Le ton, un peu sombre, était plutôt au réalisme. La majorité ? Elle a certes des atouts, mais attention: « Premier obstacle c’est celui de la crise qui a suscité des crispations et des frustrations dans notre pays, nous n’avons pas à rougir de la façon dont nous avons géré cette crise», a expliqué François Fillon, avant cette mise en garde : « Ceci dit, à tort ou à raison, nous incarnons pour les Français les heures difficiles. Nous incarnons une politique d’efforts, et au surplus nous incarnons des réformes qui ont été conduites à un rythme soutenu et parfois des réformes conflictuelles comme ce fut le cas pour la réforme des retraites. Bref, nous ne sommes pas tout à fait dans la situation du jeune premier ». L’Elysée a dû apprécier ce grand moment d’euphorie.
Il faudra « du sang-froid et de la responsabilité », a poursuivi le Premier ministre, qui une fois de plus a mis en garde ceux qui seraient tentés par la concurrence, ou la compétition, au sein de la majorité - les regards se sont tournés vers Jean-François Copé: « Il ne faut pas jouer avec les vieilles allumettes qui ont si souvent et si inutilement consumé la droite. Parce que nos adversaires s’engouffreront dans chacune des failles que nous leur offrirons ». Et parmi ces adversaires, outre le PS, il y a bien sur l’extrême droite, « elle ne mérite pas de complaisance, son projet est dangereux, la droite républicaine et le Centre, il ne faut pas s’y tromper, sont les cibles principales du Front National ».
Quant à 2012, dans l'attente de la décision de Nicolas Sarkozy, pas question d'improviser des primaires, a conclu un François Fillon. Le même jour, Nicolas Sarkozy s’est déplacé en province pour y parler d’aérospatiale, une visite qui s’est soldée par une couverture très confidentielle. François Fillon, de plus en plus Premier ministre, occupe volontairement le devant de la scène, comme pour protéger un chef de l'Etat qui aimerait bien remonter un jour dans les sondages.