Creuser les déficits pour mener à bien la relance.
Le plan de relance de 26 milliards d'euros présenté par Nicolas Sarkozy à Douai devrait, selon l'Elysée, doper la croissance en 2009, mais aussi porter le déficit public de la France à près de 4 points de PIB, soit un point au-delà des 3% autorisés par Maastricht. Pour Nicolas Sarkozy, « les circonstances exceptionnelles appellent des mesures exceptionnelles ». L'exécutif a décidé d'oublier les déficits qui se creusent, le temps de la crise.
Pour Nicolas Sarkozy, il y aurait deux sortes de dettes. Le chef de l'Etat fait le distinguo entre les emprunts contractés pour couvrir des dépenses courantes - c'est à ses yeux de l'argent à fonds perdus. Et les sommes destinées à de l'investissement, qui rendraient l'emprunt acceptable. Le chef de l'Etat à Douai a pris pour exemple ce que nos parents ont investi jadis, dans le nucléaire, le TGV, les ponts, les autoroutes, les hôpitaux, à verser à l'actif des futures générations. En promettant au passage que toutes ces dépenses ne pèseront pas après 2010, et qu'il ne renoncera pas à assainir au plus vite les finances publiques. Cette mise entre parenthèses des critères de Maastricht ne va pas durer cinq années, explique un proche du chef de l'Etat, mais un an seulement. Pour l'Elysée, qui table sur un retour à la normale dans l'économie à la fin 2009, il faut transformer la crise mondiale en opportunité, pour rattraper les retards d'investissement de l'Etat. Bref, tout faire, vite, et tout de suite, pour redémarrer la machine. Il s'agit d'un pari. Quoiqu'il advienne à la sortie, les caisses seront de toutes les façons un peu plus vides.