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Droits de l' homme

Mais qui était donc Irena Sendler ?

« On n'est pas prophète en son pays » Cette parole de l'Ecriture s'adapte assez bien à Irena Sendler qui vient de quitter ce monde à l'âge de 98 ans, quelques années seulement après avoir enfin reçu la reconnaissance et les hommages de la Pologne, son pays pour avoir sauvé de la mort 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Elle est la preuve qu'il était possible de reconnaître tôt ce qui se passait et de répondre à temps pour apporter son aide.
De tous les continents , c'est sans doute l'Amérique du Nord et notamment les Etats du Kansas et du Missouri qui la connaissent le mieux , jusqu'à proclamer le 10 mars , « Jour d'Irena Spendler »
Mas qui était donc cette héroïne à ce point discrète et dont nous sommes nombreux en Europe et notamment en France, à découvrir seulement aujourd'hui l'existence ?



Mais qui était donc Irena Sendler ?
On peut dire que tout a commencé avec les enseignements de son père. « Quand quelqu'un se noie, nous devons lui offrir notre bras secoureur », lui enseignait-il. C'était un médecin polonais dont les patients étaient pour la plupart de pauvres juifs. C'était aussi un activiste du parti socialiste polonais (PSP) et ses idées ont grandement influencé sa fille Irena. En tant qu'étudiante de littérature polonaise à l'université de Varsovie, Irena Sendler faisait partie de l'union gauchiste de la jeunesse démocratique. Elle participait, en protestant contre les pratiques discriminatoires, comme celle du « bureau du ghetto » qui était imposée dans la salle de conférences contre les étudiants juifs. En particulier, pendant les conférences de l'université, Irena avait l'habitude de s'asseoir entre des juifs dans la section du bureau du ghetto, comme pour montrer sa solidarité avec eux. Elle a été bannie de ses études et a rejoint finalement le PSP comme son père. Elle n'a pas cessé dès lors de s'impliquer personnellement pour ceux qui étaient le plus dans le besoin.

Irena Sendler - Réception dans  le Service de la médaille de la Santé par le Ministre de la Santé de la Pologne. Varsovie, octobre 1958
Irena Sendler - Réception dans le Service de la médaille de la Santé par le Ministre de la Santé de la Pologne. Varsovie, octobre 1958
Le 12 octobre 1940, c'était le Yom Kippur, ou le jour de l'expiation, le jour le plus important des jours saints juifs. En ce jour de 1940, l'autorité nazie qui occupait Varsovie sortit un décret établissant le ghetto de Varsovie. Plus de 400000 juifs de la ville et de ses alentours furent forcés de se déplacer dans une région de 4 kilomètres carrés. Un mois plus tard, le ghetto fut fermé avec un gros mur de 3,5 mètres de haut, surmonté de verre et de fils de fer barbelés. A cause de l'engourdissement, de pauvres conditions sanitaires, du peu de nourriture et de médicaments, des milliers de gens mourraient chaque mois. Depuis les premiers jours de l'occupation allemande de la Pologne, Irena Sendler a travaillé pour soulager la souffrance de beaucoup de ses amis juifs et de ses connaissances.

Elle était employée au département du Bien-être social de la municipalité de Varsovie. Elle avait reçu un permis spécial lui permettant de visiter le quartier du ghetto, à tout moment. Apparemment dans le but de soulager la diffusion de maladies contagieuses. Cela lui donnait l'opportunité d'apporter à beaucoup de juifs des vêtements, des médicaments et de l'argent. Lorsqu'elle se promenait dans les rues du ghetto, Irena Sendler s'habillait parfois en infirmière. A d'autres moments, elle se mélangeait à la foule en portant un brassard, avec l'étoile de David, tout comme les juifs, à la fois pour signaler sa solidarité avec le peuple juif et aussi pour qu'on ne prête pas trop attention à elle. En juillet 1942, des déportations de juifs en masse venant du ghetto de Varsovie, avaient commencé. La plupart furent envoyés à Treblinka. Irena et ses amis, qui travaillaient là sur une grande échelle, passaient en fraude des enfants et aidaient des amis juifs de différentes façons.

Plus tard, durant l'été de 1942, un groupe de citoyens polonais, principalement des activistes catholiques, formèrent une organisation souterraine appelée le Concile pour l'aide aux Juifs, ou Zegota. Le gouvernement polonais, exilé à Londres, finançait l'organisation. C'était une organisation souterraine unique, dans l'histoire de la seconde guerre mondiale, qui a sauvé de nombreuses vies juives. Cela incluait des gens ayant toutes sortes d'orientation politique, et parmi elles, certaines qui avaient été antisémites et qui s'étaient reconverties pour porter secours aux juifs. Zegota produisit plus de 60 000 fausses identités et documents pour créer un refuge aux juifs, parmi la population polonaise. Cela malgré la condamnation à mort pour tous ceux qui vivaient dans une maison où des juifs avaient été découverts. Pour leur formidable et intrépide courage, les membres de Zegota furent reconnus comme Les Justes parmi les Nations en 1963. le nombre total de juifs polonais qui furent sauvés étaient d'environ 75 000.
Irena Sendler rejoignit le Zegota et fut responsable de la région de Varsovie pour sauver les enfants. Avant que Zegota existe, elle avait déjà coordonné un grand groupe de gens pour faire son travail de bienfaisance. Elle se spécialisa dans la passe en fraude des enfants juifs hors du ghetto, et à trouver des endroits sûrs dans des familles non juives de la région de Varsovie. Certains étaient cachés dans les chargements de marchandises. Un mécanicien prit un bébé dans sa boite à outils. D'autres enfants ont été transportés dans des sacs de patates. Quelques uns entrèrent dans une église qui avait deux entrées, l'une donnait sur le ghetto et l'autre ouvrait sur le côté arien de Varsovie. Irena Sendler organisa un réseau d'aides sur le côté arien. Elle supervisait elle-même huit ou dix appartements où les juifs étaient cachés sous sa garde. Les familles qui les cachaient recevaient une aide financière du Zegota. Mais comme elle le rappelait plus tard, elle envoyait la plupart des enfants dans des établissements religieux. Iréna détient un record remarquable de placements par coopération quand elle a placé les plus jeunes. Elle a dit « Personne n'a jamais refusé de me prendre un enfant ». Elle devait avoir un pouvoir de chef pour convaincre des gens neutres à sacrifier leur vie pour aider les autres. Ils donnaient aux enfants une fausse identité et les plaçaient dans des maisons, des orphelinats et des couvents. Elle a estimé que pour chaque enfant, environ dix personnes devaient travailler. Irena Sendler notait, avec attention et en code, le nom d'origine des enfants et leur nouvelle identité. Elle a gardé l'enregistrement de leur identité dans des cruches enterrées à côté d'un pommier, dans la cour arrière d'un voisin. De l'autre côté de la rue se trouvait une caserne. Elle espérait pouvoir un jour déterrer les cruches, repérer les jeunes et les informer de leur passé. Dans toutes les cruches, il y avait le nom de 2500 enfants.

Mais qui était donc Irena Sendler ?
En octobre 1943, Irena Sendler fut arrêtée et emmenée à la dure prison de Pawiak. Mais rien ne pouvait affaiblir son esprit. Il fut impossible de l'amener à révéler l'identité des familles accueillant les juifs : elle endura toutes les maltraitances physiques, refusant de trahir soit ses associés, soit les enfants juif cachés. Finalement, elle fut condamnée à mort. Mais grâce à une petite équipe du Zegota, Irena fut sauvée à la dernière minute par l'un des gardes qui la relâcha dans la foule d'une rue d'où elle a pu s'échapper. Son nom est restée sur la liste des personnes exécutées qui ont été plus tard officiellement reconnues. Cependant, son escapade fut plus tard découverte et durant le reste de la guerre, elle fut poursuivie par la Gestapo. Et pourtant, elle continua à aider les juifs. Après la guerre, elle déterra les cruches et utilisa ses notes pour retrouver les enfants qu'elle avait placé dans des familles adoptives. Quoique la guerre fût terminée, sa mission de secours n'était pas finie. Elle suivit à la trace chaque enfant pour le réunir aux membres de sa famille dispersés dans toute l'Europe. Les enfants qui l'ont connue seulement par son nom de code Jolanta mais des années plus tard, après qu'elle fut honorée pour son œuvre en temps de guerre, sa photo apparut dans les journaux. Elle reçut plusieurs appels lui disant les mêmes mots « : « Je me souviens de votre visage. C'est vous qui m'avez sorti du ghetto ».

Mais qui était donc Irena Sendler ?
Durant plus de la moitié du siècle dernier , Irena a exercé comme modeste travailleur social et professeur. Elle n'a recherché aucune publicité ou reconnaissance, d'aucune autorité ni officiels. Son passé héroïque était connu de certains, bien sûr, mais pas du grand public, ni même de ses enfants.
Pendant des décennies, elle a gardé ses souvenirs presque secrets. " C'est quand ma fille est allée en Israël qu'elle a appris cela sur moi. Je pensais que c'était tellement normal d'aider que je ne voyais pas pourquoi m'en vanter. C'était un sujet très douloureux, toujours présent dans mon esprit "

Irena Sendler fut reconnue par un public plus large, y compris dans son propre pays, il y a quelques années, grâce à quatre étudiantes adolescentes de l'Uniontown High School du Kansas (USA), qui cherchaient un sujet pour la pièce de l'école, en 1999. Elles trouvèrent un billet disant qu'Irena Sendler avait sauvé 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Son nom n'étant presque pas connu dans le Nord de l'Amérique. Leur professeur a pensé au début que ce devait être une erreur. Après tout , le fameux Oscar Schindler, le héros du film de Spielberg bien connu, avait sauvé 1100 juifs, alors qu'Irena Sendler en avait sauvé 2500! Comment se faisait-il alors qu'elle soit complètement inconnue ? Les étudiants et le professeur présentèrent une pièce intitulée « La vie dans une cruche » sur les actions héroïques de Sendler. La pièce gagna le prix du Jour de l'Histoire Nationale du Kansas et s'est répandue depuis. Elle a été présentée plus de 200 fois , aux États-Unis et en Europe, y compris dans les médias et a amener le public à prêter attention aux actions héroïques d'Irena Sendler. Le 10 mars fut proclamé le Jour d'Irena Sendler dans le Kansas et le Missouri. Après cela, Irena Sendler a été aussi reconnue dans son propre pays et a reçu la plus haute distinction polonaise de l'Ordre de l'Aigle Blanc. Avant cela , elle a été récompensée une fois, en 1965 dans la liste « les Justes parmi les Nations »* par le musée israélien sur l'Holocauste, Yad Vashem . Ne pouvant pas à l'époque sortir de la Pologne communiste, elle attendit 1983 pour recevoir officiellement ce titre.

* Le 1 er janvier 2006, 21310 noms seulement avaient reçu ce titre.Parmi eux, ces polonais nationaux, dont le chiffre de 5941 représente le plus grand groupe national parmi toutes les nations.
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Life in a Jar - La vie dans une cruche
Life in a Jar - La vie dans une cruche
Parmi les survivants, une enseignante du Kansas qui a écrit une pièce sur elle et qui la nominait pour recevoir le Prix Nobel de la Paix. Sa nomination fut encouragée par le président polonais Lech Kaczynski, le député israélien , premier ministre Shimon Perez et d'autres lauréats du prix Nobel.

Irena Sendler avait reçu une lettre personnelle de félicitation du dernier pape Jean-Paul 2 dont elle a été très touchée. La nouvelle de sa nomination pour le Prix Nobel de la Paix ne l'a pas impressionnée mais quand elle a vu la liste d'une centaine de signatures de juifs polonais sur la pétition du Comité du Prix Nobel, elle a dit "j'ai reçu reçu un prix Nobel, peut-être même deux prix Nobel de la Paix" . Pour le deuxième prix, elle se référait à deux écoles et trois jardins d'enfants en Allemagne qui ont reçu son nom.

Source: Wikipedia, Daily motion



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