Vendredi 04 Juillet 2008
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9 mai: journée de l'Europe. Quelques fragments

Pour marquer la journée de l'Europe, nous avons choisi quelques fragments de l'œuvre essentielle de Robert Schuman, "Pour l'Europe" , auxquels nous joignons bien entendu sa fameuse Déclaration du salon de l'Horloge.



9 mai: journée de l'Europe. Quelques fragments
"Le Français sait lancer de grandes idées, parfois des idées révolutionnaires; mais il n'aime pas rompre avec ses habitudes. Celles-ci sont, pour lui, comme une garantie de la liberté et de l'indépendance. Il aime à dire: «Charbonnier est chez soi». Ce dicton était valable tant qu'il dans nos forêts des charbonniers. Mais l'ère de ces honorables spécialistes est dépassée,irrévocablement révolue. Etre jaloux de son indépendance est naturel et légitime. Mais on n'est réellement indépendant que dans la mesure où l'on besoin d'autrui, et si, comprise dans ce sens, l'indépendance devient une cause de faiblesse, notre intérêt veut que nous nous résignions à l'abandonner. Le «splendide isolement» est devenu erreur, une prétention insoutenable.

La loi de la solidarité des peuples s'impose à la conscience contemporaine. Nous nous sentons solidaires les uns des autres dans la préservation de la paix, dans la défense contre l'agression, dans la lutte contre la misère, dans le respect des traités, dans la sauvegarde, de la justice et de la dignité humaine.

Les continents et les peuples dépendent plus que jamais les uns des autres, tant pour la production des biens que pour leur débit, tant pour l'échange des résultats de la recherche scientifique que pour celui de main-d'œuvre indispensable et des moyens de production. L'économie politique devient inévitablement une économie mondiale.

Cette interdépendance a pour conséquence que le sort heureux ou malheureux d'un peuple ne peut laisser les autres indifférents. Pour un Européen qui réfléchit, il n'est plus possible de se réjouir avec une malice machiavélique de l'infortune du voisin; tous sont unis pour le meilleur et pour le pire dans
une commune destinée.

Ces idées devront être popularisées par l'école et par la presse ; elles ne sont le monopole d'aucun parti. On ne saurait trop le répéter : l'unité de l'Europe ne se fera ni uniquement ni principalement par des institutions européennes; leur création suivra le cheminement des esprits. D'où l'importance d'une libre circulation des idées et des hommes entre les pays européens ; les pays qui s'y refusent par principe, s'excluent eux-mêmes de l'Europe. En formulant ce principe, nous ne méconnaissons nullement le souci raisonnable de la sécurité, les précautions temporaires à prendre contre le chômage, la nécessité de sauvegarder le secret professionnel, la propriété littéraire et artistique.

Ce que nous réprouvons, c'est le protectionnisme systématiquement pratiqué au détriment d'un libre échange qui signifie émulation, sélection automatique, et confiance.

Supprimer les barrières n'est pas tout; il faut organiser la coopération. Celle-ci suppose avant tout la multiplicité des contacts personnels; échanges et stages, congrès et voyages d'études, expositions, tournées, rencontres de jeunes manuels et intellectuels.
Les publications littéraires, artistiques et scientifiques seraient à rendre plus accessibles de part et d'autre, leur prix est parfois prohibitif. L'utilisation des bibliothèques publiques et privées serait à faciliter. Certaines recherches scientifiques devraient être organisées et financées en commun, lorsque les ressources nationales n'y suffisent pas ou se dispersent inutilement.
La désintoxication des manuels d'histoire est une des premières nécessités. Elle n'est en contradiction ni avec la liberté de pensée et d'expression des adultes, ni avec le véritable patriotisme qui doit être enseigné à la jeunesse.
Sous prétexte de servir le sentiment national et le culte d'un passé glorieux, on méconnaît souvent le devoir d'impartialité et de vérité: on croit devoir faire systématiquement l'apologie de ce qui a été perfidie, exploitation cynique de la force et de la terreur; on impute trop souvent les torts à la nation rivale.
On devrait, au contraire, enseigner les causes profondes des antagonismes qui ont déchiré l'humanité; l'absurdité des sacrifices que tant de guerres dynastiques et idéologiques ont imposés aux peuples qui ont fait les frais des ambitions frivoles et du fanatisme.
D'autre part, il y a lieu de faire ressortir, de mettre en valeur la réelle communauté d'idées et d'aspirations qui a toujours existé entre les nations à des degrés divers et qui a été étouffée par les passions suscitées et exploitées.
Si dans cet exposé de l'histoire, il est juste de faire une place aux aspirations et aux valeurs nationales, notamment au besoin d'unification nationale, il faudrait cesser d'y voir principalement la lutte, autour des frontières politiques ou la rivalité entre les races; car ramener le sens de l'histoire à ces deux notions, c'est aboutir au nationalisme ou au racisme. Au-dessus de ces contingences et de ces compétitions qui, jusqu'ici, ont déterminé le cours de l'histoire, il y a les affinités et la communauté d'intérêt qu'il nous appartient de dégager dans le passé comme virtualités de l'avenir.
Sans vouloir rétrospectivement corriger l'histoire, nous nous refusons au fatalisme qui se résigne à une inévitable alternance des épreuves de force.
L'enseignement doit prédisposer l'élève à une vision moins pessimiste, plus constructive, de l'avenir."



Déclaration de Robert Schuman (9 mai 1950)

Messieurs,
Il n'est plus question de vaines paroles, mais d'un acte, d'un acte hardi, d'un acte constructif. La France a agi et les conséquences de son action peuvent être immenses. Nous espérons qu'elles le seront. Elle a agi essentiellement pour la paix. Pour que la paix puisse vraiment courir sa chance, il faut, d'abord, qu'il y ait une Europe. Cinq ans, presque jour pour jour, après la capitulation sans conditions de l'Allemagne, la France accomplit le premier acte décisif de la construction européenne et y associe l'Allemagne. Les conditions européennes doivent s'en trouver entièrement transformées. Cette transformation rendre possibles d'autres actions communes impossibles jusqu'à ce jour. L'Europe naîtra de tout cela, une Europe solidement unie et fortement charpentée. Une Europe où le niveau de vie s'élèvera grâce au groupement des productions et à l'extension des marchés qui provoqueront l'abaissement des prix.
Une Europe où la Ruhr, la Sarre et les bassins français travailleront de concert et feront profiter de leur travail pacifique, suivi par des observateurs des Nations Unies, tous les Européens, sans distinction qu'ils soient de l'Est ou de l'Ouest, et tous les territoires, notamment l'Afrique qui attendent du Vieux Continent leur développement et leur prospérité.

Voici cette décision, avec les considérations qui l'ont inspirée.

Lire la déclaration




« »



1. Posté par Bernard Le Godais le 09/05/2008 15:53
Bravo pour votre courage d'oser parler ainsi de Robert Schuman !
Ce personnage qui a fondé l'Europe est aujourd'hui de moins en moins connu. Cependant, il est le seul qui puisse encore relever l'Union Européenne et ses pauvres institutions qui la composent. Elle est devenue moribonde, épuisée, meurtrie, défigurée; Mais pourquoi donc ?

Il faut savoir que l'UE a été victime autrefois d'un MENSONGE destructeur qui s'est poursuivi en s'aggravant au fil du temps et qui la conduit inexorablement à sa ruine. Ce mensonge appartient à l'histoire. Dans les mémoires de Vincent Auriol on peut y lire un message qu'il adresse le 14 septembre 1951 à son ami Edouard Herriot, laïciste et anticlérical comme lui : .

" Je demande que Schuman n'ait pas les affaires étrangères. Mais si cela peut paraître aux Américains une renonciation européenne à cause du Pool, il faut dire que c'est l'œuvre de Monnet. »

Ce mensonge fut probablement inconnu de Jean Monnet et de presque tous les citoyens, MAIS il a été habilement exploité par son entourage. Ce fut la plaie dévastatrice, la tumeur qui ronge l'UE. Celle-ci a alors géré ses institutions en délaissant totalement l'ESPRIT, l'IDEE EUROPE, qui est à la base même de l'édification de l'Europe telle qu'elle fut conçue par son UNIQUE Père Fondateur.

Un exemple récent est le nouveau MENSONGE, ENORME lui aussi, accueilli par les plus grands personnages et les plus petits citoyens de ce monde, celui qui a annoncé d'une façon tonitruante que l'Europe était née voici 50 ans par la signature du Traité de Rome. C'est absolument FAUX,
un MENSONGE MEURTRIER. On a dépensé des millions d'Euros et berné des millions de gens L'Europe, la Véritable, est née par le Traité de Paris le 18 Avril 1951. Je le tiens à la disposition de ceux qui souhaiteraient en recevoir le préambule et le texte.

Je vous remercie du fond du cœur au nom du Mouvement Pro Europa. Son but est de faire propager l'Idée Europe de Robert Schuman, seule capable de la rétablir dans l'état qu'elle avait à sa naissance. Vous le faites admirablement. Merci encore !

Le président-fondateur de Pro Europ n'est pas un escroc comme certain le publie non loin de votre site. Il n'est qu'un ancien prisonnier de guerre. Il revient d'ailleurs tout juste du Stalag XB à Sandbostel, le camp de l'horreur, où il a créé voici quatre ans une section Pro Europa. Celle – ci se développe très bien. Son objectif est d'y installer un Centre de Réconciliation.

Il sera ouvert à tous, de toutes nations, cultures langues, ethnies, philosophies, religions, bref à tous ceux qui, quoique très différents comme l'étaient autrefois les milliers de martyrs de la barbarie nazie, qui reposent là près d'eux dans leur éternité bienheureuse.

Ces privilégiés écouteront le message de Paix et d'Amour de ces martyrs qui émane de ce lieu unique, Dans un silence surnaturel, cette voix des martyrs d'outre-tombe renforcera alors celle de leur propre conscience. Ils sauront encore mieux discerner le Bien du mal et choisir l'Idéal du DON DE SOI qui les propulse vers les autres . Ces gens nombreux, des centaines de millions en Europe, qui croient que l'AMOUR est plus fort que la haine sont invités à venir quelques jours au camp de la mort à Sandbostel pour ENSEMBLE redonner VIE à l'EUROPE sous le vocable de Robert Schuman .

Bernard Le Godais

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