Et là, Nicolas Sarkozy a plutôt réussi son affaire : « je rappelle que toutes les questions doivent porter sur l’économie ou le social», a prévenu le chef de l’Etat, après son introduction. Il a visiblement été entendu. Tout le monde a respecté la consigne, avec des questions 100% éco, à l’exception de Laurent Joffrin. C’était le rare moment de détente de cette conférence. Nicolas Sarkozy lui a donné la parole: « je ne veux pas que Mr Joffrin soit frustré ». Le patron de Libération a fait dans l’humour: « ma question porte sur la politique économique, pas sur la monarchie », allusion a sa passe d’armes avec le président au même endroit, il y a près de deux ans. Laurent Joffrin, cette fois, l’a interpellé sur ses difficultés avec l’opinion, malgré son action pendant la crise, et a tenté une question hors des clous sur les dépenses de communication de l’Elysée. Le Parisien les estime à 7,5 millions d’euros en 2009. Le chef de l’Etat a simplement omis d’y répondre. Au bout du compte, il n’a été question que des investissements de la France. Rien sur le débat altéré autour de l'identité nationale. Nous ne saurons pas non plus, par exemple, ce que Nicolas Sarkozy pense de la déclaration de son épouse Carla, dimanche sur TF1, sur une éventuelle candidature en 2012 : "S'il se représente, c'est son affaire. Un mandat me suffirait". L'avantage de ce formatage du débat aura été de poser la réflexion sur l'emprunt de 35 milliards, les secteurs qui seront concernés, notamment l'enseignement supérieur et la formation, avec 11 milliards, puis la recherche avec 8 milliards. Cette conférence de presse a ouvert la réflexion sur les déficits publics, qui vont s'aggraver, ils feront l'objet d'une conférence nationale en janvier.