Mercredi 2 juillet au soir,heure française, nous apprenons la libération, par l’armée colombienne de 15 otages des Farc. Et alors que nous nous attendions à l’apparition de visages et de corps fatigués, nous découvrons des gens à priori en bonne santé et pleins de dynamisme.
Vous me direz que ce n’est pas anormal. Comment en serait il autrement ? Ils viennent d’être libérés, pour certains, de plus de dix années de captivité éprouvante.
Alors, bien sûr, l’attention des caméras s’est surtout portée sur Ingrid Bétancourt. C’est l’expression de son sourire, la force et l’expression qui se dégageaient de sa personne qui m’ont retenue, devant mon écran de télévision à cette heure tardive,et jusqu’au bout des trois quart d’heure de la conférence de presse qu’elle a donnée..
Je ne m’attarderai pas sur les remerciements ni sur les circonstances du sauvetage qu’elle n’a pas manqué d’énumérer et de raconter. Les médias et les politiques le feront bien suffisamment. Même pas sur ses qualités humaines que je savais déjà rares et naturelles, si ce n’est pour dire qu’elles ont visiblement atteint une dimension que seules l’épreuve et l’expérience sont capables de produire.
Mais l’épreuve et l’expérience ne suffisent pas toujours, loin de là, à humaniser à ce point.
Qu’est ce qui peut bien faire dire à Ingrid, qu’ « il faut respecter la vie des autres même si ce sont vos ennemis » ?
Elle nous le révèle simplement en nous disant, à maintes reprises, qu’elle puisait sa force et son espérance dans la foi en Dieu et en la prière.
Je sais bien qu’en France particulièrement, on se débrouillera pour éviter le sujet.
Déjà, le lendemain matin, jeudi, le psychiatre invité sur France Inter, ne pouvant le contourner , n’assimilait-il pas la foi d’Ingrid à une « idéologie politique ».
La foi, une idéologie ? Oui, la religion, quand elle est utilisée pour justifier des fins politiques ou mercantiles. Ce fut le cas, souvent, à travers l’histoire et c'est encore une tentation dans laquelle il est facile de tomber aujourd’hui, même chez les chrétiens.
Ce même 2 juillet, la rue Jaffa, une des principales artères de Jérusalem, a été le théâtre d’un «attentat à la pelleteuse» perpétré par un travailleur palestinien, qui a lancé son véhicule à grande vitesse, sur plusieurs centaines de mètres, contre de nombreux passants, avant de «broyer» plusieurs automobiles et de «retourner» littéralement deux autobus. Ce massacre est bien le fruit de religions devenues « idéologies politiques ».
L’idéologie est condamnée à batailler pour sa survie ou à disparaître.
La foi que nous a révélée Ingrid n’a rien à voir avec cela. On a bien compris que c'est une source d'espérance et d'amour qui unit , équilibre et donne la vie.