Il ne lui a jamais pardonné. "Si ça continue, c'est parce que Villepin a été malhonnête avec nous", explique aujourd'hui un soutien du chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy, du temps de la place Beauvau, a toujours martelé qu'il voulait que la justice aille au bout. Parce qu'il a été au premier rang des personnalités visées. L'affaire Clearstream a empoisonné la fin du quinquennat de Jacques Chirac. Les petits déjeuners de Matignon s'étaient transformés au fil des semaines en champ de mines. "J'ai déposé plainte, j'en ai rien à faire, c'est eux qui ont du mal", avait confié Nicolas Sarkozy en novembre dernier. Il s'était retrouvé face à Dominique de Villepin et lui avait asséné: "je ne suis pas un prêtre, je ne suis pas un magistrat, je ne suis pas un policier, le dossier est accablant pour vous, si vous avez quelque chose à dire, dites-le". Dominique de Villepin lui aurait alors répondu "rien n'est vrai", en faisant des grands gestes. L'ex-Premier ministre, qui a récemment tenté une opération charme en écrivant aux députés UMP pour les féliciter de leur élection se retrouve aujourd'hui dans le collimateur des juges.