Un peu plus de deux heures, cinquante-quatre minutes d'un discours préliminaire qui témoigne d'un besoin fort d'explication de sa part. Première annonce: la réforme des institutions. Le chef de l'Etat, qui souhaite imprimer sa marque, veut inscrire dans la Constitution l'égalité hommes-femmes, la diversité, l'intégration, la bioéthique, une mission en ce sens sera confiée à Simone Veil. Le président, sous couvert de sa "politique de civilisation", annonce également "une moralisation du capitalisme", avec des initiatives en faveur du pouvoir d'achat, comme la participation de chaque salarié aux bénéfices de l'entreprise. Soit. Mais rien sur le pouvoir d'achat. C'était pourtant l'un des thèmes les plus attendus. A la question : "est-ce la fin des 35 heures"? "Oui", a-t-il simplement répondu. Sans plus. Mais quelle annonce! Elle eclipse le reste, la discipline à l'école, l'autonomie des universités, la formation pour les jeunes des quartiers en difficulté, le "Grand Paris", avec des projets architecturaux, histoire de mettre un pied dans la campagne des municipales. La "politique de civilisation" doit s'inscrire "dans la durée". L'urgence peut donc attendre.
Et puis il y a eu la question sur la vie privée. Sur le mariage, sur ses vacances, sur l'avion de Bolloré, le chef de l'Etat semble dire: "j'assume". La presse doit-elle couvrir ce type d'évènements? Vous vous surexposez? "N'envoyez plus vos photographes", répond le chef de l'Etat.
Très à l'aise face à plusieurs centaines de journalistes, Nicolas Sarkozy développe toujours cet humour mordant, un peu vachard, du tac au tac avec les journalistes, souvent "border line", avec un mélange de drôlerie et d'agressivité. C'est un Nicolas Sarkozy prêt à sortir sa boîte à baffes qui a fait son show, exercice plutôt réussi de son point de vue. Et il en redemande, puisqu'il annonce qu'il y aura deux à trois prestations de ce type tous les ans...