Par Jean-Luc Mélenchon Sénateur de l'essone.
Dimanche j’ai vu chez Karl Zéro que c’était la journée de la liberté de la presse. Ca ne parlait pas de " France soir" pourtant livré à un repreneur qui compte en faire une machine à produire du papier d'emballage. Non. Mais on a vu défiler la liste pays par pays des journalistes victimes de leur attachement à la liberté et ainsi de suite. Personnellement je suis à fond pour. Je ne manque pas une occasion de me le rappeler. Par exemple samedi j’étais à Montpellier pour une réunion publique à la Paillade du collectif du non de gauche. Il y avait trois cent personnes. c'est pas mal, non? On se trouvait dans une église réformée. Pas moyen de se réunir ailleurs car la mairie est composée d’amis sincères qui ne trouvent jamais de salle disponible pour ce genre de réunion. Ah ! Ah ! Le journaliste avait parfaitement la liberté de ne pas mentionner ce point sur lequel on a pourtant tous pas mal ironisé. Je défends ce genre de liberté comme un fou. Je me ferais tuer pour qu’il continue à avoir le droit d’écrire un compte rendu de ce qui s’est dit alors qu’il ne l'a pas écouté. En effet il n'est resté que le temps du discours de bienvenue du président du comité pailladin du 29 Mai. Puis il est parti sans écouter aucun de ceux des invités dans mon genre ou de celui de François Liberti, le député communiste, dont le nom n’est même pas cité. Je milite aussi pour la liberté du droit à l’imagination de ce héros de la liberté d'expression. Car je suis aussi parfois un chic type.
La liberté de ne pas parler d'un sujet doit être respectée.
Ainsi je suis d’accord pour qu’il écrive que ce furent "des discours sans surprise" sans même les avoir écouté ! J’ai déjà milité à fond pour la liberté du même journal (« le midi libre ») de ne pas écrire une ligne ni publier une photo du meeting auquel ont participé cinq mille personnes à Montpellier pendant la campagne du non. Et aussi pour l'effacement médiatique des deux milles manants qui s’étaient attroupés pour la même raison à Millau. J’étais bien préparé. Et j'aime mieux vous dire que j’avais peu apprécié de devoir constater une liberté de nier les faits vraiment moins audacieuse au journal « La Montagne ». Car celui ci n'avait pas eu le courage de rayer de la carte les deux mille personnes du meeting pour le non à Clermont Ferrand ! Il y avait en effet une brève en bas de la page 6 avec une photo où l'on ne voyait certes que la tribune mais du moins le poing levé. Je pense pourtant qu'avec qu’avec la superbe grande photo légendée à la page une présentant les 50 participants de la formidable réunion pour le oui organisée autour de Jack Lang on avait largement de quoi se faire une idée du problème. Ces choses là ne s’oublient pas.
Dimanche dernier nous avons longuement débattu des relations Presse/politique avec Charles Roboti directeur de l'agence Istréenne de "La Provence"....... Et vous qu'en pensez vous ?