L'affaire semble entendue. "Ils en ont beaucoup parlé tous les deux, à plusieurs reprises. Jacques Chirac devrait choisir Nicolas Sarkozy", confirme un responsable de la majorité, qui ajoute: "le chef de l'Etat ne peut pas faire autrement. Il ne peut pas faire perdre son camp". Mais le propos présidentiel était implicitement critique hier : "ne composez jamais avec les extrêmismes. Il ne faut pas brader notre modèle français. Face au choc des civilisations, la France doit défendre la tolérance, le dialogue et le respect entre les hommes et les cultures". Cette mise au point intervient au moment où le candidat de l'UMP annonce la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité française. Un intitulé qui a frappé les imaginations. Nicolas Sarkozy lui-même, dans le Journel du Dimanche, a marqué sa distance, "je ne mentirai pas aux Français, je ne les trahirai pas, je suis donc différent de Jacques Chirac", a-t-il déclaré. Comme s'il refusait au fond ce soutien tant attendu , synonyme de continuité avec un pouvoir dont il se veut lui-même en rupture.