"Nous l'avions imaginé, mais nous ne l'avions pas intégré. Le non irlandais a plombé l'ambiance, et nous n'avons pas de plan C", reconnait un proche du président de la République. Un autre ajoute : "ce sont des gens qui ont profité de l'Europe et qui cassent le processus". Officiellement, le message de Nicolas Sarkozy à Bruxelles sera de ne pas dramatiser, mais de ne pas non plus ignorer ce vote. "Modestie, écoute et absence d'arrogance française", n'a cessé de répéter le chef de l'Etat, qui a sermoné en début de semaine un Jean-Pierre Jouyet qui s'était montré défaististe, en se déclarant "effondré" après le rejet irlandais. Nicolas Sarkozy lors du petit déjeuner de la majorité mardi est apparu ennuyé, mais a voulu se montrer offensif. Pour l'un de ses conseillers, "il faut relativiser les choses, ce n'est tout de même pas le même problème que lorsque la France a elle-même dit non, à savoir un pays de près de 64 millions d'habitants, fondateur de l'Europe". Un avis que tempère un chef de la majorité, aux yeux duquel ces Irlandais auront tout de même privé Nicolas Sarkozy de petites étoiles européennes bien utiles.