Les Jeunes Radicaux

Retour sur la polémique autour de la laïcité



Retour sur la polémique autour de la laïcité
1902 marqua l’arrivée au pouvoir d’Emile Combes, illustre radical, et l’avènement d’un mouvement de laïcisation de la société. Mais, c’est le 9 décembre 1905 que fut adoptée une véritable loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat sur la base du rapport Briand. Elle mit fin au Concordat Napoléonien en organisant la séparation entre l'Etat et les trois cultes reconnus d'alors : le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme. On donc assisté à une stricte séparation entre le domaine privé et le domaine public.

Il s’agit ici de réaffirmer que tous les individus sont égaux face au culte mais plus encore que la pratique et les croyances religieuses doivent être réservées au domaine privé. Très attachés à la laïcité, nous souhaitons, par le présent billet, faire connaître notre point de vue sur les derniers propos du chef de l’Etat. Plus précisément, nous inclinons à penser que Nicolas Sarkozy, lorsqu’il dit que « Dieu n'asservit pas l'homme, mais (qui) le libère. « Dieu » (qui) est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes», empiète sur la ligne jaune.

Tout d’abord, à propos de quelques considérations d’ordre philosophique, si « Dieu » est « le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes », il ne peut les libérer : un rempart n’a jamais été synonyme de liberté. De surcroit, l’extrapolation de notre Président, « rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes », nous laisse à penser que l’homme par nature aurait plus « de penchant pour le mal que pour le bien » ! Il va de soi que nous ne nous accordons pas sur cette posture puisque l’homme est un « homme de culture », c’est-à-dire de progrès. La nécessité de la vie en société s’est avant tout imposée à l’homme pour qu’il puisse dompter la nature.

Ensuite, sans tomber dans des critiques stériles et un langage abscons à l’instar de Mme Royal, nous sommes moins choqués par le constat de l’émergence d’une société anomique, conséquence du recul du religieux, que par le second rôle que semble accorder Nicolas Sarkozy à l’école dans la prévention des comportements déliquescents. En effet, c’est un lieu commun que d’affirmer la dilution des valeurs dans la société à la suite de la l’effritement des sentiments positifs à l’égard de la religion. Cependant, si cette crise des valeurs s’est installée durablement c’est avant tout parce que l’école n’a pas su s’imposer comme un vecteur efficace de diffusion de valeurs nécessaires au vivre ensemble.

Aussi, vous l’aurez compris, la seule chose qui puisse être, de notre point de vue, un rempart contre les comportements malséants est l’école. Plutôt que de faire référence à la religion nous aimerions voir Nicolas Sarkozy exalter l’action des instituteurs de la IIIème République ; nous aimerions l’entendre appeler, avec courage, au dépassement de la figure de l’enseignement soixante-huitards attardés pour qu’enfin des valeurs de respect et d’autorité refassent surface au sein de nos écoles.

Le rôle de l’Etat, et de son chef, n’est pas d’affirmer ce que peut apporter ou non la religion mais de redonner toute son importance à l’école qui, elle, doit être un rempart contre la perte de repères et l’aggravation des comportements inciviques à l’œuvre dans nos sociétés.

Mercredi 23 Janvier 2008
jeunes radicaux

Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable


Dans la même rubrique :

|1| >>

Actualités | Organisation | Programme | Publications