Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont peut-être avancés un peu vite, en promettant cette interdiction totale, dans un bel élan commun. Les deux têtes de l'exécutif, qui ont repris à leur compte une proposition de loi déjà déposée par Jean-François Copé, veulent légiférer au printemps, après la pause parlementaire de Pâques. Mais déjà, l'idée ne fait pas l'unanimité. Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, qui a l'oeil sur le calendrier parlementaire, a fait savoir, un brin irrité, qu'il y avait "bien d'autres sujets singulièrement plus pressants", que ce soit l'emploi ou encore la réforme des retraites. Mais le plus compliqué pour le gouvernement est l'avis rendu par le Conseil d'Etat. Les sages estiment qu'une interdiction générale présenterait des risques au regard de la Constitution, et préconisent des mesures d'interdiction limitées seulement aux lieux nécessitant des vérification d'identité ou d'âge. Mais Nicolas Sarkozy voudra passer outre. Les regards, une fois de plus, seront tournés vers Jean-Louis Debré et le Conseil Constitutionnel, seuls en mesure in fine, s'ils l'estiment nécessaire, de retoquer la loi.
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