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Mercredi 20 Août 2008
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Crise humanitaire: SOS pour l'Est du Congo
Quatre mois après l'acte d'engagement signé à Goma par 22 groupes armés congolais afin de mettre un terme à la guerre, la situation humanitaire est catastrophique. Il y a aujourd'hui plus d'un million de déplacés dans les provinces du Nord et du Sud Kivu
“Les déplacés ne cessent d'augmenter ; les enseignants travaillent à moitié car ils en ont assez de ne pas être vraiment payés, l'insécurité est de mise, surtout à Goma où il y a eu plusieurs attentats, sans parler des violences sexuelles et du banditisme. La présence de l'armée ne rassure pas, au contraire ! Je ne sais pas quel est l'avenir du Congo dans ces conditions... De surcroît, ici, la saison des pluies s'est terminée plus tôt qu'habituellement, ce qui laisse craindre une sécheresse“, constate avec angoisse une religieuse de Rutshuru, une des zones les plus touchées. 63 ONG congolaises et internationales lancent un appel à concrétiser d'urgence l'accord de paix de Goma et mettre fin aux souffrances de centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants. On se souvient qu'en 2007, de violents combats ont opposé l'armée et des insurgés, dirigés par Laurent Nkunda. Ce dernier, vraisemblablement soutenu par le Rwanda, se présente comme défenseur de la minorité tutsi au Congo et exige le rapatriement des groupes rebelles hutus rwandais, qui sèment comme lui, la terreur dans l'Est du Congo. Suite à la défaite cinglante de son armée, le Président Kabila a été acculé à négocier et a convoqué à Goma tous les groupes armés sévissant au Kivu,à l'exception des milices hutues rwandaises (FDLR), traquées par Nkunda. Le 23 janvier, au terme de plusieurs semaines de pourparlers, qui ont coûté la bagatelle de 6 millions de dollars, un accord de cessez-le-feu avait été signé avec les groupes armés congolais. Les belligérants devaient se retirer des lignes de front et permettre le retour des déplacés tandis que Kinshasa s'engageait à déloger lui-même les FDLR. Mais depuis lors, aucun groupe armé n'a cédé une once de terrain, les recrutements forcés d'enfants ont même repris de plus belle, en violation des engagements pris. Les Nations Unies ont recensé plus de 300 accrochages, des dizaines de civils ont été tués, des centaines de femmes et de filles violées, l'horreur des violences sexuelles est cauchemardesque, comme l'a dit Karel de Gucht à Kinshasa. Si dans certaines zones, les combats sont de moindre envergure que fin 2007, l'insécurité latente empêche les gens de rentrer et pousse d'autres à se déplacer. Nouvelles offensives
Récemment, au nord de Rutshuru, les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles hutus rwandais (FDLR) ont provoqué à nouveau des déplacements. “Le déploiement en tant que tel de l'armée a également poussé des populations à fuir de manière préventive. Et on s'attend à davantage de déplacements une fois que les opérations contre les FDLR commenceront réellement“, estime la porte-parole de la coordination humanitaire onusienne.
Loin de diminuer, le nombre de déplacés récents au Nord Kivu s'est encore accru de 80.000 depuis la conférence de Goma, fin janvier. L'ONU tire la sonnette d'alarme : faute de financements, les distributions de nourriture dans les camps ne peuvent plus être assurées comme prévu. “La malnutrition, le choléra, la malaria et autres maladies évitables sèment la mort à un rythme inquiétant“, constate l'association Human Rights Watch. Certains centres de dépistage et de traitement de la tuberculose ne fonctionnent plus, faute de médicaments ou suite à l'insécurité. Les groupes armés comme les militaires congolais continuent d'exploiter illégalement les ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le conflit, relève Human Rights Watch, qui plaide avec d'autres ONG auprès de la Communauté internationale pour faire nommer un conseiller spécial aux droits de l'homme dans l'Est du Congo. Car ces préoccupations étaient au coeur des engagements de Goma.
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Béatrice Petit
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