Mon parcours


Le samedi 11 juin 2011, des salarié-e-s du Carrefour Market de Poissonnière à Paris étaient en grève. A l’entée du magasin, plusieurs syndicalistes se postent avec tracts et drapeaux pour faire entendre leurs voix. Les salarié-e-s exaspéré-e-s défendent leurs revendications. Parmi elles, l’augmentation du salaire de 40€ pour être payé à niveau égal que leurs collègues des hyper-marchés ainsi que d’avoir le droit d’une part à un ticket resto par jour et d’autre part, que celui-ci soit également augmenté car avec seulement 4€, il est clair qu’on ne mange pas.


Ils nous carottent, carottons-les !
Pendant ce temps, Carrefour est une enseigne qui se gave sur le dos de ses salariés, sur le dos des fournisseurs et sur celui des consommateurs ! En effet, les bénéfices de ce géant de la distribution n’ont cessé d’augmenter pour atteindre +11,3% soit un bénéfice record de 282 millions d’euros. Cela a été possible en augmentant le prix des produits de première nécessité que les consommateurs ont de plus en plus de mal à obtenir. Selon « 60 millions de consommateurs » les prix ont scandaleusement augmenté depuis 2008 : Le pain a augmenté de 7%, le beurre de 8%, la farine et le café de 20%. Ensuite, en mettant une forte pression sur ses fournisseurs pour imposer un prix bas, ce qui contraint beaucoup d’agriculteurs à vendre à perte ! Oui, vendre à perte ! L’exploitation n’a plus de limite ! Pour résumer, les grands groupes comme Carrefour, Leclerc et Auchan, pillent… pardon… achètent à bas prix aux fournisseurs pour ensuite racketter… heu… revendre aux consommateurs au prix fort. Ainsi ils sont gagnants sur tous les tableaux.

C’est pourquoi, l’Appel et la Pioche avec Leïla Chaibi (secrétaire Nationale du Parti de Gauche) a organisé une action dans ce Carrefour Market. Des militants de l’association, du Parti de Gauche et des syndicalistes sont entrés un par un dans le magasin. Chacun faisait semblant d’y faire ses courses. Cependant, à force de nous voir, le vigile à eu la puce à l’oreille et dit d’un air inquiet à son collègue « Il y a trop de gens que je ne connais pas ici ». Puis les caméras d’I-télé et les micros de France Inter sont rentrés. A 13h10, l’action commence. Tout le monde se réuni devant les caisses pour ouvrir les produits qu’ils ont pris et faire un « pique-nique réappropriateur ». Nous avons alors partagé de la charcuterie, des boissons, des fruits, des légumes et même des bonbons en criant des slogans tels que « Ils nous carottent, carottons les ! » ou bien « Ils se gavent alors gavons-nous ! » en brandissant des carottes en l’air. Nous en avons offert aux clients qui passaient. Tout le monde était étonné et même amusé par cette action… sauf les responsables. Mais que pouvaient faire deux ou trois vigiles et un responsable face à plus d’une vingtaine de militants et de grévistes ? Et bien, ils ont appelé la police.

Quatre camions de police sont donc arrivés un quart d’heure plus tard pour bloquer les sorties du magasin avec leurs boucliers anti-émeute. A la fin de l’action, nous avons tout rangé. Au final, nous n’avons pas consommé beaucoup de produits, car le but n’était pas de piller le magasin mais de faire une action symbolique. J’ai d’ailleurs appris à cette occasion que la loi, grâce à l’article 1587 du code civil, permet au consommateur de goûter un produit avant de l’acheter… Bref, à la sortie, après quelques minutes de tension avec la police et les responsables (qui commençaient déjà à évaluer le montant des « pertes »), nous nous sommes mis à chanter pour passer le temps et détendre l’atmosphère. Deux élu-e-s du Parti de Gauche étaient présent-e-s pour nous soutenir : Danielle Simonnet, conseillère de Paris et Eric Coquerel, conseiller régional d’Ile-de-France. Le plus marrant est quand même lorsque le chef de police est arrivé. Quand il a vu le responsable qui était encore sous le choc et paniqué, il lui a dit : « Bon mais, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont mangé deux trois fruits et légumes ? ». On sentait franchement que les flics étaient blasés. On sentait qu’ils se demandaient pourquoi ils étaient là ! Au bout d’une heure d’attente inutile, un responsable de la police a procédé à un « contrôle » d’identité… Je mets bien des guillemets car il griffonnait les noms des militants sur un vieux bout de papier et il a juste mis un peu la pression à un photographe qui n’avait ni sa carte de presse, ni sa carte d’identité et qui voulait sortir. Au final il a juste pris son nom. Moi non plus je n’avais pas ma carte d’identité ! C’était bien la première fois que je l’oubliais ! Mais au final, le flic a regardé ma carte imagin’r et m’a demandé ma date et mon lieu de naissance. Personne n’a été embarqué, tout le monde a été libéré sans problème.

Voilà ! Tout est bien qu’il faut continuer de lutter pour obtenir gain de cause ! L’argent existe et on sait où il est ! Le comportement de la grande distribution est irresponsable et catastrophique économiquement et socialement. C’est pourquoi il est urgent de partager les richesses et instaurer des règles pour un commerce juste et respectueux de tous. La dérégulation est synonyme de la loi du plus gros et du plus fort, on en a la preuve !

Source : Blog de Lucas Gomez




 


Permalien Guy Queytan avec Istres | Commentaires (6) | Rédigé par Guy Queytan avec Istres le 13/06/2011 à 11:39


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