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Famille et éducation

Dans l’éducation des enfants, les parents doivent-ils être autoritaires ?

A la veille de la rentrée scolaire, le SEGEC (Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique) a organisé pour les enseignants son “université d'été”. Thème de cette journée à Louvain-la-Neuve : “L'École envahie”, ou comment l'école peut-elle remplir les nombreuses tâches nouvelles dont on la charge tout en poursuivant sa mission essentielle qui est d'enseigner ? Débuts de réponse avec Aldo Naouri, pédiatre nourri à la psychanalyse.
Quel rôle l'école doit-elle jouer vis-à-vis des enfants qui lui sont confiés ?




Aldo Naouri
Aldo Naouri
On confond l'éducation et l'instruction : l'école n'est pas là pour éduquer mais bien pour enseigner, c'est-à-dire dispenser des savoirs. En matière d'éducation, elle doit seulement parachever le travail dévolu aux parents. Les dénominations traduisent cette confusion. Ainsi en France, nous avons eu durant plus d'un siècle un ministère de l'instruction publique : il est devenu aujourd'hui ministère de l'éducation... L'être humain est le seul à devoir être éduqué, et le défaut actuel d'éducation a des conséquences importantes sur l'école et sa mission d'instruction : les élèves sont souvent pointés du doigt par les enseignants qui leur reprochent un manque de travail, de concentration, de participation, d'efforts... La communication entre l'élève et le professeur passe mal : aujourd'hui c'est comme si on parlait aux élèves une langue étrangère. À la maison, on leur a dit que tout leur était dû, alors ils hurlent quand on leur parle de travail et d'effort.


Qu'est-ce qui cloche aujourd'hui dans l'éducation ?

L'éducation est indispensable pour le développement de l'enfant, et il faut l'exercer très tôt. Car un bébé possède par nature des pulsions violentes : si on ne les contrarie pas, il devient tyrannique et impatient, et plus tard il aura du mal à devenir autonome. Or la frustration est nécessaire car elle suscite le désir, qui est source de vie. Le jeune enfant veut soumettre ses parents, et en particulier sa mère : il lui mène donc une vie impossible. Et aujourd'hui la mère, soumise à de grandes pressions tant maternelles que professionnelles, succombe bien souvent à l'entreprise de séduction que mène son enfant : au lieu d'avoir le courage de le frustrer, elle le comble en tout, car elle veut se faire aimer de lui. Or les parents ne doivent pas se mettre à terre devant leur enfant : ils doivent établir une relation verticale et non pas horizontale, et donc ne pas avoir peur de fonder leur autorité sur la hiérarchie. En frustrant un enfant, on ne le traumatise pas : au contraire, on l'aide à grandir. Les parents doivent comprendre qu'ils sont condamnés à être haïs ! Mon message se résume en cet appel : “Soyez parents”.


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Propos recueillis par Hubert WATTIER


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