"Villepin va avoir du mal, beaucoup de mal", prédisent ses adversaires. Les soutiens de Nicolas Sarkozy sont persuadés d'avoir vu basculer le procès hier. L'un d'eux estime que Dominique de Villepin aura finalement "joué de grandiloquence", en se plaçant sur le terrain politique, et qu'il va lui falloir à présent contredire point par point les affirmations détaillées du général Rondot. Et ce sera le plus difficile. "Le dérapage de Nicolas Sarkozy qui a parlé des coupables était préjudiciable, il est effacé par le témoignage à charge de Rondot", affirme un proche du chef de l'État. Dans le camp présidentiel, certains parient que l'ancien Premier ministre, s'il est condamné, s'enfoncera un peu plus s'il fait appel. Les villepinistes émettent bien évidemment un avis diamétralement opposé: pour eux, "le général Rondot n'a rien révélé de nouveau, et a rendu un peu plus complexe une affaire déjà nébuleuse". Et Dominique de Villepin ressortira "grandi" et "blanchi" de cette épreuve. Une seule certitude, conclut une personnalité UMP: "le procès laissera des traces, parce qu'il a ravivé la ligne de fracture, profonde, qui divise la majorité".