meeting of the ICANN Board - 8 December 2011       <br />
       http://www.icann.org/en/minutes/resolutions-08dec11-en.htm       <br />
       (27) With 1 month to go, new TLD program still full of uncertainties        <br />
       http://domainnamewire.com/2011/12/12/new-tld-program-uncertainties/       <br />
        (28) NTIA Asks ICANN, Nicely, To Consider Poor, Beleaguered Trademark Holders       <br />
       http://www.domainpulse.com/2012/01/05/ntia-asks-icann-nicely-to-consider-poor-beleaguered-trademark-holders/       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/DNSNEWS/Edito-Decembre-2011-J-3-jours_a252.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>VIE DES EXTENSIONS - DECEMBRE 2011</title>
   <updated>2012-01-08T11:14:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/DNSNEWS/VIE-DES-EXTENSIONS-DECEMBRE-2011_a251.html</id>
   <category term="Analyses générales" />
   <published>2012-01-08T11:13:00+01:00</published>
   <author><name>Loic Damilaville</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      AT (Autriche) : le dernier rapport publié par NIC.AT (1) s’intéresse aux litiges portant sur des noms de domaine en .AT. Le niveau de litiges reste très bas, moins d’une centaine de cas par an pour un TLD comptant plus d’un million de noms de domaine à ce jour. On découvre qu’en cas de décision judiciaire ordonnant le transfert de propriété d’un nom de domaine, le NIC.AT ne transfère pas le nom, mais le supprime, exposant le plaignant victorieux à voir de nouveau « son » nom pris par un tiers. Cette étrangeté est totalement assumée par NIC.AT qui recommande de ce fait aux ayants droits de recourir à un processus extra-judiciaire, c’est-à-dire le règlement amiable du conflit. Le registre autrichien n’a pas mis de « AT-DRP » en œuvre et se contente  d’une part de « geler » le nom (qui ne peut plus être transmis à un tiers) et d’autre part d’exécuter les décisions de justice. NIC.AT n’intervient sinon que dans des cas où la combinaison du nom de domaine ET du site vers lequel il est pointé porte manifestement préjudice au plaignant. Cette approche a été confortée par la Cour suprême autrichienne.       <br />
       (1) at report: &quot;Legal issues&quot;        <br />
       http://www.nic.at/fileadmin/www.nic.at/documents/at-report/at-report_2011-3_EN.pdf       <br />
              <br />
       BANK: la BITS, fédération des banques américaines, a publié des spécifications concernant de futurs TLDs « à haute sécurité » tels que les .BANK ou .PAY. L’éventail des sujets couverts semble assez complet, allant du traitement des « conduites abusives » à l’interdiction des systèmes d’anonymisation whois, en passant par les relations avec les bureaux d’enregistrement. L’intention de la BITS est de faire entériner par l’ICANN ces spécifications comme obligatoires pour tous les candidats à des TLDs de type « financier ». S’il est douteux que l’ICANN accepte d’ajouter une surcouche de spécifications à quelques jours du début de la période de remise des candidatures, on peut penser que la BITS – et les autorités américaines – pourchasseront de leur ire tout projet de cette nature et qui ne respecterait pas les « standards » ainsi implicitement fixés.        <br />
       (1) High-security .bank spec published       <br />
       http://domainincite.com/high-security-bank-spec-published/       <br />
              <br />
       BY (Biélorussie): une loi entrée en vigueur le 6 janvier interdirait formellement aux utilisateurs biélorusses d’accéder à l’Internet mondial (1). D’après la Bibliothèque du Congrès, &quot;The Law requires that all companies and individuals who are registered as entrepreneurs in Belarus use only domestic Internet domains for providing online services, conducting sales, or exchanging email messages. It appears that business requests from Belarus cannot be served over the Internet if the service provider is using online services located outside of the country. The tax authorities, together with the police and secret police, are authorized to initiate, investigate, and prosecute such violations. (Id.)&quot;. Les fournisseurs d’accès Wi-Fi, Cyber Cafés et autres personnes ou structures fournissant un accès à internet seront frappés d’amendes s’ils ne dénoncent pas les contrevenants.        <br />
       (1) Belarus banned citizens from browsing foreign websites        <br />
       http://www.domainnews.com/en/belarus-banned-citizens-from-browsing-foreign-websites.html       <br />
              <br />
       CL (Chili): le registre chilien annonce que le .CL est à présent signé au moyen de DNSSEC (1).       <br />
       (1) Extensiones de seguridad DNSSEC disponibles para todos los dominios .CL       <br />
       http://www.nic.cl/anuncios/2011-12-14.html       <br />
              <br />
       CZ (République tchèque): le CZNIC fait évoluer ses tarifs (1). A compter du 1er février 2012, le coût d’enregistrement et de renouvellement sera pour les bureaux d’enregistrement de 140 couronnes tchèques (5,43 euros au cours du 6/01/2012). Le prix final est librement fixé par les bureaux d’enregistrement.       <br />
       (1) CZ.NIC Has Announced New Prices for .CZ Domain       <br />
       http://www.nic.cz/page/983/cz.nic-has-announced-new-prices-for-.cz-domain/       <br />
              <br />
       EE (Estonie): le registre estonien célèbre (1) le dépôt du 1 000e  .EE en caractères IDN, 6 mois après l’ouverture de cette possibilité le 13 juin 2011. Il y avait 65 000 .EE déposés en décembre 2011.       <br />
       (1) Domain name otepäälasteaed.ee becomes 1,000th registered domain name with diacritics       <br />
       http://www.internet.ee/eng/news/1000-IDN-eng        <br />
              <br />
       EU (UE): EURID a publié (1) son rapport concernant le 3e trimestre 2011. Les pays de l’Europe orientale restent les plus dynamiques en termes de dépôts, la Bulgarie, la Lituanie et la Roumanie figurant au palmarès. Sur 12 mois glissants, la croissance du .EU a été relativement modérée - +5,2% par rapport au Q3 2010 – avec un nombre global de .EU estimé à 3,41 millions. Le taux de renouvellement est légèrement supérieur à 80% après être passé sous cette barre en 2010. Le pays le plus important, en % de noms déposés, est de loin l’Allemagne avec plus d’1 million de .EU (environ 30% du total). Le second pays, les Pays-Bas, n’est qu’à environ 450 000 .EU.       <br />
       (1) eu Q3 2011 progress report available       <br />
       http://www.eurid.eu/en/content/eu-q3-2011-progress-report-available       <br />
              <br />
       FI (Finlande) : le .FI fête son 25e anniversaire (1). Son registre actuel, FICORA, gère le TLD depuis 1997 et a porté le nombre de .FI de 7000 à l’époque à 300 000 aujourd’hui. La dynamique de croissance du .FI est toujours forte, avec 47 000 noms déposés en 2010. 13% des noms sont détenus par des personnes physiques et 80% par des entreprises.        <br />
       (1) Fi-domain name celebrates 25th anniversary       <br />
       https://domain.fi/info/en/index/tietoa/ajankohtaista/2011/P_50.html       <br />
              <br />
       FR (France): l’AFNIC dresse un premier bilan de l’ouverture à l’Europe des TLDs dont elle assure la gestion (1), indiquant que 3500 demandes ont été reçues dès le 6 décembre. L’Office d’enregistrement français indique aussi avoir reçu 400 KE du Ministère des Affaires étrangères en vue « d’accompagner les projets d’extensions génériques auxquels prendront part des pays d’Afrique sub-saharienne en 2012 ». Un appel à projets a été initié le 2 janvier (2). Le 15 décembre a aussi été lancée par le Ministère chargé de l’Economie numérique une nouvelle consultation publique concernant « les modalités de gestion des domaines internet nationaux » (3).        <br />
       (1) Premier bilan de l'ouverture à l’Europe des .fr, wf, .re, .yt, .pm, .tf       <br />
       http://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/5439/show/premier-bilan-de-l-ouverture-a-l-europe-des-fr-wf-re-yt-pm-tf.html       <br />
       (2) AFNIC et MAEE : appel à projets pour développer l’Internet en Afrique        <br />
       http://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/5526/show/afnic-et-maee-appel-a-projets-pour-developper-l-internet-en-afrique.html       <br />
       (3) Appel à consultation publique : recueil des avis de la communauté Internet       <br />
       http://www.afnic.fr/fr/l-afnic-en-bref/actualites/actualites-generales/5495/show/appel-a-consultation-publique-recueil-des-avis-de-la-communaute-internet-1.html       <br />
              <br />
       IE (Irlande) : IEDR communique (1) sur ses performances en 2011 – un taux de croissance de 12,9%, avec une augmentation des nouveaux enregistrements de 7,7%. 66% des entreprises irlandaises disposeraient aujourd’hui d’un site web (contre 54% pour la France) et 21% d’entre ces 66% seraient équipées pour faire du e-commerce. Avec un taux de renouvellement de 87,2% en 2011, le .IE est sans doute l’une des extensions les mieux placées au monde sur ce critère.       <br />
       (1) IEDR records 12.9% net growth in .ie domains for 2011       <br />
       http://www.domainregistry.ie/index.php/component/content/article/50-general/289-wednesday-4th-january-2012-iedr-records-129-net-growth-in-ie-domains-for-2011       <br />
              <br />
       NG (Nigeria): la NiRA, registre du .NG, aurait identifié (1) le faible niveau de sensibilisation autour du .NG comme l’élément-clef du faible nombre de noms enregistrés (40 000 pour 160 millions d’habitants). L’un des registrars les plus performants détient peut-être aussi un autre élément de réponse, en proposant des noms de domaine à bas prix…       <br />
       (1) Why NiRA Records Low dot ng Registration       <br />
       http://www.thisdaylive.com/articles/why-nira-records-low-dot-ng-registration/104542/       <br />
              <br />
       NL (Pays-bas): le registre néerlandais a publié le 5e numéro de sa lettre « .NLYST » (1), qui apporte les points de vue de différents bureaux d’enregistrements sur le marché du .NL et sur ses évolutions, ainsi que sur le marché des noms de domaine en général. Le CEO de Tucows prédit ainsi que nous vivons « le calme avant la tempête », tandis qu’un autre expert craint que les nouveaux TLDs n’apportent surtout de la confusion. Un autre souligne avec raison que les « bons » noms génériques continueront d’autant plus à prendre de la valeur.       <br />
       (1) The.nlyst 5 is out now       <br />
       https://www.sidn.nl/en/news/news/article/thenlyst-5-beschikbaar-1/       <br />
              <br />
       PL (Pologne): le NASK a annoncé la signature du .PL au moyen de DNSSEC (1).        <br />
       (1) NASK began to institute DNSSEC on the .pl Registry production server.        <br />
       https://www.dns.pl/english/dnssec.html       <br />
              <br />
       RU (Fédération de Russie): le registre russe indique (1) le lancement d’un nouveau service sur son site “Domaines de Russie”, permettant de visualiser le taux de pénétration d’Internet au niveau des Districts fédéraux et des régions. Sans surprise, Moscou est le district où la pénétration est la plus importante (69,87%), ainsi que la ville de Saint-Pétersbourg (69,25%). Avec 52 millions d’internautes, le taux de pénétration global estimé est de 45%.       <br />
       ccTLD.RU a aussi signé un partenariat avec Group-IB en vue de lutter contre le phishing et la diffusion de malwares via des noms de domaine en .RU et .РФ. Group-IB signalera les problèmes identifiés aux registrars, ceux-ci étant en principe tenus par les nouvelles règles en vigueur de supprimer les noms incriminés. Le registre précise néanmoins que les informations communiquées aux registrars seront uniquement des « recommandations ». Cette précaution peut être interprétée comme la volonté du registre de laisser aux registrars la responsabilité de couper ou non les noms de domaine qui leur seront signalés.       <br />
       (1) New service has been introduced on the site “Domains of Russia”       <br />
       http://www.cctld.ru/en/news/news_detail.php?ID=3365       <br />
       (2) Group-IB to help combating cibercrime in domains .РФ and .RU       <br />
       http://www.cctld.ru/en/news/news_detail.php?ID=3366        <br />
              <br />
       SE (Suède): IIS.SE revient sur l’année 2011 en présentant (1) un panorama des 10 plus grands événements vus au travers du prime internet. De manière peut-être involontaire, mais constituant un raccourci saisissant des tendances de l’année écoulée, l’auteur débute par le « Printemps arabe », qui vit l’Internet jouer un si grand rôle dans la mobilisation des personnes, et finit par SOPA, le projet de loi américain visant à organiser la mise en place d’une censure légale de l’Internet. Sic transit mundi…       <br />
       (1) This years biggest Internet events       <br />
       https://www.iis.se/en/blogg/arets-internethandelser-2011       <br />
              <br />
       SK (Slovaquie): le registre slovaque envisagerait (1) de profondes réformes de ses règles, en vue d’une ouverture à d’autres titulaires que les seuls entreprises et particuliers slovaques. La mise en place d’une procédure de résolution des litiges serait aussi à l’ordre du jour, ainsi que la possibilité d’enregistrer des .SK pour une durée allant jusqu’à 99 ans.       <br />
       (1) Slovak domain name registration system will face dramatic changes        <br />
       http://www.domainnews.com/en/slovak-domain-name-registration-system-will-face-dramatic-changes.html       <br />
              <br />
       SRB (Serbie en cyrilliques): les noms de domaine sous .SRB (extension serbe en cyrillique) pourront être enregistrés (1) à compter du 27 janvier 2012, « jour de la St Sava », précise en gras le registre serbe avec un souci du détail inattendu. Wikipédia nous donne le fin mot de l’histoire (2) : Saint Sava est le saint le plus populaire de Serbie, ce qui explique le caractère symbolique de la date retenue !       <br />
       (1) SRB domain registration begins        <br />
       http://www.nic.rs/en/what-s-new/srb-domain-registration-begins/id/3428       <br />
       (2) Saint Sava       <br />
       http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Sava       <br />
              <br />
       TK (Tokelau): le .TK a connu son heure de gloire fin décembre, lorsque Verisign l’a fait entrer dans le cercle fermé des 10 premiers TLDs mondiaux (1). L’extension du micro-Etat de Tokelau s’est même payé le luxe de déloger le .NL de sa 7e place ! Un succès attribué par nombre d’observateurs aux conditions très attractives d’enregistrement des noms sous cette extension, qui en ont fait un espace de prédilection pour les spammeurs et autres adeptes du « phishing ». Elément complémentaire donnant une idée de l’agressivité commerciale du registre, le .TK est fortement marketé auprès du public anglo-saxon comme l’extension de référence pour la Turquie (Turkey), jouant sur du velours face à un .TR (TLD officiel turc) englué dans une charte de nommage plutôt restrictive. De nombreux cas de cybersquatting sont ainsi à déplorer sous ce TLD.       <br />
       (1) .TK Becomes Third Largest ccTLD With A Little Help From Phishing       <br />
       http://www.domainpulse.com/2011/12/26/tk-becomes-third-largest-cctld-with-a-little-help-from-phishing/       <br />
              <br />
       UA (Ukraine): grande première en Ukraine, où plus d’une centaine d’acteurs du marché des noms de domaine ont participé, le 2 décembre dernier, à la UAdom conference (1). Un témoignage de la vigueur du secteur en Ukraine.       <br />
       (1) Approximately one hundred players of the Ukrainian domain market participated in the UAdom conference       <br />
       http://www.hostmaster.ua/news/?pr20111206        <br />
              <br />
       UK (Royaume-Uni): Nominet se propose (1) de faire évoluer les règles de dépôts et la syntaxe des noms de domaine sous .LTD.UK et .PLC.UK de manière à intégrer des caractères interdits dans le DNS en les transcrivant en texte dans le nom de domaine. L’objectif de cette initiative est de permettre à des sociétés homonymes, ou quasi-homonymes, de coexister sous ces extensions.       <br />
       (1) Changes to .ltd.uk &amp; .plc.uk and December Board communique       <br />
       http://www.nominet.org.uk/news/latest/?contentId=8918       <br />
              <br />
       XXX (porno): le .XXX s’est ouvert à tous (1) le 6 décembre dernier (“jour de la Saint-Nicolas”, soulignerait le registre serbe ;-) ), les litiges étant gérés par le National Arbitration Forum (2). Interrogée sur ses intentions en regard de la nouvelle extension, Google aurait répondu qu’aucun traitement particulier ne lui sera réservé (3), pas plus qu’aux autres futures extensions. A l’issue de l’ouverture, le .XXX comptait environ 160 000 noms dont 105 000 déposés pendant les différentes phases de sunrise. Certains observateurs considèrent (4) que 55 000 noms dès les premières 24 heures sont plutôt un bon score pour un TLD proposé à des tarifs aussi élevés. Il faut sans doute modérer l’analyse en tenant compte du fait que de nombreux ayants droits ont « placé » le 6 décembre des dépôts défensifs que les règles de la sunrise ne leur permettait pas de réaliser. Le 13 décembre, ICMRegistry frappait un grand coup dans l’histoire des registres en suspendant de sa propre initiative (5) des noms relevant sans contestation possible du cybersquatting. Une initiative interprétée (6) comme un précédent intéressant, mais aussi susceptible de faire converger en premier lieu vers ICM Registry les plaintes d’ayants droits malmenés par des cybersquatters.        <br />
       (1) New .XXX Internet Domain Names Go On Sale Today       <br />
       http://www.icmregistry.xxx/press/new-xxx-internet-domain-names-go-on-sale-today/       <br />
       (2) National Arbitration Forum Launches Dispute Program for .XXX Domain Names       <br />
       http://www.icmregistry.xxx/press/national-arbitration-forum-launches-dispute-program-for-xxx-domain-names/       <br />
       (3) Google: .XXX Will Be Treated Like Any Other Top-Level Domain       <br />
       http://news.avn.com/articles/Google-XXX-Will-Be-Treated-Like-Any-Other-Top-Level-Domain-457490.html       <br />
       (4) Was .xxx’s launch disappointing?       <br />
       http://domainincite.com/was-xxxs-launch-disappointing/       <br />
       (5) ICM Registry Acts in Response to Reports of Cyber-squatting       <br />
       http://www.icmregistry.xxx/press/icm-registry-acts-in-response-to-reports-of-cyber-squatting/#more-1444       <br />
        (6) ICM opens can of worms with .xxx domain seizures       <br />
       http://domainincite.com/icm-opens-can-of-worms-with-xxx-domain-seizures/       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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