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Origine du nom : Ventabren

Village provençal perché à 280m d'altitude, Ventabren embrasse d'un regard la basse vallée de l'Arc. Ainsi juché il appelle à déambuler dans ses rues, ses venelles, sa Grand' Rue, sa rue Rumpo-Cuo.


La lumière du soleil qui inonde à midi les façades... Place de l'Eglise
La lumière du soleil qui inonde à midi les façades... Place de l'Eglise
Se laissant porter par l'histoire, l'on a l'impression que le temps s'est arrêté afin de nous faire apprécier la quiétude, la lumière du soleil qui inonde à midi les façades de charmantes maisons derrière lesquelles se dissimule le passé, se vit le présent, et où se bâtit l'avenir - bref, il fait bon vivre à Ventabren.

Passionné par l'archéologie, j'ai voulu tenter de découvrir l'origine du nom de notre village. Celui-ci se prête à de nombreuses propositions (parfois tirées par les cheveux). Mes recherches m'ont conduit sur plusieurs interprétations, et à mon sens, ce sont les dernières qui me semblent les plus plausibles.

Interprétations - Rappels historiques

En 1902 quartier Bonsfils sont découverts deux cippes (stèles funéraires) [1] portant respectivement le nom de la défunte "VENITOUTA" et de son défunt mari "VECTITOS BIRACIOS".
Ces deux monuments lapidaires sont datés du 1er siècle avant notre ère [2]. Certains auteurs de l'époque ont voulu, un peu trop facilement, attribuer à cette épouse Gauloise "VENITOUTA" l'origine du nom de Ventabren !
Les sépultures de ce couple, et de notre illustre inconnue (à notre connaissance) VENITOUTA sont plutôt à situer dans une vaste nécropole Celto-Ligure, qui au hasard de travaux, nous ont livré de nombreux éléments lapido-épigraphiques, à savoir quartiers : les Bonfils, Peyre-Plantade (= pierre plantée !), Maralouine, et le ruisseau du Malvallat de Ventabren-Coudoux.

En 1863 [3], aux quartiers du Four et de St. Louis, lieu dit: "Fons-Vicari", sont découverts fortuitement des vestiges Romains.
Pour certains ils sont attribués à un temple, pour d'autres c'est l'emplacement de l'antique "VENTABRENUM" !
Facilement, on exploite les racines celtiques, "Venta" = demeure, et "Bren" = du chef, donc demeure du chef. Ainsi le fondateur de notre village s'est installé en ces lieux !

Pour d'autres, encore "Fons-Vicari" est de source latine "VICARIUM" c'est-à-dire la résidence de "PROEFECTI-VICARIUS" Préfet Romain nommé "VICARIUM" ? nous avons donc deux locataires pour un même lieu.
Nous pensons que "Fons-Vicari" n'est qu'une abréviation, tout simplement, de Fontaine du Vicaire [4], prêtre de notre paroisse. Il avait le droit, le privilège d'y puiser son eau.

Les vestiges Romains exhumés dans les deux secteurs, appartiennent à une "villae" Gallo-Romaine du 1er siècle après J.C. (sondages archéologiques effectués). Il s'agissait d'un vaste ensemble confortable, agrico-rural, regroupant autour du maître des lieux ou de son régisseur, plusieurs corporations afin d'assurer l'exploitation du domaine.  D'ailleurs nous avons reconnu l'emplacement d'une seconde villa sur la commune.

Ces découvertes du 19e siècle ont été relatées par des hommes, certes de sciences, aidés des matériels archéologiques rigoureusement vrais, pourtant l'étude scientifique de l'époque, faute d'études comparatives, demeurait un peu fantaisiste.
Il n'est pas inutile de rappeler que la science du passé n'était réservée qu'à une élite de la société. Avec les moyens mis à disposition aujourd'hui, l'archéologie nous permet de faire la part de ce qui doit être admis, et d'essayer de replacer rigoureusement toutes découvertes dans son contexte historique.

Nous en arrivons donc à nos HYPOTHESES LES PLUS PROBABLES pour l'origine du nom de Ventabren.

Nous n'avons pas l'exclusivité du nom Ventabren [5], en effet il est appliqué à une montagne des Alpes-Maritimes et des Alpes de Haute Provence, au Mas de Ventabren aux Saintes-Maries de la Mar, et à un lieu dit dans le Vaucluse.

D'après Ch. Rostaing [6] les formes anciennes du nom apparaissent en 1145 pour "VENTABRAN", lieu où souffle un brin de vent.

J.P. Clébert [7] décrit : "le majestueux éperon de Ventabren battu par les vents où il y "vente bien"."


F. Vérany [8] compare la position de notre village à un butoir, une exposition à tous les vents. En observant les armoiries de Ventabren, on observe qu'elles sont constituées d'une haute montagne en forme de butte, établie sur une rivière, le tout chargé d'un soleil d'or.

Si Ventabren s'est ainsi perché, c'est que dans la fournaise guerrière du haut Moyen-Age, la position "haute" assurait la surveillance des environs, permettant de contenir une offensive, d'assurer sa défense et cela permettait aux habitants de se refugier autour du maître fort, puissant seigneur du château.

Revenons sur le blason du village, deux symboles sont riches de sens. Le soleil et l'eau, tout deux éléments indispensables pour la vie, mais aussi pour la maturité des récoltes céréalières, blé, orge, etc... aliments de base depuis la plus haute antiquité.
Ces céréales moisonnées, encore fallait-il les rendre consommables, d'où la nécessité de créer des aires de "battages" pour éventer, séparer le "son du grain". En témoignent d'ailleurs les "aires bien calées" des quartiers : des Bonsfils et du moulin à vent (ancienne éolienne).
a cet égard notre ami Raoul Honnorat, une des "mémoires" de notre village, m'a signalé l'existance, dans le passé, de l'emplacement de plusieurs aires : La Verquière, Les Méjeans, D. 64 (av. Charles de Gaulle).
D'autres lieux destinés à ces travaux agricoles ont certainement disparu par la poussée démographique. Par exemple le plateau "bien ventilé" devait être un endroit idéal. Malgré l'apparition des moulins à vent en Provence en 1105, Ventabren n'en a point de traces.

Jean-Pierre Musso, auteur de cet article
Jean-Pierre Musso, auteur de cet article
Voilà quelques proposition qui me semblent les plus plausibles. Il est difficile de dissocier Ventabren du vent, ce fort courant d'air qui dans le passé, assainissait nos rues et favorisait les tâches agricoles.
Par fort Mistral, promenez-vous dans notre village, vous comprendrez que maître "EOLE" y a tout son sens.


J.P. MUSSO

Conseiller technique (bénévole) du patrimoine
de Ventabren


Références bibliographiques:

[1] conservées - Musée d'Archéologie Méditerranéenne N°8239 ET 8240
[2] Michel Lejeune, épigraphie Gauloise-Coudoux. R.A.N.T.X 1977. Ibib, Gallia T. 41. Fasc. 1 (1983)
[3] Statistiques des B. du Rh.
[4] E. Durin, Ventabren autrefois
[5] Ch. Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (1950)
[6] Ibib
[7] J.P. Clébert, Guide de la Provence mystérieuse (1972)
[8] F. Vérany, Ventabren - Roquefavour (Rééditon 2006)


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