Condamné à 15 mois de prison avec sursis pour emploi fictif dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France, l'ancien champion olympique a été blanchi par Chirac en vertu d'une loi de 2002 prévoyant ce cas « pour les personnes ayant rendu des services à la Nation, notamment dans le domaine sportif ».
Début 2000, l'ancien athlète devenu député-maire UMP de Coulommiers est rattrapé par l'histoire des marchés publics de la région Ile-de-France. Une énorme affaire de financement illicite des partis politiques à laquelle était mêlé le défunt RPR. En octobre dernier, Guy Drut avait été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende à l'issue d'un procès où avaient comparu 47 prévenus. Il était poursuivi pour un emploi fictif. Après sa condamnation il avait renoncé à faire appel. C'est donc Chirac qui s'est chargé de le blanchir en sortant de sa manchette l'amnistie présidentielle.
Une telle décision est de nature à nourrir "l'abstention ou le vote d'extrême droite", avait pour sa part estimé un peu plus tôt le député Verts de Gironde, Noël Mamère.
"M. Le Pen peut être tranquille, M. Chirac travaille pour lui", a-t-il dénoncé au micro de France Inter, qualifiant le président de "prince d'une République bananière" instaurant une politique de "deux poids deux mesures".
Pierre Lellouche, député UMP de Paris, n'est pas loin d'être du même avis. Au mieux, a-t-il expliqué sur RTL, "il y a un risque" que cette amnistie soit mal comprise.
"Dans le climat actuel, il m'arrive parfois de me demander si nous ne sommes pas en train tous ensemble d'aller droit dans le mur en klaxonnant et en laissant la France à M. Le Pen et à Mme Ségolène Royal", a-t-il déploré.