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Procès Fourniret : celle qui a changé le cours des choses

Marie a le sourire large, la prestance haute et jeune. Au poignet, un chapelet bien visible. Il y a cinq ans tout juste, Fourniret tentait de l'enlever, à deux pas de son domicile de Ciney. Elle avait 13 ans. Rencontre avec ce témoin majeur, une semaine après le dénouement.



Procès Fourniret : celle qui a changé le cours des choses
Fourniret l'a fait entrer dans la camionnette et l'a placée devant, à côté de lui. “Il m'a dit ce qu'il voulait faire de moi. En moi-même je pensais : c'est fini, mais je ne voulais pas que ce soit fini.” Elle posait des questions : “Faites-vous partie de la bande de Dutroux ? -Je suis pire que Dutroux”, répondit-il.
”À l'époque, j'étais timide. Mais quand il s'agit de sa vie...” Au bout d'un certain temps, irrité par ses questions, il la fit asseoir là où le passager pose ses pieds. C'est là qu'elle se mit à réciter le chapelet, en criant très fort. “Tu m'agaces avec tes prières !”, lui dit-il.
Le truand la fit alors passer à l'arrière, la ligotant pieds et mains. Elle finit par sentir, tout en continuant à prier, que les liens étaient devenus plus lâches. Elle réussit à s'en libérer, remarqua le mécanisme d'ouverture d'une portière latérale du véhicule et l'ouvrit, sans que son ravisseur ne s'en aperçoive. “Je saute ou je saute pas ?”, se demandait-elle tandis que la camionnette continuait à rouler. “C'était comme dans un film !” Finalement, à un stop, elle sauta ! Elle se retrouvait à 23 kilomètres de Ciney, non loin de Beauraing. Fourniret ne s'était toujours rendu compte de rien.



Satisfaite du verdict

À 18 ans, qui aimerait se voir identifier à pareille affaire ? Marie souhaitait donc garder l'anonymat et témoigner à l'abri des regards. Mais les gens oublient vite, constate-t-elle. Elle a finalement accepté que son témoignage soit public. Et puis, le huis clos aurait répondu aux caprices de Fourniret qui l'exigeait pour participer aux débats. Et l'on aurait pu croire qu'elle voulait cacher des choses. Une semaine après le verdict dont elle est satisfaite, Marie désire s'engager à soutenir toute victime de telles criminalités, même si elle ne sait pas encore comment. Elle ressent un appel à pouvoir être comme la preuve qu'on peut rester debout dans des événements aussi dramatiques. “Même si quelque chose a été détruit, on peut toujours reconstruire par l'amour. Et si l'on ne croit pas en Dieu, il reste l'amour. Mais pour moi, l'un ne peut être séparé de l'autre.”




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Charles DELHEZ


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