Que va faire le chef de l'Etat ce jeudi de grève ? Son programme sera allégé, pas de déplacement prévu en province. Nicolas Sarkozy aura l'œil rivé sur les manifs. « Nous sommes attentifs », répète en boucle l'entourage présidentiel. Formule bienveillante, censée ne traduire ni inquiétude, ni mépris. L'Elysée joue la prudence. La mobilisation sociale et le soutien populaire dont elle bénéficie ont surpris au sommet de l'exécutif. Claude Guéant a invité les ministres à mesurer leurs propos, pour ne pas jeter de l'huile sur le feu. Eric Woerth, autorisé à monter au créneau, s'est montré toutefois un brin provocateur hier matin sur France Inter, fustigeant la grève, « ce mode d'expression absolument traditionnel face à une situation qui est absolument exceptionnelle ». Un discours censé s’adresser à la majorité silencieuse qui ne défilera pas dans les rues. Nicolas Sarkozy, lui, s'est bien gardé d'en rajouter, expliquant lors de son déplacement à Châteauroux qu'il « comprenait les difficultés », mais poursuivrait les réformes. Il est loin le temps où le chef de l'Etat déclarait : « désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit ». C'était en juillet dernier, la crise depuis est passée par là. Nicolas Sarkozy sait aujourd'hui que la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres.