Sous l'impulsion d'Hubert Zoutu, président de la commission de coopération décentralisée, nous avons signé, en novembre dernier, une charte d'amitié et de coopération avec la commune de Bohicon ( 120 000 habitants ). Dans cette commune, l'accès a l'eau potable n'est possible que pour une fraction de la population. D'un trou creusé dans le sol, donnant accès à des chambres souterraines, on doit hisser, en se relayant de main en main, chaque bassine d'eau, à l'aspect bien peu engageant...
Les femmes parcourent parfois 15 kilomètres pour ramener sur leur tête la bassine d'eau quotidienne qui pourvoira aux besoins du ménage. Or, cette eau dont la couleur sur la photo - est souvent gravement polluée et les maladies liées à la consommation d'eau impropre se multiplient. Ces femmes nous ont dit leur lassitude, leur peur devant les rencontres de reptiles sur le parcours qui mènent au puits, le manque à gagner pour le travail aux champs et la difficulté de faire face à leurs tâches ménagères lorsque la corvée d'eau quotidienne prend la majeure partie de chaque matinée...
Inutile de dire l'espoir et l'attente que fait naître le projet de la CASE. Un espoir que nous n'avons pas le droit de décevoir, malgré les nombreux obstacles qui restent à franchir dans la réalisation du projet. Hubert Zoutu et Jean Claude Courant, président et rapporteur de la commission de coopération décentralisée ont pris la mesure de ce contrat de confiance qui unit la CASE avec Bohicon et ses habitants.
Le projet consiste à créer un forage dans une nappe phréatique non polluée, d'installer une pompe, de construire un chateau d'eau de 60 mètres cubes, un système de chloration, 12 kilomètres de canalisation pour desservir cinq quartiers ( villages ) de Bohicon pour 9 400 consommateurs d'eau. Le budget de cette opération se monte à 275 000 euros, cofinancés par l'Etat, la Région, l'Agence de l'Eau et la Fondation Véolia. Bien entendu, nous collaborons étroitement avec des partenaires béninois, en premier lieu la mairie de Bohicon, dont le maire, M. Luc Atropko, s'est personnellement engagé dans la réussite de ce projet, avec tous ses collaborateurs et techniciens. La maitrise d'ouvrage du projet est confiée à une association, le Collectif Tiers Monde, dont le correspondant local est Monsieur Théophile Dalmeida.