Pas simple. Souvenez-vous ce que le candidat Hollande avait dit au cours du débat de l'entre deux tours de la présidentielle, lors de sa longue tirade face à un Nicolas Sarkozy silencieux: « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire ». Le président élu revendique cette normalité désirée par les Français, après un quinquennat agité, où la fonction présidentielle a trop souvent été désacralisée. Sa règle de vie – la simplicité - est poussée à l'extrême, avec l'utilisation du train ou de la voiture pour se déplacer, jusqu’à échouer dans des embouteillages lors de son retour de Corrèze au soir du premier tour. Dans une autre émission durant la campagne, François Hollande avait même promis: « j'essaierai de faire la distinction entre la vie privée et la vie publique, alors vous me rappellerez à ma promesse si d'aventure je l'oublierai en chemin ». Nous y sommes. Ce qui s'est produit cette semaine, avec le tweet de sa compagne venant le rappeler à l’ordre et interférant dans le scrutin de la Rochelle, n'est pas de son fait. Il découvre lui aussi le missile en direct. La journaliste du Point Anna Cabana évoque une dispute au sein du couple, que la Première Dame aurait même librement évoquée avec des proches. L’agacement de François Hollande, dont il n'a rien laissé paraitre, est bien compréhensible, lui qui se voit rattrapé par ce mélange des genres – l’irruption de la vie privée sur le devant de la scène politique - qu'il a lui-même combattu, pour vaincre son prédécesseur, et dont il a fait une marque de fabrique personnelle, qui a su séduire ses électeurs. Nous sommes dans une continuité républicaine d’un genre inédit. Sans doute faut-il y voir une nouvelle normalité.
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