Ils viennent récupérer leurs bureaux de députés: Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Patrick Devedjian, Marc-Philippe Daubresse, Christian Estrosi, Dominique Bussereau, Jean-Marie Bockel, Hervé Novelli... Mais surtout Eric Woerth. Tous les regards seront tournés vers l'ancien ministre des affaires sociales et maire de Chantilly, qui n'en a peut-être pas fini avec les affaires. Il a décidé de la jouer profil bas, lui qui croyait pouvoir rester ministre. Eric Woerth, en attente d'éventuelles poursuites judiciaires dans l'affaire Bettencourt et celle de l'hippodrome de Compiègne, éprouve-t-il de l'amertume?
Eric Woerth : Redevenir député, c’est aussi un honneur, la vie politique, c’est aussi celle-là, il faut l’accepter telle qu’elle est… Non, j’essaie d’éviter d’avoir cet état d’esprit parce qu’on ne vit pas avec de l’amertume si vous voulez. On a vraiment cherché à me massacrer sur le plan médiatique et politique. Ce n’est pas terminé, il y a encore beaucoup de travail à faire pour éclaircir tout ce qui a été dit sur le plan judiciaire. La justice a été saisie à Bordeaux après celle de Nanterre. Moi j’attends ça avec beaucoup de sérénité mais pas d’aigreur.
JF Achilli : Fini les fastes ministériels, c’est un petit bureau qui vous attend à l’Assemblée ?
EW : Eh bien j’ai eu les grands bureaux du Ministère du Budget et puis après du Ministère du Travail, mais on ne se sent pas chez soi, on est évidemment des passagers de ces ministères. Voilà, je retrouve en fait le bureau qu’occupait mon suppléant, qui n’est pas si petit que ça d’ailleurs, et qui est tout à fait lumineux et très agréable. Ce qui compte, c’est d’avoir une table pour travailler et un ordinateur. Rien de plus !
JFA : Les Bettencourt se sont rabibochés. Alors que vous y avez laissé des plumes. Vous l’avez mauvaise ?
EW : Franchement, j’en ai pris plein la figure. Je suis ce qu’on appelle un dommage collatéral…
« Je ne suis pas mort », a confié Eric Woerth, même si pour lui, la pente est raide.