Il y a tout d'abord ce courrier du chef de l'Etat, daté du 6 mars, que Jean-Claude Gaudin a opportunément rendu public ce lundi. Nicolas Sarkozy y annonce des mesures pour venir en aide à Marseille, en matière de sécurité et de développement économique et de transports. A ceux qui y voient un coup de pouce présidentiel, l'entourage du maire de la cité phocéenne rétorque: "ce n'est que la marque d'une amitié sincère et profonde". Mais personne n'est dupe. Et la visite élyséenne à Toulon sur l'immigration, thème sensible dans la région, sonne comme un nouveau soutien à distance. Nicolas Sarkozy, qui a réuni Patrick Devedjian et les autres dirigeants UMP à l'Elysée lundi matin, a réclamé une mobilisation "civique et non partisane" pour le second tour. Le chef de l'Etat, rassuré mais prudent, a validé la tactique de main tendue à François Bayrou. Satisfaction : un accord UMP Modem a été trouvé à Colombes, pour tenter de sauver la candidature de Rama Yade, 3ème de liste. Commentaire d'un proche du chef de l'Etat: "de toutes les façons si Bayrou persiste à refuser notre offre globale, il perdra tout, y compris la ville de Pau". François Bayrou, même privé de députés voire d'électeurs (son score du premier tour n'est évidemment pas à la hauteur de celui de la présidentielle), occupe encore et toujours le devant de la scène. Incroyable.