Un vent de discorde souffle depuis trois jours entre l'intérieur et la justice, après la condamnation à de la prison ferme vendredi par le tribunal de Bobigny de sept policiers, coupables d'avoir menti et accusé à tort un automobiliste d'avoir renversé l'un d'eux. Même si les intéressés s'en défendent, il s'agit du premier différend entre deux poids lourds du gouvernement depuis le remaniement.
Cette récente tirade, prononcée par François Fillon, devant le groupe UMP à l'Assemblée, résume sa philosophie: « il y a une seule politique du gouvernement, il n'y a pas un ministre qui défend les pêcheurs, et un autre qui défend les poissons ». Le Premier ministre a profité de son discours devant les préfets, pour éteindre la polémique. Brice Hortefeux, en déclarant vendredi dernier que le jugement à l'encontre des policiers pouvait « apparaître légitimement disproportionné » aux forces de sécurité, avait suscité la colère des magistrats, dont il a paru contester le jugement. Michel Mercier lui avait rappelé dimanche qu'il n'était pas ministre de la justice.
François Fillon a renvoyé tout le monde dos à dos, en parlant de « faits injustifiables » commis par les policiers incriminés, tout en rappelant à la justice qu'elle avait le devoir d'assurer la cohérence de la chaine pénale toute entière. « Je souscris tout à fait à ses propos, identiques à ceux que j'ai déjà tenus », a fait remarquer Brice Hortefeux joint au téléphone. Le Premier ministre est bien décidé à assumer pleinement sa fonction. Commentaire d'un de ses proches: François Fillon a remis l'église au milieu du village.
Et signe de réconciliation, Michel Mercier et Brice Hortefeux se rendront ensemble, ce mercredi, dans le Val-de-Marne, afin de présider les travaux de l'état-major de sécurité, histoire de faire bonne figure.