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Jeudi 04 Décembre 2008
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Le Pacte scolaire a 50 ans
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Political Tempests in Israel and Palestine!
Iraq: Face-to-Face with Itself?
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Le dernier témoignage de soeur Emmanuelle sur la Bible
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Quelles suites donner au non Irlandais ?On peut sortir par le haut du NON Irlandais.... si on le veut.
Quelles suites donner au non Irlandais ?
Les réactions des responsables politiques après le nom irlandais laissent rêveur. Aucun ne s’est interrogé sur les causes profondes de ce non irlandais. Tous font semblant d’oublier que le processus de ratification par les parlements a pour seul but d’éviter d’autres votes négatifs à l’occasion de référendums. Manifestement la construction européenne pose aujourd’hui problème. Traitons ce sujet à bras le corps, plutôt que de passer en force, la tête dans le sable. Rappelons-nous le discours du Président Sarkozy, le dimanche 6 mai 2007. Il lançait à l’adresse de ses partenaires européens… « je les conjure d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l’Union Européenne non comme une protection, mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde ». Analyse confirmée par les causes du non français au référendum sur la constitution européenne. Elles ont été analysées soigneusement[1], et peuvent être classées en quatre grandes catégories : a) le refus du chômage et de l’insécurité sociale b) le rejet de l’ultra libéralisme économique c) l’opposition aux élargissements réalisés ou programmés de l’Union. d) la sanction du pouvoir politique en place, Depuis jeudi dernier, la seule question à se poser est la suivante : les peuples perçoivent-ils l’Union Européenne comme une protection, ou comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde ? Quelques questions peuvent nous éclairer. Le traité de Lisbonne met-il un terme au dumping fiscal en Europe ? Réponse : non L’Europe ne protège donc en rien les citoyens des décisions prises par des chefs d’entreprise pour des raisons purement fiscales, quand même seraient-elles un non sens économique et social pour une région. Il y a quelques jours, les chefs d’État ont approuvé un accord sur la durée du travail. Celle-ci pourra être portée à 65 heures par semaine. Est-ce une protection ou une régression ? Le traité de Lisbonne y changera t-il quelque chose ? Non. Le traité de Lisbonne nous met-il à l’abri d’Opa hostiles de nos entreprises stratégiques par des fonds souverains Saoudiens ou Chinois ? Réponse : non. Avec le traité de Lisbonne, sommes-nous assurés que les banquiers ne continueront pas leur « recherche insensée du profit »[2] au prix de risques démesurés ? Réponse : non. Le traité de Lisbonne est-il vraiment un mini traité ? Réponse : non. Le traité de Lisbonne n’est rien d’autre que la constitution européenne scindée en plusieurs accords qui ont tous la même valeur juridique, et dont on a supprimé quelques symboles comme le drapeau ou l’hymne européen. Cette mystification est-elle rassurante pour les citoyens ? Réponse : non. La vérité aurait été préférable. Ce ne sont là que quelques exemples. Lorsque des citoyens disent qu’ils veulent une autre Europe peut-être visent-il ce type d’exemples, d’autant plus qu’on pourrait les multiplier. Concrètement que peut-on faire ? Une chose est sure : il faut poursuivre le processus de ratification, car la construction européenne, malgré tous ses défauts, est indispensable à notre continent. En revanche, il est suicidaire de ne pas l’accompagner d’un engagement fort des chefs d’État déclarant aux 27 peuples : « nous vous avons compris » Depuis plus de cinq ans, le Comité Pauvreté et Politique réclame que l’on prenne une bonne fois pour toutes le problème de la pauvreté et de l’exclusion en Europe à bras le corps dans les traités européens. La réponse a toujours été : NON On ne peut plus toucher au traité de Lisbonne, mais le non Irlandais offre une nouvelle opportunité d’aller dans ce sens. Rien n’empêche les chefs d’État, dès la semaine prochaine, de s’engager solennellement à ce que les grandes orientations économiques fixées chaque année par le Conseil des Ministres (article 99 d’un des traités de Lisbonne) comprennent des objectifs mesurables en termes : - de progrès économique, bien sur, mais aussi - de lutte contre la pauvreté, en veillant particulièrement à la situation des personnes les plus à risques. - et d’amélioration de l’environnement, Des critères précis pour chacun de ces objectifs devront être fixés par les Chefs d’Etat. Ils existent : il n’y a que l’embarras du choix. La mesure devra être réalisée en termes de progrès, et non en valeur absolue. Pour garantir le respect de cet engagement, ils devront également charger la commission européenne de rédiger un rapport annuel qui sera présenté par la Commission Européenne au Parlement Européen et au Conseil Economique et Social Européen, sur les performances et les progrès des Etats dans ces domaines. C’est la meilleure façon de dire aux 27 peuples : « on vous a compris ». Ce n’est rien d’autre que du développement durable, On cesserait d’en parler beaucoup, et on l’appliquerait un peu. Voilà une mesure protectrice pour les peuples. Bertrand de Kermel Président du Comité Pauvreté et Politique i[[1] Voir par exemple la revue « Futuribles » d’avril 2006 [2] Les termes « recherche insensée du profit » ont été prononcés par le Pape Jean-Paul II qui stigmatisait les excès en la matière.]i pauvrete.politique@9online.fr
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