Ajaccio, 5h30 le matin, juste avant le lever du jour. Une légère brise de mer a rafraîchi la nuit, après la fournaise de la veille, à plus de 40°. Il y a dans l’air une odeur de brûlé. De la fumée a envahi la cité impériale, un nuage flotte sur le golfe d’Ajaccio. Et, stupeur, les collines au loin sont entourées d’un halo d’une lumière rouge inquiétante. L’incendie ravage toujours la commune de Peri, les pompiers n’ont pas réussi à le fixer. Sur les douze feux répertoriés en Corse-du-Sud, huit seraient d'origine criminelle. Xavier Lacombe, le maire de Peri, a confié à la presse n'avoir aucun doute sur l'origine criminelle de ces feux et réclame des sanctions contre les pyromanes. La colère des habitants et des élus doit déboucher sur du concret. La balle est dans le camp des pouvoirs publics, justice, gendarmerie, qui doivent mener les enquêtes à bien, mais aussi de la population, qui doit témoigner, parce que c’est nécessaire. Ceux qui savent doivent parler. Les incendiaires demeurent trop souvent impunis, et récidivent. Pendant ce temps, la forêt Corse brûle, des maisons sont ravagées, des vies sont menacées, particulièrement celles des pompiers, en première ligne. Il faut en finir avec la loi du silence qui protège les pyromanes.