C'est comme si les rôles étaient distribués : à en croire la porte-parole de l'UMP Nadine Morano, il y aurait d'une part le Parti socialiste, qu'elle accuse de "vouloir se ranger du côté des assassins", et de l'autre le Chef de l'Etat, désireux d'honorer sa promesse de campagne de venir en aide aux victimes. Nicolas Sarkozy n'a pas dit autre chose hier en quittant le Salon de l'Agriculture : "Ce qui est important pour moi, c'est qu'on ne laisse pas des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine. Le devoir de précaution s'applique pour la nature et doit s'appliquer les victimes", a déclaré le chef de l'Etat qui a même cru bon d'ajouter : "le Conseil Constitutionnel a validé la loi, elle va s'appliquer". Le président de la Républiquea omis de préciser que cette validation n'était que partielle, et ne permettait d'enfermer que sous conditions un criminel réputé dangereux dès sa sortie de prison. Les Sages ont bordé la loi, leur décision s'impose à tous - article 62 de la Constitution. Mais l'Elysée veut trouver les moyens de la contourner. D'où cette inquiétude de l'opposition et du monde judiciaire qui reprochent au chef de l'Etat passer outre les institutions dont il est pourtant le garant.