Débat : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et les media
Les media toujours au coeur du débat politique! Dans un entretien au Nouvel Observateur paru jeudi dernier, Nicolas Sarkozy s'est défendu de toute "mainmise" sur les médias et a affirmé que la presse était "globalement de gauche". Le président du Forum des sociétés de journalistes, Jean-Michel Dumay, a jugé ces propos "inacceptables et dangereux", tandis que le SNJ a qualifié ces déclarations de "raccourci gênant". Ils font implicitement écho au livre "Ma plus belle histoire c'est vous", paru chez Grasset, dans lequel Ségolène Royal dénonce une collusion entre l'actuel président et les media. Le débat reste vif. Les deux regards de Françoise Degois et de Jean-François Achilli, du service politique de France Inter.
UN DEBAT TOUJOURS VIVACE : NICOLAS SARKOZY A-T-IL UNE MAINMISE SUR LES MEDIA ?
Françoise Degois:
"Ces médias amis du pouvoir", Ségolène Royal les a dénoncés, parfois à outrance, pendant sa campagne présidentielle. Une expression reprise plusieurs fois en meeting. Dans le viseur... le groupe Lagardère , sa radio, ses journaux, les liens d'Arnaud Lagardère avec Nicolas Sarkozy... les media amis du pouvoir et les patrons amis du pouvoir... Martin Bouygues, le pdg de TF1, ou Vincent Bolloré, propriéaitairte d'une télé et d'un gratuit. Ou Serge Dassault, patron du Figaro... des liaisons dangereuses, selon l'ex-candidate qui persiste et signe dans son livre ... avec une charge en règle contre l'institut de sondage Opinion way, accusé d'orienter les questions pour alimenter la machine médiaitique sarkozyste. Alors, Ségolène Royal victime du système ? Peut etre mais qui, à part Nicolas Sarkozy, peut se targuer d'avoir trusté depuis des années les couvertures des magazines et les heures de grande écoute ?
Jean-François Achilli:
Le livre de Ségolène Royal a été passé au scanner à l'Elysée. La page 65 a fait sursauter. L'ex-candidate socialiste y affirme que le ministre de l'intérieur aurait bénéficié "de vingt à quarante attachées de presse pendant cinq ans". "Ce chiffre est faux", rétorque Franck Louvrier. Le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy ajoute: "de toutes les façons, plusieurs grands journaux ont soutenu Ségolène Royal, cela n'a pas changé l'issue du vote". Le chef de l'Etat estime dans le Nouvel Observateur que la presse est culturellement de gauche. "La liberté de la presse, c'est le soutien de la gauche. Quand on me soutient, ça devient la mainmise des médias", dit-il ironiquement. Nicolas Sarkozy réfute l'idée selon laquelle son amitié avec un Martin Bouygues aura pesé. La campagne, selon lui, s'est jouée sur les idées mais pas sur un soutien supposé des media.
Vendredi 14 Décembre 2007
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1. Posté par
Paddy le 14/12/2007 22:36
Vu de loin, comme ça, avec les yeux d'un simple électeur, qui ne le fut en outre - au premier tour - ni de l'un ni de l'autre, l'impartialité des grands média ne m'a pas sauté à la figure. S'il y en eut en effet de mieux disposés à l'égard de la gauche, ils ne furent guère tendres avec la candidate choisie par les militants socialistes. Celle-ci a perdu la bataille des média. Battue à plate couture. Flagrant à la télévision, moins à la radio, mais il est vrai que je n'écoute que les canaux publics. Je ne parle pas de la presse écrite, dont je ne peux lire qu'un spécimen, celui qui correspond à ma région, et dont la couverture fut équilibrée. Seulement, il faut mesurer la chose à l'aune de l'audience. Dans ce domaine, la suprématie de TF1 est incontestable. Ecrasante. Or, cette chaîne, c'est à mon avis une évidence, avait choisi son camp. Prétendre qu'elle n'a pas eu d'influence, c'est se moquer du monde. Ceci étant, si les Français ne l'ont pas élue, c'est aussi que S. Royal n'a pas su les convaincre. ( Elle peut remercier son parti !) N.Sarkosy n'est quand même pas qu'un pur produit des média, même s'il a su s'en servir mieux que personne. Qu'aujourd'hui ils semblent avoir du mal à retrouver leur sens critique, c'est une autre affaire. (A ce propos, la campagne référendaire n'a-t-elle pas constitué une vraie rupture ?) Quant à OpinionWay, au vu de leurs dernières prestations, j'aurais tendance à penser qu'ils vont bientôt pouvoir décrocher des contrats en Russie. (Excusez-moi d'avoir été aussi long !)
2. Posté par
JF Achilli le 15/12/2007 11:24
Vous n'avez pas été long ! Bien au contraire. La couverture de France Inter a été équilibrée, je prêche pour ma paroisse. TF1... que dire? Les déclarations du type "Martin Bouygues est mon ami" ne fabriquent pas des voix. Oui, les deux grands 20 heures orientent l'opinion. Mais dans une élection, il y a cette part indicible, inhérente aux candidats, dans leur capacité à surmonter un évènement. Nicolas Sarkozy s'est bien mieux préparé à cette élection que Ségolène Royal. Il a conquis son parti bien en amont. Et a fabriqué thème par thème une campagne rouleau compresseur. Il y a eu enfin ce débat... Ségolène Royal aurait dû faire la différence à ce moment, à la faveur de ce duel. ça n'a pas été le cas... JF Achilli.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?b=achilli
3. Posté par
féat29 le 15/12/2007 21:10
Gonflé Sarkozy qui fait exploser le nombre de ses passages à la télévision. Ne voudrait-il pas, comme son nouvel ami Muammar, museler les médias qu'il taxe d'être de gauche, empêchant toute critique de sa présidence...? http://phil195829.overblog.com
http://Phil195829.overblog.com
4. Posté par
yves de nantes le 16/12/2007 11:12
tout à fait d'accord la campagne sur les ondes d'inter a été équilibrée,pour le reste les candidats se sont assez bien neutralisés,une forme d'égalité pour créer un consensus a droite un consensus à gauche et la droite a fait preuve de discipline et de cohésion,la gauche n'a pas su créer la figure d'une segolene présidente selon les options classiques de la gauche,du reste où est la gauche?on rencontre plus facilement des extra terrestres!
http://www.orange.fr
5. Posté par
corbo le 16/12/2007 14:25
serait-je seul à me souvenir des railleries débiles qui ont suivi l'emploi du mot bravitude, même de la part de journalistes d'Inter? ça m'a hérissé la plume cet acharnement car le mot m'avait semblé n'être qu'une erreur de langage au départ. Je n'ai pas souvenir du même traitement pour les erreurs du candidat mâle.Les mots m'ont paru plus importants que jamais lors de cette campagne. Mr. Guaino en a été le souverain, et il le sait, ça s'entend, à mon avis.
6. Posté par
JF Achilli le 16/12/2007 14:33
Hello, je me permets ce commentaire, pour prolonger votre réflexion.
Pourquoi Mme Royal ferait-elle l'objet d'un traitement particulier? Dites-le moi? Je me souviens - j'en ai été l'auteur- avoir systématiquement pointé les oeillades de son rival le candidat de l'UMP vers l'électorat FN, ses mots "gauchisants" pour séduire l'électorat de l'autre bord en meeting "Jaurès et Blum" dans le nord de la France le mardi, avant de s'exprimer de façon droitière et martiale le lendemain devant un Zénith plein à craquer à Toulon. Dois-je ressortir tous mes papiers d'alors? Vaine justification. Je revendique, au nom de France Inter, un traitement équitable de cette campagne présidentielle. Quant à Ségolène Royal, la candidate PS a reçu un traitement digne de ce nom sur l'antenne, sous la plume très bien informée de ma consoeur Françoise Degois. Le journalisme n'est pas une religion encore moins une science exacte, il exige de la vigilance et de l'auto-critique, mais mérite parfois un peu plus de considération...
Cordialement, JF Achilli.
http://www.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?b=achilli
7. Posté par
philippe 93 le 16/12/2007 21:21
Bonjour
Quand vous avez comme amis ou comme proches Mrs Bouygues, Bolloré, Dassault, Lagardère, Arnaud ou encore Madame Parisot, vous jouissez des appuis les plus forts de france. C'est tout. La machine de guerre électotale de Sarko était imbattable, en tout cas avec les mêmes armes.
8. Posté par
yves de nantes le 21/12/2007 22:31
bonsoir,j'ai tout relu en ayant en tete les dernieres trouvailles de notre président,avec un peu de recul ça donne ceci:le candidat nous a écrasé à coups
de"mass media",le terme est correct...les "mass media" amis du président ont réussi à nous faire croire 2 choses:1°il existait un nouveau sarkozy,celui de la rupture apte à tout résoudre! 2°madame royal n'existait pas/était comme transparente/une non candidate en quelque sorte:sarkozy arrivait et "verbum caro factum est" rien avant lui,il était l'etre merveilleux,unique doté de pouvoirs magiques!Mme royal a été une candidate lyophilisée par les media et son parti:on ne l'a pas laissé entrer en lice,le plafond de verre l'a cantonné dans l'ombre des anecdotes,la légereté du superflu
http://www.orange.fr
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Edito
Nouveau livre : Les Hypocrisies Françaises
Au Cherche Midi, sortie en librairie le 24 avril 2008. Jean Christophe Lagarde, entretiens avec Jean-François Achilli.
Qu'est-ce qui empêche la France de se réformer ? Quels sont donc ces maux typiquement français, générateurs d'inégalités et d'injustice, qui semblent rendre notre pays ingouvernable ? Peut-on être une femme ou un homme politique, et peser sur le cours des événements ? Peut-on s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans trop de concession avec le système ? Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, pourfend ici ce qu'il dénonce comme étant « les hypocrisies françaises », et qui sont aussi bien celles des élus que des électeurs. Un état des lieux clinique de ces dysfonctionnements, de ces comportements parfois égoïstes, de ces us et coutumes souvent dépassés qui depuis de trop longues décennies fabriquent de l'injustice et contribuent à paralyser une partie de l'action publique. Sur la faible représentativité de nos institutions politiques, l'illusion de la grandeur de la France, le droit de vote des immigrés, les ghettos de riches et les ghettos de pauvres, la consommation des drogues, le mariage homosexuel, l'école à deux vitesses, la facture de la santé, la relation parfois ambiguë entre pouvoir et médias… sujet après sujet, ce « jeune » élu fait entendre une autre voix, libre et décalée. Jean-Christophe Lagarde, 40 ans, est maire de Drancy depuis mars 2001 et député de la cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis depuis juin 2002. Il s'est fait connaître pour ses positions pendant les émeutes de novembre 2005, mais aussi en créant la cantine gratuite dans les écoles de sa ville. Soutien de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007, il a rejoint ensuite les rangs du Nouveau Centre. L'entretien est mené par Jean-François Achilli, 45 ans, chef adjoint du service politique de France Inter, qui a notamment couvert la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy. Collection « Documents » 384 pages (14 x 22) – 20 €
Jean-François Achilli
13/04/2008
En librairie
«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»
Deux ouvrages consacrés à la personnalité et à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
Publié en mars 2006 chez Robert Laffont, "Sarkozy, carnets de campagne" débute avec l'élection du futur président à la tête de l'UMP. Le premier chapitre s'intitule "La Firme Sarkozy", et décrit la machine de guerre qui accompagnera le candidat jusqu'à sa conquête de l'Elysée. Ces carnets compilent des choses vues et entendues au jour le jour. Au cours de ses déplacements effrénés, Nicolas Sarkozy se confie sans retenue sur tous les sujets, ses adversaires, sa vie privée, son avenir. Des scènes souvent surprenantes, des anecdotes, des confidences inédites... Un récit de terrain, un portrait en action, de celui qui n'a rien changé, ou si peu, depuis son élection.
Cet ouvrage a été publié par Ramsay en février 2007. Il fait suite aux précédents "Carnets". C'est l'histoire d'un candidat à la fonction suprême qui, au fur et à mesure de son parcours semé d'embûches, se répèterait comme pour se rassurer : "jusqu'ici, tout va bien, jusqu'ici tout va bien"… Les temps, depuis l'élection, n'ont guère changé, dans l'esprit et dans le rythme. Un récit ponctué par les témoignages de Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Balkany, Léo Battesti, Guy Bedos, Stéphane Bern, Pierre Charon, Bernard Debré, Arno Klarsfeld, Charles Pasqua et d'autres encore.
Jean-François Achilli
25/01/2007
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A voir
Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-télé
En direct et en simultané sur i>TELE et France Inter, un invité politique répond au feu roulant des questions de trois journalistes réunis sur le plateau. Un rendez-vous hebdomadaire incontournable où le franc-parler est de rigueur.
Lundi 14 avril, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, face à Raphaelle Bacqué, Thomas Hugues et Jean-François Achilli.
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