C'était le terrain le plus glissant, le sujet le plus attendu. Nicolas Sarkozy a pourtant évacué la question mardi matin, lors de sa conférence de presse. Le chef de l'Etat non seulement n'a rien dit sur ce pouvoir d'achat qui était l'une de ses promesses fortes de campagne et le moteur des huit premiers mois de sa présidence. Mais il a tenté de créer une diversion, en se lançant dans une critique du système et une dénonciation du capitalisme financier. Mieux encore: Nicolas Sarkozy a estimé que le seul objet d'un président n'était pas d'augmenter le SMIC, de vider des caisses qui seraient déjà vides, ou de donner des ordres aux entreprises. L'aveu est cinglant : désolé, mais je n'ai rien à vous offrir. Même si les Français, selon les derniers sondages, se prennent à douter de sa capacité à mener à bien ses réformes, le chef de l'Etat, en lieu et place d'annonces concrètes, est resté dans l'incantation, en invoquant son nouveau concept de politique de civilisation et en ouvrant une nouvelle brèche avec son annonce sur la fin des 35 h. Mais Nicolas Sarkozy s'est rattrappé hier lors des voeux devant les parlementaires à l'Elysée: "on peut être en désaccord avec nos propositions, on peut les critiquer, on peut les combattre, on peut même les trouver insuffisantes, mais prétendre qu'on se désintéresse du pouvoir d'achat, c'est un mensonge qui abaisse le débat politique sans servir en bien ceux qui s'y laissent aller", a-t-il déclaré, annonçant son souhait de voir un tiers des profits des entreprises réservé aux salariés. "Il faut inscrire la politique dans la longue durée", avait expliqué Nicolas Sarkozy mardi matin, comme pour dire "donnez-moi du temps".