Principale cible de l'ouvrage: Valéry Giscard d'Estaing, l'ennemi intime. Jacques Chirac évoque un diner à Brégançon en 76, VGE y avait également convié son moniteur de ski et sa femme. « Situation embarrassante et même humiliante », confie Chirac, « l'épisode me confortera dans l'idée que je n'ai plus grand chose en commun avec ce président ». Autre cible, Edouard Balladur, présenté comme un « un calculateur froid ». Chirac écrit : « je n'aurai jamais d'explication d'homme à homme avec lui ». Jacques Chirac se montre admiratif avec son rival François Mitterrand, « salut l'artiste ». Et présente rapidement un Nicolas Sarkozy « nerveux, empressé, avide d'agir », sans doute faut-il attendre le tome 2 pour en savoir plus. Mais il n'y a rien sur les ennuis judiciaires de Jacques Chirac, rien sur l’argent des marchés publics, les faux électeurs, les emplois fictifs, rien sur cette époque glorieuse où les grandes formations politiques du RPR au PCF se finançaient sur le BTP. L’ancien président pratique la mémoire sélective, le lecteur qui attend son regard sur les « affaires » restera sur sa faim. Enfin, il faut donner un coup de chapeau à L'Edition spéciale. L’émission sur Canal+ a réalisé un joli scoop ce lundi. Bruce Toussaint ayant acheté par hasard le livre, sorti à l'avance dans une librairie en Loire-Atlantique. Du coup, l'exclusivité avec les bonnes feuilles dans l'hebdomadaire le Point est grillée. Le plan com de l'éditeur Nil et de Jacques Chirac se voit chamboulé.