Comme nos querelles communautaires autour de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde paraissent bien dérisoires au regard de ce que vivent actuellement les Birmans, les Palestiniens, les Irakiens ou encore les Congolais ! Ces derniers ne se sont d'ailleurs pas gênés, lors de la récente visite officielle des ministres Karel De Gucht, Pieter de Crem et Charles Michel, pour le leur signifier, eux qui se débattent avec des problèmes bien plus importants que les nôtres et doivent composer avec des dizaines d'ethnies différentes. Des enfants gâtés, voilà comment nous apparaissons aux yeux des habitants de l'hémisphère sud, et non sans raison. Il faut effectivement avoir des préoccupations bien superflues pour se prendre la tête avec des questions aussi futiles que BHV et ne même plus avoir conscience qu'elles le sont.
Pourtant, il faudra bien que nous sortions de cette impasse et trouvions une solution qui satisfasse tout le monde, francophones comme néerlandophones. Surtout qu'à entendre les spécialistes, il existe des pistes pour mettre fin à cette crise. Mais nos politiciens ont-ils vraiment la volonté d'y parvenir ? Se rendent-ils compte que les habitants de ce pays en ont marre de ces disputes incessantes et qu'ils aimeraient qu'on s'occupe enfin de leurs vrais problèmes ? Car, contrairement à ce que pourraient faire penser les débats actuels à la Chambre, ceux-ci ne manquent pas et mériteraient qu'on s'y attelle sans tarder. Hausse du prix du pétrole, diminution du pouvoir d'achat, crise financière, déficit budgétaire, augmentation du chômage et des inégalités sociales, vieillissement de la population, qualité de l'enseignement, sanspapiers, menaces terroristes, environnement... La liste est longue et pourrait encore s'allonger, si néerlandophones et francophones continuent leur petit jeu. Les uns, en profitant de leur puissance numérique pour imposer leur volonté ; les autres, en refusant de prendre en compte les attentes de l'autre communauté, comme si celles-ci étaient forcément injustifiées.
En effet, quelle politique efficace et sérieuse peut-on mener dans tous les domaines évoqués ci-dessus, quand onze mois après les dernières élections fédérales, on en est toujours à s'interroger sur les chances de survie du gouvernement Leterme Ier ? Il est d'ailleurs grand temps que le Premier ministre se ressaisisse et agisse enfin en véritable Homme d'État. Car il pourrait bien ne plus occuper très longtemps le 16 rue de la Loi et, qui sait, ne plus jamais réitérer son succès électoral de juin 2007. Ce que personne, au fond, ne lui souhaite vraiment !