François Pupponi, interview vérité sur les banlieuesFrançois Pupponi, le maire socialiste de Sarcelles, qui briguera en décembre le mandat de député délaissé par Dominique Strauss-Kahn parti au FMI, qui s'est rendu sur le terrain à Villiers le Bel, déclare: ""On bascule dans autre chose, la situation est dramatique". François Pupponi avait cherché à alerter l'opinion au début de l'année 2007 sur les nouveaux risques de dérapages dans les banlieues, au travers d'un essai intitulé "La France d'en dessous". Voici également l'interview qu'il m'avait accordée pour mon ouvrage sur la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, intitulé "Jusqu'ici, tout va bien", chez Ramsay. Edifiant.
Interview de François Pupponi, Maire PS de Sarcelles, auteur de "La France d'en dessous. Banlieues : chroniques d'un aveuglement", Editions Privé. Entretien réalisé en janvier 2007.
- Quel doit être selon vous le profil du prochain président de la République, que devra-t-il incarner ? - Je vous réponds en tant que maire de banlieue : il faut que le prochain Président prenne vraiment conscience de la gravité de la situation. Il doit sortir les ghettos sociaux et urbains de leur situation. Qu'il comprenne que la situation est explosive, qu'elle peut faire déraper le pays. Le pacte républicain est déstabilisé. Les premières mesures qu'il va prendre doivent aller vers ces quartiers, il y a urgence. - Au fond, qu'est-ce qui a changé, plus d'un an après la crise des banlieues ? - Ça s'est aggravé. Les jeunes des banlieues, principalement ceux qui sont issus de l'immigration ont pris conscience de leur capacité à faire plier les institutions Ce pourrait être une bonne chose dans l'absolu. Mais ils en ont pris conscience sur des bases communautaires et ethniques. Ils se disent : puisqu'on est ghettoïsés, discriminés, on se prend en main, entre nous. - En matière de politique de la ville, vous dites que le compte n'y est pas ? - Certaines choses avancent. Le grand plan de rénovation urbaine de Jean-Louis Borloo est positif. Le problème est que cela nécessite une mise en oeuvre très compliquée, qui demande des années, voire plus. Il y a un décalage terrible dans le temps entre annonce et réalisation. Mais aussi le risque que les habitants des quartiers concernés paient une partie de l'addition avec une hausse des loyers. Par ailleurs, le gouvernement, considère que l'aide aux associations ne sert à rien. L'argent est transféré ailleurs. Il va au renouvellement urbain, à l'habitat, mais il n'y a plus de fonds publics qui vont directement sur les équipements. On a besoin des deux. Il n'y a pas de pérennité dans l'action publique si chaque ministre fait sa politique de son côté, à tour de rôle, à coup de ruptures. - Il y a ce débat sur la disparition de la police de proximité… - Un vrai débat ! Nous sommes dans un pays où il y a moins de policiers en banlieue qu'au coeur des grandes villes. Il faut plus de policiers dans les quartiers, ainsi que de la police de proximité. Si elle était plus présente, pour effecteur des rondes, renouer le dialogue, nous serions mieux informés et nous éviterions certains dérapages. Les actes de délinquance sont souvent commis par des groupes minoritaires. Il faut trouver vite les auteurs de ces actes, éviter le temps perdu, ce décalage entre le ressenti d'une population et la réaction. - Qu'avez-vous mis en place chez vous, à Sarcelles ? - Nous avions un important phénomène de règlements de comptes entre bandes rivales. Deux morts, des dizaines de blessés… On passait notre temps à leur courir après. Nous avons mis en place des systèmes de veille, avec tous les acteurs publics. Chaque fois qu'une exaction se produit, nous faisons circuler l'information dans notre réseau pour mettre en place un dispositif qui permet d'éviter les représailles, dédramatiser, son efficacité peut être redoutable. Le but est d'éviter les actes de délinquance. Je suis en permanence au contact de la population. Avoir si possible un temps d'avance. Nous devons incarner une présence humaine et interinstitutionnelle. - La loi de prévention de la délinquance a prévu plus de pouvoir pour les maires ? - C'est une erreur stratégique. Les pouvoirs, nous les avons. C'est moi à Sarcelles qui mets les acteurs de la prévention autour de la table, qui leur demande de travailler ensemble. Je n'ai pas besoin de plus de pouvoirs. Ce qui me manque, ce sont des relais qui prennent en charge les difficultés. Prenez l'exemple des jeunes et les problèmes d'alcoolisme dans les cages d'escaliers. Qui fait quoi ? La police n'a pas le temps de les prendre en charge, on l'a vu dans l'actualité. Mieux vaut avoir des professionnels de la santé publique. Il ne sert à rien de transférer tous les pouvoirs au maire, si les moyens ne suivent pas. Le maire est encore perçu comme un interlocuteur. S'il devient un acteur de la répression, il passe dans l'autre camp. - Faut-il s'attendre à une nouvelle crise des banlieues ? - Ces quartiers sont ghettoïsés. Le vrai mal, c'est le chômage. Ça explosera différemment, avec une organisation structurée. La logique n'est plus de tout casser, comme en 2005, mais de prendre le pouvoir. Cela peut passer par la violence, mais sur une base ethnique. Nous ferons face à une résistance organisée. C'est le danger, si l'on ne fait rien. Mardi 27 Novembre 2007
Jean-François Achilli
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Edito
Nouveau livre : Les Hypocrisies FrançaisesAu Cherche Midi, sortie en librairie le 24 avril 2008. Jean Christophe Lagarde, entretiens avec Jean-François Achilli.
Qu'est-ce qui empêche la France de se réformer ? Quels sont donc ces maux typiquement français, générateurs d'inégalités et d'injustice, qui semblent rendre notre pays ingouvernable ? Peut-on être une femme ou un homme politique, et peser sur le cours des événements ? Peut-on s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans trop de concession avec le système ?
Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, pourfend ici ce qu'il dénonce comme étant « les hypocrisies françaises », et qui sont aussi bien celles des élus que des électeurs. Un état des lieux clinique de ces dysfonctionnements, de ces comportements parfois égoïstes, de ces us et coutumes souvent dépassés qui depuis de trop longues décennies fabriquent de l'injustice et contribuent à paralyser une partie de l'action publique. Sur la faible représentativité de nos institutions politiques, l'illusion de la grandeur de la France, le droit de vote des immigrés, les ghettos de riches et les ghettos de pauvres, la consommation des drogues, le mariage homosexuel, l'école à deux vitesses, la facture de la santé, la relation parfois ambiguë entre pouvoir et médias… sujet après sujet, ce « jeune » élu fait entendre une autre voix, libre et décalée. Jean-Christophe Lagarde, 40 ans, est maire de Drancy depuis mars 2001 et député de la cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis depuis juin 2002. Il s'est fait connaître pour ses positions pendant les émeutes de novembre 2005, mais aussi en créant la cantine gratuite dans les écoles de sa ville. Soutien de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007, il a rejoint ensuite les rangs du Nouveau Centre. L'entretien est mené par Jean-François Achilli, 45 ans, chef adjoint du service politique de France Inter, qui a notamment couvert la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy. Collection « Documents » 384 pages (14 x 22) – 20 € Jean-François Achilli
13/04/2008
En librairie
«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»Deux ouvrages consacrés à la personnalité et à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
Publié en mars 2006 chez Robert Laffont, "Sarkozy, carnets de campagne" débute avec l'élection du futur président à la tête de l'UMP. Le premier chapitre s'intitule "La Firme Sarkozy", et décrit la machine de guerre qui accompagnera le candidat jusqu'à sa conquête de l'Elysée. Ces carnets compilent des choses vues et entendues au jour le jour. Au cours de ses déplacements effrénés, Nicolas Sarkozy se confie sans retenue sur tous les sujets, ses adversaires, sa vie privée, son avenir. Des scènes souvent surprenantes, des anecdotes, des confidences inédites... Un récit de terrain, un portrait en action, de celui qui n'a rien changé, ou si peu, depuis son élection.
Cet ouvrage a été publié par Ramsay en février 2007. Il fait suite aux précédents "Carnets". C'est l'histoire d'un candidat à la fonction suprême qui, au fur et à mesure de son parcours semé d'embûches, se répèterait comme pour se rassurer : "jusqu'ici, tout va bien, jusqu'ici tout va bien"… Les temps, depuis l'élection, n'ont guère changé, dans l'esprit et dans le rythme. Un récit ponctué par les témoignages de Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Balkany, Léo Battesti, Guy Bedos, Stéphane Bern, Pierre Charon, Bernard Debré, Arno Klarsfeld, Charles Pasqua et d'autres encore.
Jean-François Achilli
25/01/2007
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Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-téléEn direct et en simultané sur i>TELE et France Inter, un invité politique répond au feu roulant des questions de trois journalistes réunis sur le plateau. Un rendez-vous hebdomadaire incontournable où le franc-parler est de rigueur. Lundi 14 avril, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, face à Raphaelle Bacqué, Thomas Hugues et Jean-François Achilli.
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