Ce sont les rumeurs inadmissibles lancées contre Martine AUBRY qui m'amène à réagir aujourd'hui. Dans cette situation au travers de laquelle nous retrouvons quelques similitudes avec des comportements connus sur la blogosphère locale, ce n'est pas à la Femme politique que je m'intéresse aujourd'hui mais à ma contemporaine et à sa Famille qui méritent comme nous tous le respect de leur vie PRIVEE n'en déplaise à la poignée d'énergumènes dont le seul moyen d'agrémenter une vie sans saveur est de "débiner" les uns et les autres, rabougris à longueur de journée derrière leur unique centre d’intérêt : Un clavier d'ordinateur !
Le texte qui suit est largement inspiré du remarquable éditorial de Laurent JOFFRIN paru hier dans le nouvel observateur, vous en trouverez le lien en conclusion...
Ainsi donc, il faudrait désormais imposer à la vie publique une totale transparence, qui permettrait seule au citoyen de juger en connaissance de cause ses représentants ou responsables politiques. Etrange folie qui saisit une partie de l’opinion, alimentée par les enragés de la curiosité malsaine et par les libertaires du Net qui ne sont, en l’espèce, que les agents involontaires d’une nouvelle tyrannie.
Briser le mur de la vie privée et colporter les rumeurs les plus folles, c’est pourtant ce que les croisés de la transparence nous somment de faire désormais. En France, la loi protège à juste titre la vie privée des citoyens, qu’ils soient puissants ou misérables. L’actualité britannique nous offre l’exemple des extrémités auxquelles conduirait l’abolition de cette disposition protectrice. Le groupe dirigé par les Murdoch, père et fils, qu’on présente comme des magnats de la communication et qui sont surtout des voyous de la presse, vient d’annoncer la fermeture du peu reluisant "News of the World" hebdomadaire le plus trash de Grande-Bretagne, qui succombe à un scandale national. Certains reporters de magazine ou "administrateurs" de site internet, malgré des coups de semonce répétés, ont utilisé des moyens honteux et illégaux pour se procurer une série de scoops mensongers juteux portant sur la vie privée de célébrités, de politiques ou bien sur celle de victimes de faits divers.
Les margoulins les plus impudents trouvent toujours pratique de s’abriter derrière les principes de la liberté de la presse ou d'expression. Les journalistes, les Femmes et Hommes politiques ou blogeurs sérieux, qui sont l’immense majorité, n’ont aucun avantage à se déclarer solidaires de ceux qui déshonorent leur profession ou leur activité sauf à prendre le risque d'un bain de boue qui pourrait les conduire en "enfer".
L’adoption en France du principe de transparence de la vie privée aboutirait au même résultat, c’est-à-dire au développement d’une presse papier ou numérisée ultra-sordide et ultra-rentable. Veut-on que la vie personnelle des responsables politiques (respectueux des lois), ou bien celle des familles de victimes, soit désormais espionnée à l’aide d’écoutes téléphoniques, de pièges tendus par des journalistes déguisant leur identité, de fonctionnaires municipaux peu respectueux de leur statut balançant à l'extérieur de la maison commune et dans le dos de nos élus des informations confidentielles ou d’enveloppes de billets remises à des délateurs intéressés et pourris ?
Nous sommes revenus aux années trente, la leçon vaut tout autant pour Internet, où sévit une idéologie libertaire irresponsable. En stigmatisant les rumeurs répandues par des sites de délation et de calomnie, Martine Aubry a mis le doigt sur une plaie béante et puante. L’absence quasi-totale de régulation sur le Net, qu’on présente comme le nec plus ultra de la modernité, nous mène en fait à une régression certaine. Alors que les sites d’information dignes de ce nom s’astreignent à une certaine rigueur déontologique, une myriade d’émetteurs louches et crades propagent sans retenue les accusations les moins vérifiées et les calomnies les plus immondes.
Nous sommes revenus à la glauque irresponsabilité des années trente, quand proliféraient les pamphlets orduriers et les feuilles de chantage. Même numérisée, la boue reste de la boue. Or si la législation pose le principe de la liberté d’expression, elle proscrit aussi son abus, qui est constitué en cas de diffamation ou d’injure publique, sur le Net ou ailleurs. La législation doit s’appliquer (intelligemment) à tous ceux qui s’expriment publiquement, seraient-ils dissimulés derrière des ordinateurs, à l’abri d’un anonymat qu’on avait pourtant pris l’habitude, depuis l’ancienne expérience de l’Occupation et de son torrent de dénonciations aveugles, de stigmatiser. Trop souvent le pépiement du tweet se ramène au croassement d’un vol de corbeaux.
Dans ce domaine comme dans les autres, c’est la loi qui libère et c’est la liberté sans principe qui opprime.
Il est donc temps de poser publiquement ce problème avec justesse et détermination et de poursuivre sans états d'âme les délinquants et leurs complices qui ont un dénominateur commun : La lâcheté !