Jean-François Achilli Blog

Il est parti, 'Kakody'?

Mercredi 31 octobre 2007, 15 heures, juste après le Conseil des ministres décentralisé, qui a transformé Ajaccio et Porticcio en camp retranché, style Petibonum, avec un centurion dans chaque bosquet. C'est le retour au calme. Récit.



Nicolas Sarkozy devant l'Assemblée de Corse DR
Nicolas Sarkozy devant l'Assemblée de Corse DR

« Il est parti, Kakody » ? Le vieux monsieur Corse regarde la mer et pose sa question avec un brin d’ironie. La vie normale reprend. Il y a les choses que l'on a vues à la télé, l’armada policière dans Ajaccio, un uniforme tous les cinq ou dix mètres. Deux jours d'enfer où marcher dans la rue devient une épreuve.
Il y a les images que l’on n’a pas vraiment vues, à Porticcio, cité balnéaire où se trouve Le Maquis, magnifique hôtel avec vue sur la Grande Bleue. Nicolas Sarkozy y est descendu.
Et là plus qu’ailleurs, il y a eu des contrôles à n’en plus finir.

La vie dans les rues de Petibonum

- Bonjour Monsieur, gendarmerie nationale. Où allez-vous ?
- A la boulangerie, juste là.
Quelques mètres plus loin, un autre militaire en bleu jaillissant des fourrés :
- Rangez-vous à droite, contrôle. Où allez-vous ?
- Toujours à la boulangerie.
Et quelques foulées après :
- Bonjour Monsieur, où allez-vous ?
- Je viens de le dire à votre collègue juste derrière. La boulangerie.
Dans la rue passe une voiture hérissée de fusils d’assauts, avec des membres encagoulés des forces spéciales à son bord.
Au large du Maquis tournent six vedettes de l’armée. Au loin, une frégate fait une apparition sur la ligne d'horizon. Un témoin raconte qu'un sous-marin montre son museau.
Dans Ajaccio, une salle du chiffre ultra-secrète a été aménagée dans l'Assemblée de Corse. Avec les codes nucléaires. Au cas où...

Combien ça coûte?

Nicolas Sarkozy chez le maire d'Ajaccio Simon Renucci
Nicolas Sarkozy chez le maire d'Ajaccio Simon Renucci
En début d'après-midi, après un bref passage chez Simon Renucci, le député-maire socialiste d'Ajaccio, Nicolas Sarkozy s'en va vers une destination mystérieuse. La voiture officielle du président et d’autres limousines repartent vers le continent, avalées par un Transall.
Les commerçants, particulièrement ceux qui ont voté pour le Président, sont furieux :
- Il peut venir comme ça, pas besoin de tout ce déploiement, combien ça coûte ?
Et à quoi sert un conseil des ministres décentralisé ? A montrer que l’Etat modeste est partout chez lui, et qu’il peut mettre impunément toute une population en état de siège. Pour rien. Puisque qu’elle ne voit ni le président, ni les ministres.

Jeudi 1 Novembre 2007
Jean-François Achilli


1.Posté par philippe 93 le 02/11/2007 10:30
Tsarko est tout content, il a eu en cadeau une belleboîte du "Petit président", (comme quand on était môme il y avait le Petit Chimiste, la Petite institutrice), alors il joue avec... quitte a emmerder tout le monde... Plus sérieusement : il est schizo : 1/ il crée l'angoisse par des discours musclés et belliqueux ,2/ il emmene avec lui des élements anxiogènes (les forces de l'ordres, les RG etc,) tout en disant que sans cela ce serait le désordre.
De plus, comment peut il sans rire, annoncer la favorisation de vols low cost juste après nous avoir chanter l'air de la révolution verte lors de la clôtre de ce grand cirque stérile qu'a été grenelle de l'environnement.

2.Posté par Ferrer Philippe le 03/11/2007 19:09
Moi qui n'est connu ni la guerre, ni la dictature... j'ai eu lors de ce sejour presidentiel à Ajaccio, un avant gout ou plutôt un apercu de ce qu'est la privation de liberté, d'aller et venir... c'est trés deroutant, surtout que les milliers de CRS n'etaient pas d'une grande psychologie....
En Corse comme ailleurs on aime pas etre arrangué et traité comme un terroriste losqu'on va chercher sa baguette de pain ou qu'on se rend à son travail.
Mr le President à même reussi à faire un embouteillage, car une partie de la route reliant Porticcio à Ajaccio etait interdite pendant une heure, pour que MONSIEUR fasse son footing, il aurait été peut etre plus judicieux de bloquer un stade, ce qui aurait permis à de nombreuse personne de ne pas arriver en retard à leur boulot, "travailler plus....", mais mieux vaut en rire....en Corse on a aussi de l'humour...même si ça fait un peu peur !

3.Posté par JF ROUCHON le 04/11/2007 00:23
coucou bonjour
j'ai assisté à une réunion projection sur le PADDUC
cela mérite que l'on s y interresse

4.Posté par Alexandre-Guillaume Tollinchi le 05/11/2007 17:05
J'approuve le mécontentement général sur la visite présidentielle, sur la forme. La présence de l'armée, les contrôles dignes d'une ville en état de siège, et les méthodes de nombreux CRS ressemblant plus à l'URSS qu'à la France ont abimé sérieusement l'image du Président Sarkozy. C'est vraiment très regrettable et cela place ses soutiens de droite, notamment ceux favorable à l'autonomie, dans une position extrêmement gênante et délicate. Et les propos sans cesse répétés de Lagarde à Wauquiez "la France est partout chez elle, la République ceci, la Corse c'est la France" Ca n'apporte rien de répéter toujours la même chose. Et on ne peut pas rester sans ne rien dire. J'ai vécu ces contrôles, comme tous les Ajacciens. J'ai vu des femmes de 90 ans contrôlées tous les 5 mètres vers la rue Fesch, terrorisées par ce qu'il se passait. C'est vraiment une occasion manquée. Ces méthodes n'ont eu qu'un seul résultat : faire passer les propositions, dont certaines très intéressante, en 2e voir 3e plan. Quelle image donnée aux Corses de leur île ? Ces méthodes vont encourager une reprise des tensions, merci beaucoup... !
Sur l'embouteillage, ne faisons pas ce rapproche à Sarkozy. Ajaccio/Porticcio est une région connue pour ses bouchons, du matin au soir. Qu'il y en ait eu un peu plus à cette occasion, c'est certain. Mais cela n'est pas le plus grave.