La notion retenue pour règlementer le port du voile intégral serait celle de "trouble à l'ordre public". Faire en sorte que les personnes soient identifiables quand cela est nécessaire. Prenez par exemple les administrations, mairie, état-civil: chaque administré doit être en mesure d'y décliner son identité. Impossible donc d'y tolérer la burqa. La mesure concernerait également les lieux sensibles. La boulangerie, non. La bijouterie, oui, évidemment. La règle ne s'appliquera-t-elle qu'aux femmes d'origine sociale modeste, ou aux épouses de personnalités étrangères ? A l'origine, Jean-François Copé militait pour une interdiction dans tout l'espace public. Le Conseil d'Etat, qui se refuse à opposer libre choix et dignité, restreindrait ainsi le champ de l'interdiction, ce qui affaiblirait la symbolique de la loi. Son application serait ensuite dévolue aux préfets et aux maires, au gré des lieux et des situations. En clair, la règle serait à géométrie très variable, avec une énorme responsabilité sur les épaules des pouvoirs locaux. La loi qui se dessine ressemble de plus en plus à une usine à gaz.















