Le président du FN se frotte les mains. Qu'un ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin, soit recadré par un ministre transfuge du parti socialiste, Eric Besson, donne une idée du trouble politique qui vient s'ajouter au trouble idéologique que traverse la droite classique. A l'origine, le scénario était limpide, déjà éprouvé lors des dernières campagnes électorales. Un scrutin approche, celui des régionales. Une droite décomplexée, afin de gêner une gauche mal à l'aise, relance un débat très clivant, censé opposer de façon implicite une certaine idée de la France aux supposées menaces venues de l'extèrieur. L'un des objectifs est de repousser un Front National en passe de se refaire une santé. Mais le débat a pris un tour xénophobe, avec les propos du maire de ce village de la Meuse. Et la votation suisse contre les minarets a dramatisé le tableau. Jean-Pierre Raffarin est dans son rôle quand il dénonce un manque de rigueur intellectuelle. Il n'est pas le seul à droite. Nicolas Sarkozy, qui avait marqué les esprits avec son discours à la Chapelle-en-Vercors, a jugé plus prudent de se mettre en retrait. La boîte de Pandore est ouverte.