Lamentable entre deux- tours. C'est un terme bien faible pour qualifier les manœuvres, coups bas, attaques dont des candidats ont fait preuve sans complexes apparents, dans les grandes villes notamment. Comment répondre à tous ces messages qui en disent long sur l'écoeurement des électeurs et notamment à cette dame qui m'écrit ceci « Vous nous dites que l'idéal politique existe. Quand vous voyez ces candidats qui se dénient et se déchirent pour un bout de pouvoir, continuez-vous d'y croire ? »
Ils ont bien raison d'être en colère. C'est aussi ce qu'ils ont voulu manifester, que ce soit en s'abstenant encore plus qu'au premier tour (*) ou dans les urnes, n'en déplaise aux personnalités invitées sur les plateaux de télévision qui se gardent bien d'invoquer ce point dans leur interprétation des résultats. On parle d'“équilibrage et d'appel à continuer les réformes pour les uns”, de “sanctions” pour les autres. Surtout, on retombe aussitôt dans le mauvais travers de la dialectique politicienne. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Que répondre à cette dame sinon que c'est maintenant que tout commence.
Travaillez avec vos élus. Ils ont suffisamment argué de l'intérêt qu'ils vous portent et de leur attachement à la « démocratie participative ». Les projets qui vous intéressent étaient aussi les leurs. Saisissez la balle au bond. Rejoignez une association, créez en une s'il le faut. Ce sont elles qui sont à la base des meilleurs projets. Mais ne les laissez pas tranquilles. Faites-le avec intelligence et doigté. S'il le faut, apprenez à mieux communiquer. Ne tombez pas dans le travers de la critique systématique. Pratiquez l'éthique de l'écoute et de la discussion. Soyez positifs. Penchez vous sur les dossiers. On ne défend bien que ce que l'on connaît.
En bref, ne faites pas comme beaucoup de français qui « s'en lavent les mains » au lendemain du deuxième tour. Ce sont eux qui fabriquent « les princes » de la politique. Pourtant, ils sont bien rares ceux qui n'ont pas éprouvés la première flamme de l'engagement.
N'attendons pas les prochaines élections pour essayer de la faire revivre. Et pensons aussi à entretenir la nôtre !
(*) Abstention : 34,80% (chiffre définitif)