La vidéo montre le chef de l'Etat, détendu, souriant, serrant des mains dans la cohue. Un homme filmé de dos, plutôt âgé, lui lance alors, en le tutoyant : "Ah non, touche-moi pas". Le président rétorque : "Casse-toi, alors". Riposte du mauvais coucheur : "Tu me salis". Nicolas Sarkozy passe son chemin et lâche : "Casse-toi alors, pauvre con". L'extrait fait débat. Il ne doit en rien occulter les autres titres de l'actualité, notamment la polémique autour de la détention de sûreté ou les annonces sur la PAC du chef de l'Etat. Mais c'est toute la question du style de la présidence qui est posée. Le sondage Ifop-JDD qui donne un Nicolas Sarkozy à seulement 38% de satisfaits montre que les Français veulent un pouvoir plus efficace et plus sobre, d'où la cote à la hausse d'un François Fillon (57%) au style plus classique. C'est vrai que Nicolas Sarkozy - les images le montrent clairement - se fait insulter par un badaud. Ce qui n'est pas respecteux. Toute la question est de savoir si un chef de l'Etat doit se mettre au niveau de tous les mauvais coucheurs, de tous les provocateurs qu'il va rencontrer sur sa route. Jacques Chirac a été confronté aux noms d'oiseau lancés sur son passage, aux crachats à Mantes la Jolie. L'ancien président faisait mine de ne pas entendre. Nicolas Sarkozy nous a habitués à réagir de manière musclée, ce qui a participé à sa popularité. C'est le "racaille" du ministre de l'intérieur. Mais il est devenu président. La fonction impose une certaine hauteur, qui interdit à son titulaire de descendre dans l'arène, comme avec les pêcheurs du Guilvinec début novembre. Nicolas Sarkozy enchaîne les déplacements de terrain, deux pour la seule journée d'hier! Mais les Français sont mécontents. Chaque dérapage peut coûter cher au chef de l'Etat.