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Joseph Stiglitz : une guerre à 3000 milliards de dollars
C'est le titre du tout nouveau livre de Joseph Stiglitz*, Prix Nobel d'économie en 2001
Cette guerre est celle que mène les Etats-Unis en Irak. Dès la sortie du livre aux Etats-Unis, ce chiffre a crée le débat mais Joseph Stiglitz le maintient. Il était l'invité de France Inter ce 15 mai.
D'après lui les chiffres ont été confirmés par de nouvelles études, notamment celle de la RAND Corporation , institution américaine à but non lucratif qui a pour objectif d'améliorer la politique et le processus décisionnel par la recherche et l'analyse.
39 % de ceux qui reviennent d'Irak seront handicapés. Les chiffres d'après Joseph Stiglitz seraient même maintenant de 45 voire 50% ! 30 % de ceux qui rentrent ont des syndromes post-traumatiques, le fameux PTSD.
A l'accusation faite aux Etats-unis d'avoir fait la guerre à l'Irak pour mettre la main sur son pétrole, Joseph Stiglitz souligne qu'au 21 siècle, les guerres sont différentes de ce qu'elles étaient au 19 ième siècle. A cette époque, on mettait la main sur les ressources du pays occupé et on en faisait ce que l'on voulait. Mais au début du 2O ième siècle, les Accords de la Haye stipulent que le pays occupant doit préserver les ressources du pays occupé pour les citoyens de ce pays. Le pétrole irakien ne pouvait donc pas être le pétrole américain. La guerre d'Irak était destinée à faire baisser le prix du pétrole. Mais l'ironie est que de 25 dollars le baril au début de la guerre, il est maintenant à plus de 125 dollars !
Economie : le mythe du découplage
L'économie américaine va passer en récession. Prétendre que l'Europe ne sera pas touchée est un mythe. Les problèmes ont été exacerbés par la Banque Centrale européenne (BCE) qui a soutenu l'Amérique. Les taux d'intérêts élevés en Europe alors que les taux américains baissaient ont renforcé l'Euro, ce qui est bon pour les exportations américaines et une source de renforcement de son économie mais rend bien entendu la vie beaucoup plus difficile.
L'euro fort rend impossible les exportations.
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Le coût de la crise des subprimes
Ce sera énorme ! Du point de vue économique et social. Beaucoup de gens qui ont perdu leur maison vont perdre de la même façon leurs économies. 2 nouveaux millions d'américains vont perdre leurs maisons dans les 12 mois à venir et lorsque la crise sera terminée, la plupart des hypothèques seront « sous l'eau », c'est-à-dire que ce que les gens devront aux banques sera plus important que la valeur réelle de la maison. C'est donc plus qu'une crise des subprimes qui va impacter les très pauvres. Elle va s'étendre vers d'autres hypothèques et d'autres propriétés commerciales. L'économie américaine va être beaucoup plus faible. L'écart entre ce que les Etats-Unis peuvent produire et ce qu'ils vont produire en fait au cours des trois années à venir sera en excès de 1 milliard de dollars.
La mesure du concept de « Bien-être » dans le PIB *
Réfléchir au concept de bien-être en économie est fondamental. La façon dont nous mesurons le rendement économique, PIB, ne mesure pas la performance économique, le bien-être des citoyens et le progrès social. L'exemple le plus frappant est qu'aux Etats-Unis , où le PIB monte chaque année , la plupart des américains sont dans une situation plus difficile qu'en 1999. Ils voient leurs revenus ralentir année après année. La mesure de l'économie est donc fausse. Les Etats-Unis ont le taux de prisonniers plus importants que dans n'importe quel pays au monde, hormis les pays totalitaires. C'est inclus dans le PIB comme si le pays se portait mieux !
La situation de la France : conseils pour relancer l'économie française
La droite a sous estimé l'importance du secteur public alors qu'il y a un bon système de transports, de bonnes écoles, autant d'éléments essentiels sur la santé à long terme d'une société.
Il faut être plus efficace dans la fourniture des services publics mais le niveau d'investissement doit être augmenté. Le plus grand retour sur investissement que nous avons mesuré a été sur la recherche dans le secteur public. Internet a été fondée sur une recherche soutenue par le gouvernement. Cela a été une révolution dan notre société. Les événements dans la santé publique ont pu se faire grâce à des fondations financées par le gouvernement. Réduire l'investissement dans la recherche est une très grande erreur. Mais il faut s'assurer que chaque chose soit faite de manière efficace.
Il y a une confusion entre l'inefficacité et l'importance de ces services publics. Spécialement en ce qui concerne le réchauffement mondial, il est très important de développer les transports publics.
* Joseph Stiglitz ancien conseiller économique de Bill Clinton à la Maison Blanche et ancien vice-Président de la Banque mondiale . Professeur d'économie à l'Université de Columbia.
Prix Nobel d'économie en 2001, coauteur de "une guerre à 3000 milliards de dollars" (éd Fayard, sortie 7 mai 2008 )
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