Savez-vous que le respect de la possibilité du vote blanc constitue un des critères d’agrément d’une machine à voter
(1) ? Serait-ce donc le signe d’une reconnaissance future de ce vote qui suscite pétitions et sites Internet mais bien peu, reconnaissons-le, l’intérêt des médias ?
Pour l’heure, le vote blanc – il consiste pour un électeur à déposer dans l’urne un bulletin dépourvu de tout nom de candidat- s’il est reconnu par le code électoral
(2) n’a aucune valeur juridique. Il est bien comptabilisé mais assimilé au vote nul. Pourtant l’électeur fait l’effort de se déplacer. Il n’annote ni ne déchire aucun bulletin.
Le conseil constitutionnel publie sur son site
un tableau sur les conséquences que pourrait, d’après lui, entraîner la comptabilisation des bulletins blancs parmi les exprimés : En ce qui concerne les élections municipales, il y aurait, pour les villes de plus de 3500 habitants une complication des calculs dûe à la modification du quotient électoral. Quant à celles qui en comptent moins de 3500, une
« complication inutile » puisque l’élévation du chiffre de la majorité absolue rendrait
« l’élection au premier tour plus difficile, sans grand risque de modification du résultat final », sans compter que « dans l’hypothèse où les bulletins blancs auraient obtenu la majorité relative au second tour » personne ne peut être élu. Il y aurait donc impasse. Le Conseil reconnaît bien pourtant que cette démarche n’a rien à voir avec l’abstention ou le vote nul et émet même la proposition qu’on décompte à part les bulletins blancs, mais
« en aucun cas, en les assimilant aux suffrages exprimés ».
De leur côté les partisans de la reconnaissance du vote blanc, parmi lesquels de nombreux élus, le réclament au nom de la crédibilité démocratique. En 2002, deux propositions de loi ont même été déposées à l’Assemblée en vue de sa reconnaissance. Six organisations de l’Union européenne ont aussi décidé d’unir leurs efforts en créant le collectif
« Citoyens européens pour le vote blanc »
Ne faut-il pas prendre le risque de ce nouveau visage de l’élection ?
Pourquoi craindre que le vote blanc fragilise le système des partis politiques ? Après tout, N’auraient –ils pas besoin d’un tel aiguillon pour s’obliger à unifier en profondeur leurs méthodes avec leurs objectifs ? Certains opposants à sa reconnaissance objectent aussi que le citoyen peut contribuer à améliorer la vie politique en se présentant lui même comme candidat ou en militant au sein d’un parti.
C’est exact. Beaucoup s’y essaient … et pourtant les français notent bien peu le renouvellement des hommes et des femmes politiques !
Il est vrai qu’il faudra bien plus que la reconnaissance d’un vote blanc pour améliorer la prise de conscience démocratique (3)
(1) art. L. 57-1 du code électoral(2) article L 66(3) Notamment légiférer sur les cumuls et la limite de renouvellement des mandats, progresser dans l’articulation entre les compétences de la société civile et les institutions et rédéfinir plus clairement quelles sont les valeurs obligées de la démocratie.