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Fallait pas l'inviter le Colonel

La visite en France du Colonel Kadhafi provoque un vent de contestation sans précédent, qui balaie jusque dans la cour de l'Elysée...




En témoignent les propos étonnants pour un membre du gouvernement tenus par Rama Yade dans les colonnes du Parisien ce lundi : "le Colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits", déclare la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. Son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, dans le journal La Croix, estime pour sa part qu'il n'est pas question d'oublier le nom des victimes du régime libyen. Comment Nicolas Sarkozy va-t-il encaisser ces propos tenus assez librement alors qu'il s'est lui-même engagé auprès du Colonel à Lisbonne, en lui affirmant qu'il était "très heureux" de le recevoir ce lundi ? Auparavant, durant tout le week-end, l'opposition s'est mobilisée contre cette visite, jugée "choquante" par Ségolène Royal juge choquante. Pierre Moscovici a estimé dans le JDD que Nicolas Sarkozy avait tourné le dos à sa campagne présidentielle qui insistait sur les droits de l'homme, pour verser dans le cynisme. La visite va s'étendre sur cinq jours. Le PS a fait savoir qu'il allait boycotter le détour du Colonel mardi par l'Hôtel de Lassay, chez Bernard Accoyer. Nicolas Sarkozy compte beaucoup sur la la Libye en matière d'accords commerciaux, mais à quel prix, s'interrogent ses détracteurs. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Lundi 10 Décembre 2007
Jean-François Achilli

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1. Posté par philippe 93 le 10/12/2007 09:51
Vous me direz que j'ai 'esprit tordu, mais je ne crois pas beaucoup aux sursauts de Rama Yade et de Berbarnd Kouchner. En effet pouquoi n'ont ils pas protesté avant ? Ils ont sagement serré la main de Kadhafi à Tripoli, non ? Je pense que leurs prise de positon ont uniquement pour but de ne pas laisser l'opposition seule s'insurger : on parle plus du coups de geule de R.Yade que de ceux du PS ou du Modem.

2. Posté par JF Achilli le 10/12/2007 10:07
Vous n'avez pas tort. C'est une piste à explorer. Seuls les actes nous déterminent. Cela s'appelle... démissionner. A surveiller... JFA
http://www.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?b=achilli

3. Posté par philippe 93 le 10/12/2007 10:35
Nous sommes d'accord. On saura vite si c'est une révolte de façade ou une vraie "rupture". Chevenement (pour qui je n'ai pas une affection particulère) lui, avait démissionné.
Et puis B.Kouchner et R.Yade ont eu tellement d'autres occaz de l'ouvrir. Pourquoi maintenant ?


4. Posté par yves de nantes le 10/12/2007 15:20
ouverture,ouverture:on y est que ce soit kouchner ou yade,on dirait deux épouvantails soufflés par le vent,deux pantins animés par un manipulateur;effectivement les avoir permet de faire passer une situation et un discours contradictoires,ça permet de contenir des états d'ame dans l'UMP?autrefois on invitait les dictateurs avec discretion,le nouveau style,une campagne de com accompagne la venue d'un dictateur dans l'intimité du giron de notre république et que je n'aime pas ça
http://www.orange.fr

5. Posté par marc porta le 29/12/2007 14:31
En parlant de la visite de cinq jours du nouveau grand ami de la France, voici un court extrait d'un article signé Massimo Nava pour le Corriere della Sera :

"Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy avait promis que la France serait "du côté des opprimés du monde" ; or il a été le premier chef d'Etat à féliciter Vladimir Poutine pour la victoire de Russie unie aux législatives. En visite à Pékin, le président français, faisant allusion à Taïwan et au Tibet, a rappelé qu'"il n'y a qu'une seule Chine". Préoccupé, comme on peut le comprendre, par le sort d'Ingrid Betancourt, il a reçu avec les honneurs le président du Venezuela, Hugo Chavez. Reconnaissant pour la libération des infirmières bulgares, il a chaleureusement accueilli le leader lybien Muammar Kadhafi. Aux naïfs et aux idéalistes on répondra que cette logique de politique étrangère incarnée aujourd'hui par Nicolas Sarkozy a pour nom realpolitik. On peut protester haut et fort quant au sort fait à la Tchétchénie, mais c'est de Russie que proviennent gaz et pétrole. On peut être solidaire des moines birmans, mais leur avenir dépend de la Chine et de l'Inde, les nouveaux géants de la planète. C'est ce qu'a si bien compris Nicolas Sarkozy."


6. Posté par marc le 29/12/2007 14:32
Et en voici un autre, un peu plus long, écrit par Joseph Hanimann pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Kadhafi scelle la fin des intellectuels"

"On savait depuis longtemps que, même en France, les protestations d'intellectuels ont perdu de leur impact. On vient d'en avoir la confirmation. Au beau milieu du tollé suscité par la visite d'Etat de l'autocrate libyen Kadhafi, Bernard Kouchner a eu une phrase lourde de sens. Le temps est venu des négociations politiques, a-t-il déclaré, où les principes moraux n'incarnent qu'une demi-vérité. Realpolitik ? Non : pour le ministre que la politique étrangère sans scrupule de Sarkozy rend de plus en plus nerveux, l'autre demi-vérité est celle des résultats concrets - libération des infirmières bulgares en été, visite d'Etat en automne. Il faut regarder vers l'avant. Donc, oui, realpolitik.

Avec cette visite de Kadhafi, Sarkozy met à rude épreuve la conscience et l'intégrité morale de ses partisans issus des rangs intellectuels. Des personnalités qui n'ont jamais penché en sa faveur et qui, face à ses réussites concrètes de ces dernières semaines, ne pipaient plus mot recommencent soudain à donner de la voix. "Dans le pays des droits de l'homme, il y a là quelque chose qui ne passe pas", déclare Bernard-Henri Lévy : "On n'invite pas en visite d'Etat un grand terroriste ou un preneur d'otages international."

Ce n'est pas le fait que l'on reçoive un dictateur qui serait scandaleux, mais la manière de le faire, "avec la pompe protocolaire et de surcroît pour la journée internationale des droits de l'homme", s'insurge Pascal Bruckner. On ne trouverait là que peu de traces de la rupture annoncée avec l'ancien cynisme d'Etat. Faut-il donc reprendre les appels à la protestation ? "Plus que jamais", assure Bruckner, "plus on crie fort, plus on a de chance d'être entendu, y compris par Sarkozy."

La pilule est dure à avaler pour ceux qui avaient soutenu le candidat Sarkozy, tel André Glucksmann. Jamais on ne les a aussi peu entendus. L'empressement du président français à féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire aux élections parlementaires russes a déjà été une "déception" pour le philosophe. Aujourd'hui, il juge désastreux que Kadhafi se voie offrir une tribune politique à l'Elysée et à l'Assemblée nationale. Les intellectuels français tels Glucksmann étaient habitués à voir réagir les hommes politiques à leurs protestations. Le mépris et la suffisance de Sarkozy bousculent leurs vieux schémas.

Toutefois, les protestations les plus violentes contre la visite d'Etat du dirigeant libyen ne sont pas venues des cercles d'intellectuels mais du gouvernement lui-même. Le commentaire sans ambiguïté de la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, pour qui la France "n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang et de ses forfaits", a largement été repris par les opposants à cette visite. C'est là qu'apparaît la véritable "rupture" du nouveau président. Son gouvernement ne détermine pas seulement la politique du pays, il fournit en prime la critique. La realpolitik à laquelle Sarkozy initie les vieux idéalistes et ses nouveaux alliés ne se déploie pas dans la discrétion feutrée des salons gouvernementaux mais dans les médias, où les intellectuels étaient autrefois chez eux. Le problème est que cette conduite nuit autant à la crédibilité des intellectuels qu'à celle du président."

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Edito

Nouveau livre : Les Hypocrisies Françaises

Au Cherche Midi, sortie en librairie le 24 avril 2008. Jean Christophe Lagarde, entretiens avec Jean-François Achilli.

Nouveau livre : Les Hypocrisies Françaises
Qu'est-ce qui empêche la France de se réformer ? Quels sont donc ces maux typiquement français, générateurs d'inégalités et d'injustice, qui semblent rendre notre pays ingouvernable ? Peut-on être une femme ou un homme politique, et peser sur le cours des événements ? Peut-on s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans trop de concession avec le système ?

Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, pourfend ici ce qu'il dénonce comme étant « les hypocrisies françaises », et qui sont aussi bien celles des élus que des électeurs. Un état des lieux clinique de ces dysfonctionnements, de ces comportements parfois égoïstes, de ces us et coutumes souvent dépassés qui depuis de trop longues décennies fabriquent de l'injustice et contribuent à paralyser une partie de l'action publique. Sur la faible représentativité de nos institutions politiques, l'illusion de la grandeur de la France, le droit de vote des immigrés, les ghettos de riches et les ghettos de pauvres, la consommation des drogues, le mariage homosexuel, l'école à deux vitesses, la facture de la santé, la relation parfois ambiguë entre pouvoir et médias… sujet après sujet, ce « jeune » élu fait entendre une autre voix, libre et décalée.

Jean-Christophe Lagarde, 40 ans, est maire de Drancy depuis mars 2001 et député de la cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis depuis juin 2002. Il s'est fait connaître pour ses positions pendant les émeutes de novembre 2005, mais aussi en créant la cantine gratuite dans les écoles de sa ville. Soutien de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007, il a rejoint ensuite les rangs du Nouveau Centre.

L'entretien est mené par Jean-François Achilli, 45 ans, chef adjoint du service politique de France Inter, qui a notamment couvert la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.

Collection « Documents »
384 pages (14 x 22)  – 20 €
Jean-François Achilli
13/04/2008

En librairie

«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»

Deux ouvrages consacrés à la personnalité et à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»
Publié en mars 2006 chez Robert Laffont, "Sarkozy, carnets de campagne" débute avec l'élection du futur président à la tête de l'UMP. Le premier chapitre s'intitule "La Firme Sarkozy", et décrit la machine de guerre qui accompagnera le candidat jusqu'à sa conquête de l'Elysée. Ces carnets compilent des choses vues et entendues au jour le jour. Au cours de ses déplacements effrénés, Nicolas Sarkozy se confie sans retenue sur tous les sujets, ses adversaires, sa vie privée, son avenir. Des scènes souvent surprenantes, des anecdotes, des confidences inédites... Un récit de terrain, un portrait en action, de celui qui n'a rien changé, ou si peu, depuis son élection.

«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»
Cet ouvrage a été publié par Ramsay en février 2007. Il fait suite aux précédents "Carnets". C'est l'histoire d'un candidat à la fonction suprême qui, au fur et à mesure de son parcours semé d'embûches, se répèterait comme pour se rassurer : "jusqu'ici, tout va bien, jusqu'ici tout va bien"… Les temps, depuis l'élection, n'ont guère changé, dans l'esprit et dans le rythme. Un récit ponctué par les témoignages de Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Balkany,  Léo Battesti, Guy Bedos, Stéphane Bern, Pierre Charon, Bernard Debré, Arno Klarsfeld, Charles Pasqua et d'autres encore.
Jean-François Achilli
25/01/2007


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Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-télé

En direct et en simultané sur i>TELE et France Inter, un invité politique répond au feu roulant des questions de trois journalistes réunis sur le plateau. Un rendez-vous hebdomadaire incontournable où le franc-parler est de rigueur. Lundi 14 avril, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, face à Raphaelle Bacqué, Thomas Hugues et Jean-François Achilli.

Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-télé

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