Ce qu'a dit Nicolas Sarkozy correspond à une humeur passagère - il met tout sur la table - ce qui est vrai à ce moment-là, nous sommes à la veille du meeting de François Hollande, cette humeur cohabite en lui avec une envie d'y aller, de tenter le diable, d'essayer de renverser la table. Oui, il y pense, mais ce n'est pas la première fois qu'il parle de changer de vie, faire de l'argent dans des conférences internationales, et à chaque fois, il se replonge dans la foulée à fond dans la politique.
Il y a un souvenir équivalent dans la précédente campagne : 14 juillet 2005, Jacques Chirac donne sa conférence de presse à la Garden Party, « je décide il exécute ». Le ministre de l'intérieur est assis en face, place Beauvau, dans son bureau, déprimé. Il vient de comparer Chirac à Louis XVI, qui joue avec des serrures - sa passion - et ignore les cris du peuple.
Nicolas Sarkozy esseulé - sa femme est partie - déclare devant une poignée de journalistes: « moi, j'abandonne le métier, je suis crevé, j'arrête ».
Même scénario aujourd'hui: il joue son va-tout. Rien ne marche, Toulon 2, la TVA sociale, le triple A... François Hollande caracole en tête des sondages. Nicolas Sarkozy se lâche. Et regardez: ça a marché, il occupe l'espace, nous n’avons parlé que de lui jusqu’à la conférence de François Hollande à la maison des Métallos. Mais attention: il vient de quitter son costume de président. C’est terminé. Il est aujourd'hui un candidat non déclaré.