Le phénomène est général partout dans le monde. Les chiffres font froid dans le dos : près de 2 millions de chômeurs supplémentaires aux Etats-Unis pour les mois de décembre à février, 350 000 chômeurs de plus en deux mois en Espagne, 90 000 de plus en deux mois et une prévision de 500 000 de plus à la fin 2009 en Allemagne. En France même, l'Unedic ne cesse de réviser à la hausse ses prévisions et annonce maintenant 450 000 chômeurs supplémentaires à la fin de l'année. Mais les 90 000 chômeurs supplémentaires du seul mois de janvier peuvent faire craindre bien davantage.
Les entreprises réagissent à la récession économique par des suppressions d'emplois, même quand elles font des profits. L'insupportable Madame Parisot, patronne du Medef, veut « sécuriser les licenciements pour les entreprises et les salariés ». En fait, elle veut assouplir les procédures de licenciements en vertu de cette idée éculée selon laquelle si les employeurs peuvent licencier plus facilement, ils embaucheront davantage !
De son côté, Sarkozy et son gouvernement s'obstinent dans leur politique libérale. Le mini plan de « relance » de fin 2008 n'est pas de nature à relancer l'activité économique, pas plus que son saupoudrage de mesurettes « sociales ». du début de l'année. Dans le même temps, le paquet fiscal continue de redistribuer aux riches des milliards qui manquent pour l'emploi ; et la liquidation des 35H, la libéralisation des heures supplémentaires, la réduction des emplois publics, continuent de jouer contre l'emploi.
Il est temps d'imposer un changement de cap. Ce n'est pas aux salariés et à la population de payer la crise pendant que spéculateurs et profiteurs seraient épargnés. La lutte des travailleurs des Antilles et de la Réunion, la mobilisation du 29 janvier expriment cette exigence. D'autres luttes sectorielles dans le secteur public (santé, éducation, recherche, Poste, etc) ou dans des entreprises privées confrontées aux restructurations et suppressions d'emplois, confirment la nécessité de l'unité pour construire les rapports de force.
La journée de grèves et de manifestation du 19 mars permettra de se faire entendre avec encore plus de force face à un gouvernement qui fait la sourde oreille face aux revendications légitimes pour l'emploi, les salaires, les services publics. Le Front de Gauche est totalement solidaire de cette mobilisation et appelle à tout faire pour en assurer le succès.