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Le grand oral

Nicolas Sarkozy a donc passé le grand oral de la conférence de presse.



Le grand oral
Un peu plus de deux heures, cinquante-quatre minutes d'un discours préliminaire qui témoigne d'un besoin fort d'explication de sa part. Première annonce: la réforme des institutions. Le chef de l'Etat, qui souhaite imprimer sa marque, veut inscrire dans la Constitution l'égalité hommes-femmes, la diversité, l'intégration, la bioéthique, une mission en ce sens sera confiée à Simone Veil. Le président, sous couvert de sa "politique de civilisation", annonce également "une moralisation du capitalisme", avec des initiatives en faveur du pouvoir d'achat, comme la participation de chaque salarié aux bénéfices de l'entreprise. Soit. Mais rien sur le pouvoir d'achat. C'était pourtant l'un des thèmes les plus attendus. A la question : "est-ce la fin des 35 heures"? "Oui", a-t-il simplement répondu. Sans plus. Mais quelle annonce! Elle eclipse le reste, la discipline à l'école, l'autonomie des universités, la formation pour les jeunes des quartiers en difficulté, le "Grand Paris", avec des projets architecturaux, histoire de mettre un pied dans la campagne des municipales. La "politique de civilisation" doit s'inscrire "dans la durée". L'urgence peut donc attendre.
 
Et puis il y a eu la question sur la vie privée. Sur le mariage, sur ses vacances, sur l'avion de Bolloré, le chef de l'Etat semble dire: "j'assume". La presse doit-elle couvrir ce type d'évènements? Vous vous surexposez? "N'envoyez plus vos photographes", répond le chef de l'Etat.
 
Très à l'aise face à plusieurs centaines de journalistes, Nicolas Sarkozy développe toujours cet humour mordant, un peu vachard, du tac au tac avec les journalistes, souvent "border line", avec un mélange de drôlerie et d'agressivité. C'est un Nicolas Sarkozy prêt à sortir sa boîte à baffes qui a fait son show, exercice plutôt réussi de son point de vue. Et il en redemande, puisqu'il annonce qu'il y aura deux à trois prestations de ce type tous les ans...

Mardi 08 Janvier 2008
Jean-François Achilli

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1. Posté par yves de nantes le 08/01/2008 18:42
cher J.F.A. vous exprimez ce que nous ressentons:une menace et un malaise pour les journalistes face au président qui est "pret à dégainer sa boite à baffes" ou "n'envoyez plus vos photographes" (qui est une minable manoeuvre démago)
nous avons toujours connu les journalistes embarassés face au candidat,face au président,on ne peut que souhaiter qu'un jour le rideau protecteur se déchire!
bon courage
http://www.orange.fr

2. Posté par cloé sans colère le 08/01/2008 19:24
Nico est grand ! ses seules erreurs ? ses échecs de 99 et 95... et puis, certes, d'autres petites choses, mais avec Brice et François !

ce qui m'intéresserait, c'est d'avoir un petit papier sur le "off". l'accueil des journalistes, le protocole, le placement des participants, le nombre de caméras, l'ambiance dans la salle, qui trinque avec qui à la fin, la composition du buffet, etc.
http://c100c.over-blog.com

3. Posté par philippe 93 le 08/01/2008 19:27
j'ai vu des bribes, je lis les commentaires... arrogance, bonhommie, concept fumeux, annonces à l'emporte piece, bref, j'ai comme l'impression qu'il est encore et toujours en campagne !

"Politique de civilisation", mais bon sang... Tsarko a t il écouté Edgard Morin sur Inter lundi soir ? Comment dévoyer et confire dans l'individualisme débridé et le repli sur soi un conceprt aussi intelligent et aussi joyeusement défendu par son auteur ?

Et puis il a quand même osé répondre ça à une question sur le prêt du jet par Bolloré :
"Auriez-vous préféré que je voyage aux frais des contribuables ? (...) Quant à voyager sur un avion de ligne, comment voulez-vous assurer la sécurité du Président dans un charter pour Charm-El-Sheikh ?"
C'est effarant, non ?

4. Posté par philippe 93 le 08/01/2008 19:47
Un décryptage interessant de la loghorré Tsarkozienne :

http://www.libelabo.fr/2008/01/08/«pouvoir-personnel»-joffrin-repond-a-sarkozy/

5. Posté par Achilli le 09/01/2008 09:37
Il s'agit, Philippe, d'une technique habituelle, empruntée notamment au café-théâtre, qui permet à l'acteur sur la scène de tourner le journaliste en dérision, avec l'appui d'une salle rieuse, et de dédramatiser la question posée, l'édulcorer, elle n'est plus le fond, elle devient un objet de jeu, qui permet à l'acteur de nous mener ailleurs, là où lui veut aller. Cela ne peut marcher que si la salle rit. Nicolas Sarkozy n'est pas un ennemi. Il est le chef de l'Etat, nous sommes la presse, les médias, chacun doit rester à sa place. Vous pouvez rire d'un bon mot, mais pas aux dépends d'un confrère, pour lequel j'ai d'ailleurs une grande estime, et qui pose une question digne d'intérêt. Dommage.

6. Posté par philippe 93 le 09/01/2008 11:41
C'est vrai , JF, la question de "M'sieur Joffrin" (comme n'a cessé de l'interpelé notre fin linguiste) était pertinente. Un peu polémique, certes, et elle a permis à Tsarko de se "payer" Libé en humiliant son rédacteur en chef en dierct live avec la complicité des ministres et de certains journalistes ricaneurs .
Mais le rapport de force est inégal : 30 secondes pour la question et un temps illilmité pour la réponse.

Helene Jouan ce matin sur Inter a très bien parlé des journalistes et de la nécessité pour la prochaine fois d'être vraiment béton et ne passe faire balader comme des faire-valoir.
D'ailleurs on peut aussi analyser le truc sous un autre angle : si Tasrko a été aussi agressif, volubile et humiliant, c'est que la question l'a touché : la meilleur des défence est l'attaque. Donc, au final, Joffrin a eu raison. Mêm si vous avez raison ce n'est pas un combat. Bien que Tasrko lui-même entretienne ce rapport beliqueux avec ses interlocuteurs.

Malgré les apparences ce n'est pas un spectacle, comme cela nous a d'ailleurs été "vendu" depuis quelques jours, ça aussi HJ l'a bien évoqué. Mais certains journaux eux ont bien intégré le brief :
Titre de une du Parisien : QUEL SHOW ! avec photo de Tsarko à la tribune.
Comme si il s'était agit du dernier concert de Johnny ou de Chtristophe Maé...et non d'une conférence de presse du Président de TOUS les francais.

2 ou 3 perles entendues ou lues après coup.
Catherine Tasca sur LCP a fort à propos relevé c'est phrase de notre nouvelle rock strar
"mettre le pouvoir d'achat au centre des débat est une abhération", pas mal pour quelqu'un qui nous a seriné : je serais le Président du Pouvoir d'achat.
Dans le Canard :
"qu'est que vous attendez de moi ,que je vide des caissses qui sont déjà vides ?"
A côté, les bourdes de Ségolène Royal, c'est du pipi de chat.
Entendu
"vous croyez que Jacques Chirac demandait son avis à Monsieur de Villepin, que Valéry Giscard d'estaing n'imposait pas ses idées a Jacques Chirac"... sous entendu, pourquoi ferais-je différamment avec mon permier ministre. Mais parce que vous avez promis la RUPTURE monsieur, voila pourquoi vous DEVRIEZ faire différamment !

Les commentaires à chaud étaient tous sur le mode : il a annoncé des choses, la fin des 35 h, la fin de la pub sur le service public... mais pour le mode d'emploi , faudra repasser. Bref, c'est un candidat permanent.

7. Posté par yves de nantes le 09/01/2008 13:36
les interventions de mon président se font "sous tension" on est toujours à 2 doigts de la répartie cinglante ironique.d'accord avec vous philippe:nous avons affaire à un candidat permanent,ça serait bien qu'il se mette au travail.pour les vieux:la politique de civilisation,nouvel humanisme sarkozien renvoie directement aux années 68-70
des années d'utopie conviviale que l'on trouvait dans le structuralisme,l'antipsy l'écologie,en particulier dans "une société sans école" et "convivialité" d'ilich!le reve a buté sur la crise pétroliere 73/74 les idées de morin n'ont rien de neuf et guaino n'est pas tres inspiré
http://www.orange.fr

8. Posté par philippe 93 le 09/01/2008 14:36
Jean François, je me permets de réitérer une question qui est peut être passée inaperçue...

On le sait toutes les photos sont liées à des droits d'utilisation (pas seulement pour les photographes qui négocient avec les journaux, les "modèles" aussi monayent leur image), par exemple , ce business met du beurre dans les épinards des Grimaldi à Monaco, qu'en est il pour Sarko, pour Bruni, pour Dati... ont ils cédé leur droit à l'image gratos ?

Avez-vous l'info ?

9. Posté par Achilli le 09/01/2008 14:59
Philippe, excellente question. Je suis en déplacement. Je m'y mets pour avoir l'info. Promis.

10. Posté par cloé sans colère le 10/01/2008 22:09
à propos du pouvoir d'achat ... à écouter :

http://lachansondudimanche.com/

http://c100c.over-blog.com

11. Posté par cloé sans colère le 10/01/2008 22:18
sinon, je trouve l'attitude de Sarko totalement indécente. et ce qui est dingue, c'est que, pour l'heure, personne ne réagisse. je propose que notre supra-président fasse un petit test d'un mois, avec un smic, son gosse et sa pension alimentaire. tiendra-t-il un autre discours ?
en bref, à quand un RMA (revenu maximal autorisé) ?


http://c100c.over-blog.com

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Edito

Nouveau livre : Les Hypocrisies Françaises

Au Cherche Midi, sortie en librairie le 24 avril 2008. Jean Christophe Lagarde, entretiens avec Jean-François Achilli.

Nouveau livre : Les Hypocrisies Françaises
Qu'est-ce qui empêche la France de se réformer ? Quels sont donc ces maux typiquement français, générateurs d'inégalités et d'injustice, qui semblent rendre notre pays ingouvernable ? Peut-on être une femme ou un homme politique, et peser sur le cours des événements ? Peut-on s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans trop de concession avec le système ?

Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, pourfend ici ce qu'il dénonce comme étant « les hypocrisies françaises », et qui sont aussi bien celles des élus que des électeurs. Un état des lieux clinique de ces dysfonctionnements, de ces comportements parfois égoïstes, de ces us et coutumes souvent dépassés qui depuis de trop longues décennies fabriquent de l'injustice et contribuent à paralyser une partie de l'action publique. Sur la faible représentativité de nos institutions politiques, l'illusion de la grandeur de la France, le droit de vote des immigrés, les ghettos de riches et les ghettos de pauvres, la consommation des drogues, le mariage homosexuel, l'école à deux vitesses, la facture de la santé, la relation parfois ambiguë entre pouvoir et médias… sujet après sujet, ce « jeune » élu fait entendre une autre voix, libre et décalée.

Jean-Christophe Lagarde, 40 ans, est maire de Drancy depuis mars 2001 et député de la cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis depuis juin 2002. Il s'est fait connaître pour ses positions pendant les émeutes de novembre 2005, mais aussi en créant la cantine gratuite dans les écoles de sa ville. Soutien de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007, il a rejoint ensuite les rangs du Nouveau Centre.

L'entretien est mené par Jean-François Achilli, 45 ans, chef adjoint du service politique de France Inter, qui a notamment couvert la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.

Collection « Documents »
384 pages (14 x 22)  – 20 €
Jean-François Achilli
13/04/2008

En librairie

«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»

Deux ouvrages consacrés à la personnalité et à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»
Publié en mars 2006 chez Robert Laffont, "Sarkozy, carnets de campagne" débute avec l'élection du futur président à la tête de l'UMP. Le premier chapitre s'intitule "La Firme Sarkozy", et décrit la machine de guerre qui accompagnera le candidat jusqu'à sa conquête de l'Elysée. Ces carnets compilent des choses vues et entendues au jour le jour. Au cours de ses déplacements effrénés, Nicolas Sarkozy se confie sans retenue sur tous les sujets, ses adversaires, sa vie privée, son avenir. Des scènes souvent surprenantes, des anecdotes, des confidences inédites... Un récit de terrain, un portrait en action, de celui qui n'a rien changé, ou si peu, depuis son élection.

«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»
Cet ouvrage a été publié par Ramsay en février 2007. Il fait suite aux précédents "Carnets". C'est l'histoire d'un candidat à la fonction suprême qui, au fur et à mesure de son parcours semé d'embûches, se répèterait comme pour se rassurer : "jusqu'ici, tout va bien, jusqu'ici tout va bien"… Les temps, depuis l'élection, n'ont guère changé, dans l'esprit et dans le rythme. Un récit ponctué par les témoignages de Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Balkany,  Léo Battesti, Guy Bedos, Stéphane Bern, Pierre Charon, Bernard Debré, Arno Klarsfeld, Charles Pasqua et d'autres encore.
Jean-François Achilli
25/01/2007


A voir

Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-télé

En direct et en simultané sur i>TELE et France Inter, un invité politique répond au feu roulant des questions de trois journalistes réunis sur le plateau. Un rendez-vous hebdomadaire incontournable où le franc-parler est de rigueur. Lundi 14 avril, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, face à Raphaelle Bacqué, Thomas Hugues et Jean-François Achilli.

Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-télé

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