Jean-François Achilli Blog

Anatomie d’un premier tour



Anatomie d’un premier tour
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour les listes de la majorité ?

C'est un peu un triple échec dans la stratégie de l'UMP: tout d'abord, c'en est fini du siphonage de l'électorat FN. Même si le parti de Jean-Marie le Pen ne retrouve pas son niveau de 2004, il est repassé au-dessus de la barre des 10%. Comme si la captation par Nicolas Sarkozy des thématiques sur la sécurité, l'immigration et l'identité nationale ne faisaient plus effet sur son propre électorat, absence de résultats oblige, et fabriquait finalement du FN. Il y a ensuite l'échec, au moins au premier tour, de la main tendue aux écologistes. Le Grenelle de l'environnement ne prend pas, ou si peu, dans l'opinion, et le choix du tout nucléaire rebute une Europe Ecologie clairement ancrée à gauche. Il y a enfin l'échec du parti unique. Les centristes se sont fondus dans le label UMP. Les réserves de voix en dehors sont quasi-inexistantes. Bon nombre d'électeurs sont restés chez eux, à bouder les urnes, phénomène qui pourrait se répéter dimanche prochain dans l'esprit d'un grand nombre de Français qui estiment que la messe est dite.

Anatomie d’un premier tour

Y a-t-il eu vote sanction de la politique du gouvernement ?


« Certainement pas », rétorque un conseiller du président, « si les électeurs avaient voulu nous punir, ils ne seraient pas massivement restés chez eux. Quand au FN, même pas mal, ils sont plus bas qu'en 2004 ». Le chef de l'Etat parie sur des divisions à gauche : « nous commençons la campagne dès lundi matin, et eux se seront épuisés à négocier pendant deux jours ».




Anatomie d’un premier tour
Que peut faire Nicolas Sarkozy ?

"Il va laisser les candidats faire campagne, il a déjà tout dit avant le scrutin, dans son interview au Figaro Magazine, il n'ajoutera rien après", confiait dimanche soir un membre de sa garde rapprochée. Une manière de tuer certaines rumeurs de remaniement dans la foulée de ces régionales, si elles se transformaient en claque majeure pour l'UMP. Là encore, l'entourage présidentiel se veut rassurant: il n'y aura pas de changement de Premier ministre, pas de bouleversement ministériel, tout juste quelques ajustements, et encore. Le chef de l'Etat a fait passer un mot d'ordre: ce n'est pas un second tour qui se profile, mais « une nouvelle élection qui démarre ». L'Elysée veut encore croire en sa bonne étoile, un miracle qui ferait mentir les sondeurs et les médias, la ou les régions miracles qui sauveraient la majorité du désastre. Nicolas Sarkozy refuse de se remettre en question et de se laisser entrainer dans la spirale de la défaite. Il se donne du temps, une petite semaine. D'ici là, tout le monde sur le pont, ensuite, il avisera.

Lundi 15 Mars 2010
Jean-François Achilli

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